Mellonii Loc. cit
d'une quantité un peu plus forte d'aoide carbonique, que Ton doit attribuer à la basse température à laquelle elle se. forme, ensuite à ce que le gaz carbonique se rencontre plus abondamment dans les couches inférieures que dans les couches supérieures de l'atmosphère, et enfin qu'elle était plus riche en matières organiques que Teau de pluie.
L'analyse de l'eau de rosée n'a pas encore été entreprise d'une manière complète. H. Meyrac a trouvé que celle qui a été recueillie après les beaux jours ne précipite pas par le nitrate d'argent; mais après plusieurs jours de pluie elle donne un précipité de chlorure d*argent, toujours moins volumineux qu'avec l'eau de pluie qui contient le plus de chlorure.
D'après les expériences de M. Boussingault, la rosée serait imprégnée d'ammoniaque et d'acide nitrique dans la même proportion que les brouillards.
Le dcf&age de l'ammouiaque a donné à ce chimiste les nombres suivants ;
Ammoniaque Eaa en millim. Eaa reçae par litre. Litres. Milligr.
Nuit du 18 an 19 août 0,S5 1,25 8,14
— du 0 aa 10 septembre 0,16 0,08 6,20
— du 11 au 12 septembre 0,18 0,09 6,30
-> du n au 22 septembre ....... 0,30 1,00 6,20
Après un jour pluvieux, 24-25 septembre. 0,38 1,06 1,02
Nuit du 27 au 28 septembre 0.18 0,09 6,20
Le dosage de l'acide nitrique a donné :
Acide nitrique dans nn litre d'eau Milligr. Milligr.
Rosée du 16 septembre 1857 0,12
— du 18 au 28 septembre 0,07 à 0,27
— du !•» au 28 octobre *0,05 à 1,12
— du 5 au 9 noyembre 0,43 à 0,68
Quelques physiciens ont cherché à apprécier la quantité de rosée qui se forme à certaines époques de Tannée : pour cela ils se sont servis d'un appareil particulier, le drosomètrey dans lequel l'eau est évaluée en volume. On peut encore employer la méthode des pesées, qui donne des résultats tout aussi satisfaisants. Pour cela, on se sert de substances très-avides d'humidité (acide sulfurique, chlorure de calcium]. L'augmenta-
lion de poids après l'oxpérieiice indique, sauf la petite quantité de vapeur d'eau ambiante, la quantité d*eau condensé^. Wels s'est servi dans le même but de flocons de lain,e du poids de 5 décigrammes. D'après Dalton, la rosée qui tombe annuellement à Mancbeeter s'élève .environ à 5 pouces (ipesure anglaise). '
Lorsque par suite des courants divers qui s'établissent incessamment dans les régions élevées de l'atmosphère, les vésicules aqueuses ou les nuages viennent à se réunir en grande masse, il se produit la pluie si la température est supérieure à (>, et de Veau solide si au contraire la température est au-dessous de ce point.
La pluie reconnaît pour origine la volatilisation permanente de l'eau répandue à la surface du sol : on estime qu'à la température ordinaire et pendant vingt-quatre heures, une masse d'eau douce ou salée, abandonne spontanément à Tair 1 millimètre de sa hauteur; la mer, par exemple, perdrait 1 ,000 mètres cubes d*eau par chaque kilomètre carré.
Le volume des gouttes d'eau qui, par leur ensemble^ constituent la pluie, est très-variable et dépend tout à la fois de l'état de l'atmosphère, de la hauteur où; ayant acquis une certaine densité, elles commencent à se précipiter, et de l'intensité des vents. Les gouttes les plus ténues, qui forment ce qu'on appelle communément la pluie fine ou la Bruine, proviennent des régions les plus rapprochées de la terre ; mais lorsque les couches atmosphériques sont saturées d'humidité, et dans une grande étendue, les gouttes d'eau, d'abord peu volumineuses, s'accroissent insensiblement pendant leur chute et ^e précipitent sur le sol avec d'autant plus de rapidité qu'elles sont plus grosses; telle est la pluie hattanU ou l'averse.
Il arrive souvent que les gouttes d'eau, pendant leur mouvement descendant, traversant des couches atmosphériques plus sèches et plus chaudes, se vaporisent partiellement, quelquefois môme finissent par disparaître tout à fait. C'est ce qui explique pourquoi il ne pleut pas toujours lorsque l'horizon est très-nuageux, et qu'il pleut sur le sommet ou le versant