Gagette médicale de l'Alg^iet 1858, p
rayonnement vers Tespace; il y aurait abaissement de teropé* rature et formation de petites gouttes qui, traversant dans leur chute les couches inférieures d'une atmosphère saturée d'humidité, ne pourraient subir qu'un faible degré d'évaporation, et arriveraient ainsi jusqu à la «irfaoe de la terre ^ »
§ IV. — Boaée.
* La rosée est le passage direct de la vapeur d*eau en eau
liquide fragmentaire.
La théorie de la formation de la rosée s'explique parfaitement de la manière suivante : une carafe pleine d'eau très-froide ou de glace, exposée dans un air plus chaud, et par conséquent saturé de vapeur aqueuse, se recouvre immédiatement d'une couche d'eau; l'effet se prolonge jusqu à ce que les parois extérieures du vase soient ramenées à la température de l'air ambiant»
Ce changement d'état de l'eau a lieu toutes les fois que la terre est refroidie dans une certaine étendue par le rayonnement, et que le ciel est calme et serein. Si la croûte solide du globe est au-dessous de zéro, la vapeur aqueuse se concrète et donne la gelée blanche, comme nous le verrons ailleurs. Si l'atmosphère est impressionnée par les vents, la rosée ne se forme pas, parce que l'air communique au sol, à mesure qu'il ^e refroidit, une partie de son calorique, et ne permet pas à l'eau en vapeur de se précipiter à l'état liquide.
La rosée provient-elle de la terre ou de l'air, ou bien se forme-t-elle par la vapeur élastique, invisible, répandue dans l'espace qui environne les corps? Tels sont les problèmes que Wels s'est efforcé de résoudre de la manière la plus ingénieuse et qui ont fait l'objet de communications Importantes de la part de Melloni 2.
Ce dernier physicien admet que <c la rosée est la conséquence d'une série d'actions et de réactions entre le froid dû au rayon* nement des plantes et le froid transmis à l'air environnant. L'herbe se refroidit peu au-dessous de la température de l'air ; mais elle lui communique bien vite une portion du froid ac-
1. Ch. Martine, Annalet de chimie et de physique, 1848, t. XXII, p. 495. -2. Melloni, Annales de chimie et deph^ftiquef 1848, i. XXII, p. 485.
quis; et comme la différence de température entre le corps qui rayonne et le milieu ambiant est indépendante de la valeur absolue de la température régnante, l'herbe entourée d'air plus froid abaisse davantage sa température et communique un nouveau degré de froid à Pair, qui réagit à son tour sur l'herbe et l'oblige à acquérir une température encore plus basse, et ainsi de suite. En attendant, le milieu perd son état d'équUibre et contracte une espèce de circulation dans le sens vertical, à cause du mouvement descendant des parties condensées par le froid des feuilles supérieures et du mouvement ascendant des parties qui ont touché la surface terrestre. Or, le refroidissement graduel et le contact du sol tendent évidemment à augmenter l'humidité de la couche d'air, et l'amènent ainsi peu à peu vers le point de saturation. Alors le faible degré de froid produit directement par la radiation des corps suffit pour condenser la vapeur contenue dansTair qui l'environne, et comme les causes qui donnent lieu au mouvement circulatoire et à Thumidité de l'air persistent pendant toute la durée de la nuit, la quantité d'eau déposée sur les feuilles augmente indéfiniment. >
C'est toujours au printemps et à l'automne, pendant la nuit et non le matin et le soir, que la rosée se produit; plus les couches inférieures de Tair sont saturées d'humidité, plus elle est abondante : ainsi, sur les côtes et sur les bords des grands cours d'eau, là où le rayonnement nocturne est le plus intense, le sol se couvre toujours d'une couchç épaisse de rosée jusqu'au moment où les rayonnements lumineux et solaires viennent y mettre obstacle et disséminer dans l'espace, à l'état de vapeur, celle qui existe.
La rosée se dépose en plus grande abondance en rase campagne que dans les localités plantées d'arbres et dans l'intérieur des villes. Les arbres, comme les maisons, mettent un obstacle au calorique rayonnant. Wels a mis ce fait hors de doute de la manière suivante : deux flocons de laine, de volume parfaitement identique, ont été placés, le premier à Tair libre, le second dans un cylindre ouvert et posé verticalement. Il vit alors que la laine qui recevait la vapeur aqueuse de tous les côtés ^tait plus imprégnée de rosée que celle qui avait été mi&e dans le cylindre.
U est assez digne de remarque que la vapeur aqueuse ne se précipite pas en rosée sur tous les corps solides indistinctement. En cela elle diffère beaucoup de Teau vésiculaire ou brouillard qui imprime son cachet sur toutes les substances qu'elle toucha. D'après Melloni i, les différences de rosée sur les corps proviennent toutes, ou de leurs divers degrés de pouvoir émissify ou de leur diverse exposition par rapport à la voûte céleste, ou de Fétat hygrométrique de l'espace environnant, ou des obstacles plus ou moins grands qui retardent la descente de l'air et favorisent ainsi plus ou moins sa réaction frigorifique, ou enfin du voisinage du sol qui permet le retour de Tair sur les substances rayonnantes et donne lieu à cette circulation aérienne, d'où résultent le refroidissement graduel et l'augmentation successive de l'humidité dans la couche inférieure de l'atmosphère.
La rosée se dépose de préférence sur les plantes, parce que leur pouvoir rayonnant est plus grand, puis sur la terre arable ; davantage sur le sable que sur le terrain imperméable, et plus sur des copeaux que sur des morceaux de bois. On a aussi cherché à expliquer ces phénomènes en disant que tous les corps de la nature n'avaient pas la môme attraction sur la rosée. Cette attraction, si attraction il y a, et que l'on serait plutôt tenté de reporter à la porosité, est évidemment sous la dépendance du pouvoir conducteur du calorique ; on observe , en effet, que les corps les plus conducteurs sont précisément ceux qui condensent le moins de rosée. Tel est le cas du verre comparé aux métaux.
Bonsdorff a encore soutenu que les métaux chargés d'électricité négative étaient toujours mouillés lorsqu'on les exposait la nuit à l'action de la vapeur d'eau, tandis que les métaux chargés d'électricité positive restaient constamment secs. Tel est le cas de deux plaques de cuivre et de zinc soudées entre elles; la première condense la vapeur aqueuse, tandis que la seconde reste sèche.
Formée dans l'atmosphère comme la pluie, la rosée possède toutes les propriétés de celle-ci et contient les mômes substances minérales et organiques, principalement du nitrate d'ammoniaque. On a cependant remarqué qu'elle était chargée