TiB^andier. LVav, p. 316, Pans
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Ions; on déplace et op remonte cet anneau h mesure que le tube s'enfonce, et Topér^itien, condoîte par deux ouvriers habUes, s*exécute avec une très-grande rapidité. Quand le premiertube a presque entièrement disparu dans la terre, on y visse à sa partie supérieure un autre tube, et on recommence la même manœuvre ; une fois arrivé h une certaine profondeur, on descend dans la cavité intérieure une petite sonde formée d'une pierre attachée à une corde» et en examinant si elle revient se* che ou mouillée, on voit si Ton a atteint ou non la couche d'eau« Quand la partie inférieure et percée du tube a pénétré dans la nappe liquide souterraine, le travail est terminé, et on adapte alors une pompe à sa partie supérieure. On fait manœuvrer la pompe qui ramène dabord à la surface du sol une eau trouble et bourbeuse par suite du mouvement de terre déterminé par l'enfoncement du cylindre métallique; après une heure ou deux, on obtient une onde fraîche et limpide. Il va sans dire que si Teau a une force ascensionnelle suffisante pour jaillir au niveau du sol, on a formé un puits artésien et la pompe devient inutile ».
On a calculé que le forage d'un puits instantané exigeait, en moyenne, une heure de travail, et que le prix du tube de 10 mètres avec sa pompe n'allait pas au delà de 250 francs.
On conçoit tout de suite que ce système n'est pas praticable dans les t^rains granitiques ou difficiles & perforer.
§ V. — Puisards.
On donne le nom de puisards aux rései'voirs d'eau douce stagnante creusés de main d'homme à une profondeur moindre que les puits ordinaires.
N'ayant guère traversé que le terrain meuble et des couches argileuses ou calcaires superficielles, l'eau des puisards est pour le moins aussi insalubre que l'eau des puits des terrains modernes. Si elle a reçu un peu plus que cette dernière le contact de l'air, en revanche, elle contient une proportion plus grande de matières organiques soustraites au sol avoisinant et .qui s'y décomposent avec plus de promptitude.
Les puisards fournissent toujours de l'eau dont la composition chimique est très* variable : cette eau située presque au ni-
lie EAUX DOUCES
veau du sol possède une température à peu près la même que eeile de l'air ambiant; ensuite son débit augmente ou diminue de volume suivant les saisons.
§ VI. — citernes.
Les citernes sont des excavations peu profondes creuséôs naturellement ou artificiellement dans le sol, afin d'y recueillir, soitles eaux pluviales, soit les eaux qui filtrent à travers les fissures des rochers.
Dans le premier cas, et lorsque la disposition des terrains le permet, les eaux pluviales se rendent dans les citernes à l'aide de tuyaux en terre, ou simplement de rigoles construites en pierres sèches, à fleur ou bien à une petite profondeur du soi.
Beaucoup de ces réservoirs situés près des habitatjons sont alimentés par les eaux pluviales qui s'y rendent à l'aide des gouttières des toitures.
Dans le second cas, les habitants établissent des réservoirs de cette nature à la base | des montagnes qui, par le voisinage de sources, laissent suinter de l'eau pendant une grande partie de Tannée.
. Les eaux des citernes, quelque soit le mode employé pour les rassembler, sont toujours très-aérées dans le premier moment et pourraient être considérées comme très-potables; mais, arrêtées dans leur écoulement, elles ne tardent pas à s'altérer par les matières organiques végétales et azotées provenant du sol et de Tair. On observe que l'oxygène dissous disparaît peu à peu et en totalité, pour servir à l'organisation des végétaux cryptogamiques, et l'eau acquiert une teinte verdâtreque nous retrouverons tout à l'heure dans celle des mares. Mais, w même temps que les plantes aquatiques se développent, d'autres se décomposent et communiquent à Teau, au sein de laquelle ces phénomènes se sont accomplis, une odeur désagréable, principalement à l'époque des chaleurs .
Comme elles sont directement soumises à toutes. les intempériesdes saisons, les eaux des citernes deviennent troubles pendant le temps des pluies ; les terres qu'elles reçoivent s'y accumulent peu à peu et nécessitent à la fin des curages fréquents. Ensuite leur volume étant subordonné à la quantité d'eau que leur verse l'atmosphère, il en résulte que pendant
l*été ellds tatissent ou Uen dimiatient tellement, que, la grande quantité de matières minérales et organiques aidant, elles deviennent tout à fait impropres à la boieson, nous dirons même plus, pernicieuses pour la santé publique. ' De tous les réservoirs servant h recueillir les eaux atmosphé* riques et terrestres, les citernes sont peut-être les seules pour lesquelles on apporte le moins de soins dans la construction et dans Faménagement. Ainsi, dans nombre de localités, on utilise les excavations naturelles placées à la base des montagnes. Quelques pierres, que ne relie aucun ciment, servent de mur d'enceinte à beaucoup d'autres ; aussi une grande partie de Teau qui s'y rend s'infiltre-t-elle dans les terres après avoir déposé son limon; et lorsque les pluies font défaut, elles tarissent complètement.
Comme dans les campagnes l'eau des citernes constitue souvent la boisson habituelle, nous allons indiquer les précautions à prendre pour la rendre, sinon tout à fait potable, du moins de meilleure qualité.
Il convient d'abord de maintenir les réservoirs dans un grand état de propreté, et de les recouvrir, à une certaine élévation du sol, de toitures qui, tout en s'opposant à ce que des matières étrangères ne puissent y tomber, n'empêchent pas l'air d'y circuler librement. Lorsque la disposition des lieux le permet, on établit autour des citernes, des cUemeaux ou excavations remplies de sable fin, qui font Tofiice de filtres. Par ce moyen, on dépouille les eaux des matières étrangères empruntées au sol qu'elles ont lavé.
