‹ Traité de chimie hydrologique comprenant des notions générales d'hydrologie et l'analyse chimique des eaux douces et des eaux minéralesChapitre 274 sur 299 · CHAPITRE XLVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLVIII

DES VOLUMES (hydhotimétrie}

Afin de déterminer très-sûrement ettrès-promptement lapro. portion des principales matières minérales tenues en diseolation dans les eaux douces de sources et les eaux de rivières, MM. Boutron et Félix Boudet ont fait connaître, dans le eoorant de Tannée 1854, un procédé particulier auquel ils ont donné le nom Aliydrotimétrique.

La méthode que ces chimistes ont proposée est basée sur la réaction suivante. D'après le docteur Clarke, lorsqu'on verse de la teinture alcoolique de savon dans une eau très-peu chargée de sels terreux, il se produit par l'agitation une monsse persistante depuis le commencement jusqu'à la fin de l'opération et sans fournir de précipité, du moins appréciable. Au contraire, avec les eaux douces très-riches en sels calcaires et magnésiens, la première addition de la teinture de savon donne lieu à un précipité grumeleux, constitué par des sels OT^ganiques à base de chaux et de magnésie qui, en raison de leur moindre densité, viennent nager à la surface du liquide. C'est seulement

ANALYSE DES EAUX DOUCES 7i8

en ajoutant une nouvelle quantité de réactif, çX alors que la chaux et la magnésie ont formé des sels gras insolubles que la mousse apparaît.

Le docteur Clarke, en indiquant cette réaction, a eu seulement en vue l'analyse des eaux destinées à l'entretien des chaudières ^ vapeur. Pour cela, il s'est servi d'une burette graduée et d'une liqueur titrée qui, dans l'espace de quelques minutes, décèle la présence de la chaux en quantité anormale, substance qui possède plus que toutes les autres la propriété de fournir des incrustations.

M. Boutron et F. Boudet, allant plus loin, ont pensé que le procédé du docteur Clarke pouvait être également appliqué à l'analyse des eaux douces de sources et de rÎArières employées aux divers usages de la vie.

Voici le détail le plus complet possible de cette partie importante de la chimie hydrologique i.

Le nécessaire hydrotimétrique se compose :

i° D'un hydrotimètre ou burette graduée;

^ D'un flacon d'essai de 60 centimètres cubes de capacité et jaugé à 10, 20, 30, et 40 cent, cubes par des traits circulaires ;

S*' D'un flacon de liqueur d'épreuve (liqueur savonneuse);

4* D'un flacon d'eau distillée;

5» D'un flacon d'une dissolution d'oxalate d'ammoniaque au soixantième ;

ô® D'un flacon de nitrate de baryte titré à SO** pour i centimètre cube, ou nitrate de baryte, 2*^, 14, eau, 100 grammes;

7' D'une pipette divisée en dixièmes de centimètre cube;

S^ D'un ballon jaugé par un trait circulaire marqué à la base du col;

9° D'une lampe à esprit-de-vin, avec un support pour mainlàr le ballon au-dessus de la lampe;

iOo D'un entonnoir de verre ;

11'' D'un tube agitateur;

12o D'un thermomètre pour déterminer la température de l'eau.

1. Toui oe qui concerne i'hydrotimétrie est un extrait d'une brochure intitulée : Notkveile méthode pour déterminer Us proportions des matières en dissolution da.>,8 les eaux de sources et de rivières, par MM. Boutron et F, Bou« det. Paris, 18)6.

Voyons d'abord comment ces chimistes préparent leur liqueur normale de savon : pour cela on prend :

Savon de Marseille *. . . . 100 grammes,

Alcool à 90" centésimaux 1600 —

On dissout le savon dans l'alcool en chauffant jusqu'à rébullition , on filtre pour séparer les sels et les matières étrangères insolubles dans l'alcool, que le savon peut contenir, et on ajoute à la dissolution filtrée :

Eau distillée.

On obtient ainsi . 2700 —

d'une liqueur que l'on ne peut employer sans l'avoir préalablement soumise à un essai qui en constate la valeur réelle, y<>^^--\^tv comme nous le dirons tout à l'heure :

^^sJ f \\y^^ c'est la liqueur d'épreuve.

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