X. m \ 16^ La burette servant à ce genre d'a
nalyse, fig. 46, est graduée de telle manière qu'une capacité de deux centimètres cubes et quatre dixièmes de la burette, prise à partir d un irait circulaire tracé au sommet de la burette, se trouve divisée en vingt-trois parties égales, et que les divisions suivantes sont parfaitement égales aux premières.
Chaque division représente 1 degré ; mais bien que pour chaque expérience la burette doive être chargée jusqu'au trait circulaire, le 0"" n'est marqué qu'au-dessous de la première division. Pour expliquer cette particularité, MM. Boutron et F. Boudet font observer que la proportion d'eau adoptée pour chaque expérience est 1/25 de litre, ou 40 centimètres cubes ; et que, quelle que soit la composition de cette eau, on la considère comme formée de 40 centimètres cubes d'eau pure, et d'une proportion quelconque de matière
capable de décomposer le savon. Or, pour acquérir une certaine viscosité, et devenir capable de produire une mousse persistante, 40 centimètres cubes d'eau pure exigeant une division de liqueur d'épreuve, la première division de la burette a été réservée pour cet usage, et laissée en dehors de la graduation, afin que les divisions suivantes représentassent uniquement et réellement la quantité de savon décomposée par les matières dissoutes dans l'eau.
Pour établir le titre exact de la liqueur d'épreuve ou savonneuse, MM. Boutron et F. Boudet se servent d'une liqueur nov" maie faite dans la proportion de 1 partie de chlorure de calcium fondu pour 4000 parties d'eau, soit 0»', 25 de sel pour un litre d*eau distillée. D'après le calcul et les expériences, 23 divisions de la liqueur d'épreuve comprises entre le trait circulaire marqué au-dessus de (y* et le 23% c'est-à-dire 22 degrés sont rigoureusement nécessaires pour produire une mousse persistante avec 40 centimètres cubes dé la dissolution de chlorure de calcium titrée. Dans le cas où on obtiendrait un degré inférieur à 22o, on étendrait la liqueur savonneuse d'une nouvelle quantité d'eau , en calculant qu'il faut environ 1/23 de son poids d'eau pour diminuer sa force de l"".
e: D'après ce qui précède, disent MM. Boutron et F. Boudet % la dissolution normale de chlorure de calcium étant faite avec 0«r% 025 de chlorure pour un litre d'eau, contient évidemment 0^% 01 de ce sel pour un vingt- cinquième de litre ou 40 grammes.
De là résulte que 22 degrés de liqueur d'épreuve sont neutralisés par 0,01 de chlorure , que i degré correspond à
-'2"= 0,00045 de ce sel, et enfin que chaque degré de liqueur
d'épreuve neutralisée par 40 centimètres cubes de dissolution
• 22 normale, représente f^tOi\oe~^i^^^ ^® chlorure de calcium
dans un litre de cette môme dissolution.
€ Ainsi, comme il est possible, à un demi-degré près, déjuger le moment où il se produit une mousse persistante à la surface d'une dissolution, il est évident :
1 Lo'*. cir., p. ir>.
1° Que la liqueur d épreuve peut accuser -^^ — soit un
quart de milligramme de chlorure de calcium dans 40 grammes d'eau, et doser avec plus d'exactitude encore tout autre sel terreux dont l'équivalent chimique serait plus considérable; 2o Qu'en opérant sur 40 centimètres cubes d'une dis5M>ii^tiftn
de chlorure de calcium, on reconnaît à — -' — =0*',OO56, soit,
5 à 6 milligrammes près, la proportion de chlorure contenue dans un litre de cette dissolution.
a D'autre part, si, considérant le savon marbré du commerce comme ayant pour équivalent chimique 6453, et si, multipliant 0t?',25 de chlorure de calcium par 6453, on divise le produit par l équivalent du chlorure de calcium = 693,20, on obtient pour quotient 2s^326 qui représentent la portion de savon équivalente à 0'%25 de chlorure de calcium.
