‹ Traité de chimie hydrologique comprenant des notions générales d'hydrologie et l'analyse chimique des eaux douces et des eaux minéralesChapitre 53 sur 299 · DISTRIBUTION PAR LES CONDUITES DES EAUX POTABLES · texte numérisé non relu

DISTRIBUTION PAR LES CONDUITES DES EAUX POTABLES

dans lesquels elles séjournent, ou même qu^elles ne font que traverser ; on estime qu*un litre d'eau peut dissoudre de 5 à 6 centigrammes de ce métal, àTétat de combinaison saline, proportion suffisante pour causer à Téconomie animale un trouble tr^- appréciable.

Les opinions les plus diverses ont été émises au sujet de la manière dont les eaux douces se comportent avec le plomb ; dans tous les -cas, cette action est réelle, et elle est subordonnée à la présence de certains principes qui, pour les uns, sont les chlorures alcalins et surtout les matières organiques ; et pour les autres, les azotates et l'ammoniaque. Par contre les bicarbonates terreux seraient un excellent préservatif.

Un fait capital se dégage des nombreuses analyses entreprises à cet égard, c'est que la présence de l'air joue le preïnier rôle dans l'attaque du plomb par les eaux : ainsi, Teau distillée bouillie et absolument privée d'air est sans action sur le plomb métallique, mais, pour peu qu'elle renferme les éléments de l'air, le métal est oxydé.

Au point de vue des eaux naturelles, nous avons la confirmation de ces faits avec les eaux les moins riches en oxygène, telles que celles des puits qui sont les moins aérées : l'eau du puits de Grenelle réagit peu sur le plomb, tandis que les eaux pluviales qui sont toujours saturées d'air attaquent rapidement ce métal. Voici les réactions qui interviennent dans cette circonstance : le plomb se recouvre d'une couche formée d'un sousoxyde insoluble dans l'eau et dans certaines solutions salines ; mais comme ce premier terme d'oxydation peut être favorisé par quelques susbtances, tels que les sels ammoniacaux, les nitrates, etc., etc. , cette couche passant à l'état de protoxyde s'unit avec l'eau et l'acide carbonique pour donner naissance à du carbonate basique de plomb.

Ce serait donc surtout à l'état de carbonate de plomb, dont rinflolubibté dans l'eau n'est pas absolue, que les esuix potables contiendraient le plomb qu'elles ont enlevé aux tuyaux de ce métal.

Est-ce à dire pour cela que les autres sels renfermés normalement dans les eaux ne puissent pas favoriser la dissolution du plomb, et produire d'autres sels que du carbonate ? pas le moins du monde Ainsi, on a remarqué que les eaux

douces carbonatées calcaires se saturaient moins de sels plombiques que les eaux sulfatées oa chlorurées sodiques, parce qui! se fait sans cesse^ suivant les règles ordinaires de l'affinité, des échanges d'acides et de bases qui ont pour résultats de produire des sels de plomb plus ou moins solubles dans Teau.

A notre avis, Tair et Tacide carbonique libre ou combiné suffisent pour se rendre compte de la présence des sels de plomb dans les eaux, sans qu'il soit nécessaire de faire intervenir, pour cela, la réduction partielle des azotates, ou l'oxydation de l'ammoniaque, comme plusieurs chimistes l'ont hypothétiquement exprimé.

On a proposé divers moyens pour débarrasser les eaux douces de la petite quantité de sel de plomb qu'elles peuvent contenir : M. Kersting conseille de les faire filtrer>à travers du poussier de charbon : ce chimiste a reconnu qu'il suffisait de 30 èk 40 centigrammes de charbon de bois en poudre pour purifier complètement 5 litres d'eau qui était devenue saturnine, et même cuivreuse, par un séjour dans des réservoirs de plomb et de cuivre.

Il est facile de garantir l'eau du contact direct du plomb en remplissant préalablement les tuyaux d'une solution concentrée de sulfure alcalin (sulfure de sodium ou de potassium). Après un séjour de 10 à 15 minutes, il se produit à la surface du plomb une couche de sulfure qui agit comme un vernis, et qui exor pèche toute réaction ultérieure de l'eau sur le métal.

M. Hamon nous parait avoir tourné la difficulté en doublant les tuyaux de plomb d'une couche d'étain d'un demi-millimètre au moins d'épaisseur; mais il faut que ce doublage soit bien continu, qu*il adhère parfaitement à son enveloppe de plomb, et que, même auprès des soudures , il n'y ait aucune solution de continuité.

§ 1. Gonserrafelon dea eanac potables daaa les vases mètaUlqoes .

Dans beaucoup de localités privées d'eaux souterraines ou de cours d'eau, on recueille et on conserve les eaux pluviales dans des réservoirs en zinc ; d'autre part, la marine emploie quelquefois des vases en fer zingué ou galvanisé pour conserver Teau à bord des navires.

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