‹ Traité de chimie hydrologique comprenant des notions générales d'hydrologie et l'analyse chimique des eaux douces et des eaux minéralesChapitre 256 sur 299 · CHAPITRE XXXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVII

Les propvMIéB fliérapeutiques que la médecine attribue avec joBte raison au fer dissous dsns les eaux minérales, nécessîtant' de ia part de Taaalyste Aes soins tout particuliers pour le deaage de cet élément.

La minime propertion Aes oxydes ferreux ét'ferrique que contiennent les eaux minérales, même celles considérées conmiè ferrugineuses, nous fait dire que généralement ce genre d'opéoraliim Veitôoute arec une trop petite quantité de liquide (500 à lOW cewiîmètnss cubes au p'ius); aussi trompe -t-on des discordances «Bsez grandes dans les analyses d'une même leau, mais wti^priB6S par i)lusieurs ofainiistes.

- « Quelle que «c*t la quantité de sel de fer dissous, nous n'agissons pas avec moins de 4 et môme 5 litres d'eau minérale; quant aux eaux douces, c'est seulement en en faisant évaporer 35 ou '80 Etres fjue r.on parvient à obtenir un précipité de sesquioxyde de fer appréciable à la balance.

Rappelons d'abord les caractères qui servent à reconnaître une proportion un peu forte d'oxyde de fer dans une eau minérale :

1<> Le goût perçoit une saveur atramentaire propre à toutes les préparations ferrugineuses.

2° Le peu de fixité des combinaisons ferreuses et ferriques tenues en dissolution fait que celles-ci, au contact de Pair, abandonnent dans les récipients naturels des eaux et sur le sol des quantités toujours appréciables d'oxyde de fer qui co« lore en rouge plus ou moins vif les objets sur lesquels ces eaux s'écoulent.

30 Les solutions de tanin, d'acide gallique et rinfusion de noix de galle, versées dans une eau dite ferrugineuse, donnent lieu à des coloration^ qui varient du brun noirâtre au pourpre, et qui sont dues à la production du gallate et du tannate de fer.

40 Les ferro et ferri-cyanures de potassium et de fer, occasionnent dans le premier moment une coloration bleuâtre et plus tard un léger dépôt bleu, si le sel de fer est en minime proportion, et un précipité bleu plus ou moins foncé, si le composé ferrique est en quantité plus forte.

Les réactifs que nous venons d'indiquer sont les plus sûrs pour déceler immédiatement la présence d'un sel de fer solubie, puis vient le sulfhydrate d'ammoniaque, qui colore l*eau en brun avec formation de précipité noir de sulfure de fer, et enfin le chlorure d*or, qui dépose de Tor métallique en colorant la masse du liquide en pourpre. Ajoutons que ce dernier réactif n'a pas une valeur absolue, car il donne des résultats à peu près semblables avec les eaux très-chargées de matières organiques et imprégnées de traces de sulfures.

Le dosage du fer s* effectue de la manière suivante :

L'eau est évaporée jusqu'à siccité avec un mélange d acide chlorhydrique et d'acide nitrique en excès 1. Le résidu est mis en digestion avec de l'acide chlorhydrique, qui permet de séparer et au besoin de doser la silice. Le mélange étendu d'eau et filtré donne un liquide que Ton sursature par un excès d'ammoniaque. Malgré la présence du chlorhydrate d'ammoniaque,

1. Comme les eaux ferrugineuses, principalement à base de bicarbonate,

abandonnent dans les bouteilles qui servent à les 'transporter la moitié environ de leur fer à r(?tat insoluble et mélangé à du carbonate et à du sulfate de chaax très-adhérents aux vases, on rince ces dernières avec <ie i'eau acidulée par l'acide chlorhydrique que l'on ajoute au reste du liquide îi évaporer. En nr^gligeant cette précaution on s*expose à des erreurs iri>sgrandcs.

le dépôt d*oxyde de fer qui s'est produit est rarement pur, surtout si la solution chlorhydrique, avant d'être traitée par Tammoniaque, n'a pas été assez étendue d'eau; presque toujours il renferme on peu de magnésie, de l'alumine et souvent du phosphate et du sulfate de chaux ; aussi sa teinte n'est-elle pas d'un rouge vif. On le redissout dans une petite quantité d'acide chlorhydrique étendu d'eau, et on le précipite de nouveau par Tammoniaque. On remarque que le nouveau dépôt est d'un rouge plus foncé. S'il en était autrement, ou en conclurait que l'oxyde de fer contient de l'alumine. On le ferait alors bouillir avec de la potasse à l'alcool très-pure qui sépare ces deux oxydes.

L'oxyde de fer ainsi purifié est lavé d'abord par décantation, puis jeté sur un filtre, lavé de nouveau et enfin chauffé au rouge sur le convercle d'un creuset de platine, afin qu'il ne se produise pas d'oxyde magnétique par le papier du filtre. Le résultat qu'on obtient ainsi est très-satisfaisant; mais si Teau contenait en môme temps une proportion d'oxyde de manganèse pondérable, il serait important de recourir au mode que nous avons indiqué à l'article précédent, c'est-à-dire par le succinate d'ammoniaque.

Le procédé analytique que nous venons de décrire s'applique aussi bien aux eaux qu'à leurs dépôts spontanés.

Lorsque dans une eau minérale très-ferrugineuse on soup- ^çonne l'existence des oxydes de fer supérieurs au protoxyde, l'analyse présente un peu plus de difficultés et un peu moins d'exactitude.

Le mode opératoire usité dans cette circonstance est basé sur la réaction suivante. Suivant Fusch, les oxydes métalliques de la formule R^^ placés dans de Veau ammoniacale avec du cuivre métaUiqae abandonnent à celui-ci un demi-équivalent de leur oxygène ; ils sont ramenés à l'état de protoxyde, et le cuivre a passé à l'état de protoxyde qui se dissout dans l'ammoniaque.

C'est par ce moyen que MM. 0. Henry et Poumarède ont dosé les oxydes ferreux et ferrique dans les eaux manganésiennes du département de l'Aveyron * .

Ces chimistes dissolvent dans un léger excès d'acide chlorhydrique pur une certaine quantité de résidu d'eau minérale. La

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