‹ Traité de chimie hydrologique comprenant des notions générales d'hydrologie et l'analyse chimique des eaux douces et des eaux minéralesChapitre 30 sur 299 · EAU EN VAPEUR · texte numérisé non relu

EAU EN VAPEUR

L'eau en vapeur constitue l'une des parties intégrantes de l'air qui environne la terre et forme l'atmosphère, espèce de mer aérienne dont la profondeur ne s'élève pas à moins de 55 à 60 kUomëtres.

Nous considérons seulement comme vapeur cette eau, invi sible il est vrai, mais dont nous constatons sûrement la pré^ sence à Taide de certaines substances capables de la fixer, et qae pour cette raison on a nommées hygroscopiques ; tels sont : le chlorure de calcium, Tacétate de potasse, Tacide sulfurique, le gaz chlorhydrique, etc. ; puis à Taide d'un instrument particulier (rhygromètre) qui en fait counaître la quantité ap* proximative.

La proportion de vapeur d'eau, dissoute en quelque sorte dans l'atmosphère, est excessivement variable : plus abondante à mesure que Ton s'éloigne de la terre, elle tend à disparaître

à des hauteurs plus grandes. Il résulte des expériences aéronautiques dô Gay-Lussac, qu'à une élévation de 6,777 mètres la sécheresse de Tair est à peu près complète. Cette absence d'humidité, jointe à la raréfaction de l'air, rend dans ces régions la respiration très- difficile et la déglutition à peu près impossible.

Les courants qui s'établissent d'une manière incessante dans les couches élevées de l'atmosphère sont les principales causes qui s'opposent à l'uniformité de la vapeur d'eau dans l'air; ainà Gay-Lussac a démontré que l'état de sécheresse ne décroissait pas régulièrement en raison de l'élévation. Tandis qu'un hygromètre à la surface de la terre marquait 57'' 5, à la hauteur de 3,032 mètres l'instrument donnait 62o; à partir de ce point et en continuant à s'élever jusqu'à 5,267 mètres, il n'indiquait plus que 27» 5, et de là à la hauteur de 6,884 mètres, il est remonté graduellement à 34"* 5.

Les autres causes qui apportent des changements essentiels, non-seulement dans la quantité, mais encore dans Tétat de la vapeur aqueuse disséminée dans l'espace, tiennent d'abord au climat; ainsi l'atmosphère des régions équatoriales est toujours plus, saturée d'humidité que les régions polaires; puis à la pression et à la température. On a calculé qu'un mètre cube d'air de la couche atmosphérique la plus basse sous l'équateur contenait 26 grammes, et sous les pôles 1,8 de vapeur d'eau.

La principale source d'humidité étant l'océan, on comprend combien sa distribution dépend des conflgurations géographiques. Gomme à une certaine hauteur la pression est moindre, l'air se trouve dilaté et refroidi, et la vapeur qui s'élève des couches plus inférieures s'abaisse. Elle devient alors eau vésiculaire, comme les nuages; eau liquide et fragmentaire comme la pluie ; eau solide, comme la neige.

La terre est le réservoir naturel chargé de fournir à l'air l'eau qu'il contient. En effet, quelle que soit la température ambiante, même lorsque le thermomètre marque plusieurs degrés au-dessous de zéro, toujours la vapeur aqueuse tend à se produire et à gagner les régions élevées de l'atmosphère. L'évaporation se trouve doublée et même au-delà pendant les grands vents; à Paris, il s'en volatiUse en moyenne par jour 0-,02ï.

FORMES diverses; de L'EAU LIQUIDE 69

Soos notre climat, l'air n*6st presque jamais saturé d*humidite. Dans Fétat ordinaire, il renferme seulement la moitié de ce qu'il peut porter avec lui. L'air le plus sec en apparence en est imprégné d'un sixième, et celui des Alpes, d'un quart. A Londres, au contraire, l'air est à peu près saturé de vapeur aqueuse.

Plus le rayonnement solaire est intense, plus l'air est chargé d'humidilé; pendant Tété, cette humidité est, en moyenne, huit fois plus considérable qu'en hiver; aussi les vents du midi en apportent-ils toujours plus que les vents du nord. On doit cependant en excepter certaines régions où l'air à une température élevée, ne trouvant pas sur le sol d*eau à dissoudre, est à peu pressée; tels sont les déserts de l'Afrique que balaye le simoun.

Sons la pression de O^^TâO et à la température de 0^, un mètre cube d'air peut contenir 4 litres 1/2 environ de vapeur d'eau; et à la température ordinaire, soit ISo+0, 11 litres 1/2. D'après Dalton, la quantité de vapeur d'eau, par rapport à l'air, s'élève aux 0,0142 environ de son volume.

La vapeur d'eau de l'atmosphère n'est jamais d'une pureté absolue : toujours elle est impvégnée, par entraînement plutôt que par volatilisation, de quelques matières organiques et inorganiques. Le meilleur exemple que nous puissions invoquer ici, nous est fourni par de Humboldt. Cet illustre savant a, en effet, annoncé que si on reste longtemps dans le voisinage de la cascade produite par la rivière du Rio*Vinagre ou Pusambio (Andes de Popayan), on sent un picotement dans les yeux, dû à la vapeur aqueuse imprégnée d'acides sulfurique et chlorhydrique.

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