‹ Traité de chimie hydrologique comprenant des notions générales d'hydrologie et l'analyse chimique des eaux douces et des eaux minéralesChapitre 31 sur 299 · CHAPITRÉ VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRÉ VIII

§ 1". — Nnaget.

La vapeur aqueuse, dans les régions élevées plus sèches et plus froides, se dissémine, ou bien se convertit en eau liquide. Dans le premier cas, comme elle n'a aucun obstacle à vaincre

de la part de l'air, elle en remplit les vides, de la même manière qu'un liquide se sature d'un sel. Les courants aériens,* en mélangeant toutes les parties, établissent partout un équilibre d'humidité qui peut persister pendant longtemps; mais si une cause quelconque vient à le troubler, comme un changement brusque dans la température par suite de la direction des vents contraires, la vapeur d'eau devient vésiculaire et, comme ses vésicules sont d'une ténuité extrême, elles restent suspendues dans l'espace par Teffet des courants ascendants qui les repoussent sans cesse du sol; ce sont les nuages.

Les nuages ne représentent qu'une faible partie de la vapeur d*eau disséminée d'une manière invisible dans l'air.

L'eau vésiculaire, ou nuages, n'est visible que lorsqu'elle est

réunie sur une grande masse et sur une grande étendue; que

les vésicules sont plus volumineuses et plus rapprochées de la

terres Dans ce cas, les plus ténues occupent la partie supé-

, rieure, et les plus grosses, la partie inférieure.

La hauteur à laquelle les amas de vésicules flottent dans l'atmosphère est très-variable. On estime cependant qu'elle ne dépasse pas 7 ou 8,000 mètres^ Quant aux vésicules qui, plus lourdes et, partant, sont plus rapprochées de la terre, elles se résolvent en- pluie et en eau solide ou neige, suivant l'état de la température.

Les nuages, qui s'abaissent, peuvent ne pas donner lieu à la pluie ou à la neige. Les vésicules aqueuses, traversant des couches d'air plus chaudes, se dispersent et retournent dans l'atmosphère à l'état de vapeur.

Mais les nuages ne se composent pas toujours, et en totalité, de vésicules aqueuses. Quelquefois on voit flotter dans l'atmosphère, à la manière des corpuscules ordinaires, des aiguilles très-minces, brillantes, constituées par de l'eau solide ou neige. Elles se produisent de préférence l'hiver et sont entraînées par les courants aériens, ou bien se résolvent en vapeur dès qu'elles viennent à rencontrer des courants plus chauds.

Les trombes terrestres et marines sont des amas de nuages qui, sous l'influence de rélectricité atmosphérique, se résolvent en eau sous la forme de colonne.

§ IL — Brouillards.

Les brouillards ou brumes sont, comme les nuages, des amas d*eau vésiculaire ou liquide, mais qu'il est important de distinguer. En effet, tandis que les nuages résultent du passage de la vapeur d*eau à Tétat vésiculaire dans les régions élevées de l'atmosphère, les brouillards se forment toujours dans les parties les plus rapprochées de la terre; aussi quelques physiciens ont-ils soutenu que ces derniers n'étaient que des nuages plus lourds et plus rapprochés du sol.

Pendant Tévaporation incessante qui se produit à la surface du sol, une partie de la vapeur d'eau en contact avec l'air froid , passe à l'état de vésicules, généralement plus volumineuses que celles qui composent les nuages i. Celles-ci restent suspendues ou circulent lentement dans les régions inférieures, jusqu'à ce qu'elles se dissipent par les rayons solaires ou qu'elles retombent sur la terre. Dans cette dernière condition, elles donnent lieu au serein sous l'aspect d'une pluie très- âne. Nous verrons plus loin les brouillards éprouvant un refroidissement subit se convertir en givre.

Les brouillards se forment lorsque l'air est calme, aussi bien rhiver que l'été, le soir et le matin, surtout au-dessus des grands amas d'eau stagnante et courante,, enfin dans les valions, les vallées et les gorges des montagnes. Ils doivent leur origine à la différence de température qui existe entre l'air et Teau elle-même; aussi, dès que les rayons solaires rétablissent

l, M. Kaemtz a trouvé qu'en moyenne les vésicules des brouillards avaient un diamètre de 0""",0224 ; majis ce diamètre varie dans les différentes saisons'et parait plus petit en été, ainsi que ce physicien l'indique dans le tableau suivant:

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