Les dtemes sont d'un usage fréquent dans un grand nombre de localités : ce n'est pas seulement en France qu'on les rencontre; dans certaines régions de la Suisse, de la Hollande, de l'Allemagne, de rAiitriche et de Tltalie, les habitants n'ont pas d'autre eau que l'eau de pluie recueillie dans des citernes disposées ad hoc.
A Venise on parait prendre plus que partout ailleurs des soins particuliers pour la conservation de l'eau dans les citernes, et voici à cet égard les renseignements qu'en donne M. Savaldori, ingénieur de la municipalité de cette ville ^
1. Moniteur teUniifique du D^ Queanevilîe, t. II, p. 873, 1»50.
S L98 idatériatbt constituants d'une citerne dontt*ar{^l6 etie 0able.
« Dn creuse le sol jusqu'h trois mètres de profondeur : les inlUtrations de la lagune etnpôehetit d'aller plus avant ; on donne h l'ei^oavation la forme d'une pyramide tronquée dont la basb , regarde le ciel.
« On maintient le terrain environnant à l'aide d'un bâti en bon bois de chêne ou de larix, s'appliquant sur le sommet tronqué aussi bien que sur les quatre côtés de la pyramide.
a Sur lé bâti en bois blanc, on dispose Uîie couche d'argile plùre, bien compacte, bien liée et dont on unit la surihce avec tin grand soin. L'épaisseur de cette couche est en rapport avec lâ dimension de la citerne : dans les plus grandes elle n'a pas plus de trente centimètres.
i Cette épaisseur est suffisante pour résister à la pression de I^ëau qui sera en contact avec elle , et aussi pour opposer un obstacle invincible aux racines des végétaux qui peuvent croître dans le sol environnant. On regarde comme très-important de ne point laisser de cavité où Tair puisse se loger.
« Au fond de l'excavation, dans Tintérieur du sommet tron* que de la pyramide, on place une pierre circulaire creusée au milieu en fond de chaudron, et l'on élève sur cette pierre un cylindre creux du diamètre d*un puits ordinaire, construit avec des briques sèches bien ajustées , celles du fond seulement étant percées de trous coniques. On prolonge ce cylindre jusqu'au-dessus du niveau du sol en le terminant comme la margelle d'un puits.
a tly aainsiun grand espace vide entre le cylindre qui se dresse du milieu de l'excavation pyramidale et les parois de la pyramide revêtues d'Une couche d'argile reposant sur le bâti de bois.
« On remplit cet espace avec du sable de mer bien lavé, dont la surface vient affleurer l'argile .
€ Avant de couvrir le tout avec le pavé, on dispose aux quatre angles de la base de la pyramide une espèce de boite en pierre fermée par un couvercle également en pierre et percé de trous. Ces boites, appelées Cassettoni^ se lient entre elles par un petit canal en briques sèches reposant sur le sable , le tout est recouvert enfin par le pavé ordinaire, qu'on incline dans le sens des quatre orifices des angles des Cassettani.
PUITS n»
lrIi*8aiifô(Mi«l|liopMPl6stoits> entre par 1m (ittsiBttODl, pénétré dans le sable à travers les jointures des briques des petits canauX) et vient de rassembler on prenant son nifveau au centre du cylindre creux, dans lequd elle s'introduit par les petits trous coniques pratiqués au fond.
« Une citerne ainsi construite et bien entretenue donde une eau très^litnplde et la conserve parfaitement jusqu'à la der^ nière goutte. >
Quoique la description détailléedes citernes vénitiennes sorte un peu du cadre que nous nous sommes tracé dans cet ouvrage, nous avons cependant tenu à la faire connaître afin que l'usage de ces réservoirs particuliers se répande le plus possible. Il nous semble, en effets que l'eau soustraite ainsi à Taction des rayons lumineux et solaires doit se conserver dans un état de pureté relativement satisfaisant.
§ Yll. — Palis perdus ou BoU*tont.
Dans le voisinage de certaines fabriques, là ob la configura tion du sol ne permet pas un libre écoulement aux eaux, ou bien par mesure de salubrité, on creuse quelquefois dés puits dans lesquels on verse ces eaux insalUbrei^ dont on veut se dé- • barrasser : ce sont les puits perdus que dans plusieurs provinces françaises on désigne encore soUs le nom de hoit-ioui.
Les boit-tout, dit M. Chevreul *, n'ont d'efttcacitô qu'à trois conditions.
La première est que les liquides qu'on y fera couler ne corromperont pas la nappe d'eau potable qtil alimente les puits et les services d'eau servant aux usages économiques du pays où les boit-tout seront creusés.
La seconde est que les boit-tout aient leur fond dans une coucbe parfaitement perméable ; autrement le terrain, bientôt saturé, ne permettra plus au boit-tout d*absorb$r l'eau.
La troisième est que la couche perméable où se rendra TeâU qu'on veut évacuer de la superficie du sol, étant située au dessous de la nappe d'eau qui alimente les puits du pays, cette couche perméable ne conduise pas les eaux dans une nappe
]. A Wtirtz. Recueil d»« trwaua du comUé éontuHatif d*hp$ièn9 putl%qu9 de France et des actes officiels de l'administration scmitaire, t. I, 1872, p. 227.
d^eau servant à rôoonomie domeaficiue d'un pays autre que oelui où le boit-tout est creu&é.
Les puits perdus offrent souvent l'inconvénient de s'obstruer par la présence de matières organiques insolubles qui forment à la surface du terrain une couche imperméable, et partant de répandre dans • l'atmosphère des émanations pestilentielles. M. Wurtz pense que pour certsmiee industries oapeut améliorer les conditions de leur emploi en n'y déversant que des liquides préalablement clarifiés par la filtration à travers le sable.