‹ Traité de chimie hydrologique comprenant des notions générales d'hydrologie et l'analyse chimique des eaux douces et des eaux minéralesChapitre 254 sur 299 · CHAPITRE XXXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVI

Ce métal, ou mieux cet oxyde, est contenu ordinairement en si petite quantité dans les eaux, les réactions qu'il produit aa contact de certains agents chimiques se confondent si bien avec celles du fer, que Ton ne connaît pas encore le moyen de constater sa présence dans le liquide lui-môme. Il en résulte que, soit pour le reconnaître, soit pour le doser, on est obligé de recourir ou au résidu artificiel de plusieurs litres d'eau, ou aux dépôts naturels.

Lorsqu'il s'agit de constater seulement Texistence de Toxyde de manganèse dans une eau ou son dépôt, voici comment nous opérons :

Le résidu est traité par l'acide chlorhydrique concentré et contenant une petite quantité d'acide nitrique. On sépare la silice de la solution étendue de sept à huit fois son volume d'eau : la liqueur est sursaturée par Tammoniaque , qui précipite un mélange de sesquioxyde de fer et de protoxyde de manganèse. Les oxydes dissous dans un peu d'acide nitrique sont suroxydés au moyen d'un grand excès de chlorure d'oxyde de sodium contenant un peu de soude caustique. En ffidsant bouillir le mélange pendant quelque temps^ on obtient du sesquioxyde de fer, du bioxyde de manganèse, et du permanganate de soude qui colore en rose le liquide surnageant le précipité. On a déjà un premier indice de la présence du manganèse. Le dépôt d'oxyde de fer et de bioxyde de manganèse, lavé suffisamment, est intro-

duit dans* un flacon contenant de l'acide acétique très-faible (au 50) ; après plusieurs heures de contact, tout le sesquioxyde de fer 8*est dissous, et le bioxyde de manganèse reste à l'état de poudre brune ou noirâtre.

Ce procédé, que nous avons conseillé, le premier, nous a toujours donné des résultats très-satisfaisants, mais seulement sous le rapport qualitatif, car on n'est jamais assuré que tout le protoxyde de manganèse se soit converti en bioxyde, et que l'acide acétique ait enlevé tout l'oxyde de fer; d'autre part, la liqueur bouillie avec le chlorure d'oxyde de sodium retient le plus souvent du permanganate de soude, suivant la proportion de manganèse renfermé dans le dép6t mis en expérience.

Un autre moyen, très-répandu dans les laboratoires de chimie, consiste à chauffer jusqu'à la fusion le mélange d'oxyde de fer et d'oxyde de manganèse avec du nitrate de potasse, dans un creuset d'argent. L'oxyde de manganèse absorbe une nouvelle quantité d'oxygène et forme du manganate de potasse, qui colore en vert la masse saline et qui communique à l'eau cette même teinte.

Mais ce moyen n'est pas à l'abri de quelque chance d'erreur : ainsi, si le mélange de nitrate de potasse et d'oxyde de manganèse n*a pas été chauffé pendant assez longtemps, il ne se forme pas de manganate de potasse et tout le protoxyde de manganèse se convertit en bioxyde.

Quand il s'agit de séparer et de doser Toxyde de manganèse mélangé avec Toxyde de fer, voici le procédé qu*on suit le plus habituellement :

On fait évaporer un grand nombre de litres d'eau douce ou plusieurs litres deau minérale jusqu'à siccité. Le résidu est traité par l'acide nitrique, qui en sépare la silice; la liqueur filtrée et chaude est additionnée de carbonate de potasse, afin d'isoler les sels alcalins et solubles et de précipiter Toxyde de fer et le carbonate de manganèse mélangés aux carbonates de chaux et de magnésie. Le dépôt mixte est dissous dans l'acide chlorhydrique, et dans la liqueur filtrée on verse de l'ammoniaque en quantité sufOsante pour lui laisser une réaction trèslégèrement acide; on l'additionne ensuite de succinate d'ammoniaque en solution saturée, qui précipite tout le fer à l'état de succinate ferrique. Ce dépôt recueilli, lavé avec de l'eau

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