et On tire de là la conséquence qu'un litre de dissolution Je chlorure de calcium doit exiger 23 décigrammes de savon, pour transformer les 0^%25 de sel calcaire en savon insoluble. Or, comme la graduation de la burette d'essai a été calculée de telle manière qu'en opérant sur 40 centimètres cubes de la dissolution normale» la division 23 et le degré 22 correspondent à la production de la mousse persistante, on peut admettre que chaque degré de la burette représente un décigramme de savon neutralisé par un litre de cette dissolution ^. La composition de la liqueur d'épreuve et la graduation de la burette sont, on le voit, réglées dans de telles conditions, qu'en opérant sur 40 centimètres cubes d'une dissolution quelconque de chlorure de calcium, on peut savoir immédiatement, par le degré correspondant à la production de la mousse persistante, la proportion du chlorurQ contenu dans un litre de cette dissolution, et la proportion de savon qu'il doit neutraliser. »
MM. Boutron et F. Boudet font remarquer qu'au lieu de chlorure de calcium, si, comme cela arrive toujours, les eaux renferment des sels de chaux et de magnésie, le degré bydrotimé-
1. Le nombre exact serait 0«f,10ô de savon pour chaqoe degré hydro::métrique, au lieu de 0?',!. i>ans un calcul rigoureux il faudrait multipl. • le nombre de degrés observé par 0«f,I06, on aurait ainsi en décigramme* le poids juste du saron neutralisé par 1 litre de Teau examinée.
tricpie indique toat à la fois la proportion de chlorure de calcium et la proportion de savon neutralisé équivalentes k ces sels, pour un litre de l'eau examinée.
Rien de plus simple dès lors que d'obtenir ce double résultat pour une eau quelconque, puisqu'il suffit pour cela de déterminer, par une expérience rapide, combien 40 centimètres cubes de cette eau exigent de degrés de liqueur d'épreuve pour produire une mousse persistante.
Supposons, par exemple, qu'une eau ait donné le degré 20 ; ce degré fera connaître :
1* Le numéro d'ordre de Teau examinée, dans une classification méthodique qui aurait pour point de départ l'eau pure représentée par 0" ;
^ La proportion de chlorure de calcium équivalente aux sels de chaux et de magnésie contenus dans un litre de celte eau, c'est-à-dire 0«',0114X20==Ob%228 ;
3« La proportion de savon que neutraliserait un litre de cette eau, soit 20 dédgrammes.
Mais, outre les sels de chaux et de magnésie, lès eaux contiennent encore plusieurs substances qui jouissent de la propriété de produire avec les acides du savon des précipités insolubles, tels sont la silice, Valumine, les sels de fer et de manganèse. Mais si on considère que la proportion de ces matières est toujours très-minime par rapport à la chaux et^ la magnésie, on en conclut que leur présence ne peut conduire à des erreurs appréciables.
Ayant de passer outre, nous allons indiquer la marche à suivre pour déterminer, à l'aide de Thydrotiraétrie, ai une eau est plus ou moins pure et plus ou moins applicable à certains usages.
Les essais s'exécutent au moyen du flacon ci-après jaugé à 10, 20, 30 et 40 centimètres cubes (fig. 47) et de la burette graduée représentée à la page 744.
Lorsqu'on veut essayer une eau quelconque, on en mesure dans le flacon d'essai 40 centimètres cubes, et on y ajoute peu à peu la liqueur savonneuse, en essayant de temps en temps si elle produit par l'agitation uile mousse légère et persistante. Le degré qu'on lit sur la burette, quand on a obtenu cette mousse, est le degré hydrotimétrique de l'eau examinée.
La mousse doit former à la surface de Feau une couche régulière de plus d'un demi-centimètre d*épaisseur, et se maintenir au moins dix minutes sans s^afTâisser.
Si Teau soumise à l'expérience donne naissance à des grumeaux, lorsqu'on la mélange avec la liqueur hydrolimétrique,
ou si son degré dépasse 25 à 30^ ^ on doit en conclure que cette eau est trop chargée de sels de chaux et de magnésie pour qu'on puisse l'essayer telle qu'elle est, et qu il est nécessaire de la mélanger avec de l'eau distillée, de manière à la ramener à un degré hydroti métrique inférieur à 30 degrés. On y ajoute donc 1, 2 ou 3 fois, etc., son volume d'eau distillée, suivant qu'elle est plus ou moins impure, et cette addition se fait facilement à Taide du flacon d'essai qui est jaugé de 10 en 10 centimètres cuhes jusqu'à 40. Lorsque le mélange a été fait en proportions convenables, on peut opérer avec assurance, mais on doit avoir soin de compter le double, Je triple ou le quadruple du degré observé suivant que Von a ajouté 1, 2 ou 3 volumes d'eau distillée ^ Le degré observé dans l'analyse représente : 1* Le nombre de décigrammes de savon que cette eau neu tralise par litre ;
2o La mesure de sa pureté, ou la place qu'elle occupe dans l'échelle hydrotimétrique. Soit 20», le degré observé, il en résulte que 1 litre de l'eau essayée neutralise 20 décigrammes ou 2 grammes de savon, et que cette eau porte pour numéro d'ordre 20» dans l'échelle hydrotimétrique.
Fig. -47.