‹ Traité de chimie hydrologique comprenant des notions générales d'hydrologie et l'analyse chimique des eaux douces et des eaux minéralesChapitre 69 sur 299 · DOMESTIQUE · texte numérisé non relu

DOMESTIQUE

Une eau douce peut être impropre à la boisson, et être employée, avec avantage, pour certains usages de la vie domestique, comme le service des bains , des lavoirs, etc.

Il existe cependant quelques exceptions à cette règle; ainsi, Feau d'Arcueil ne peut cuire les légumes, ni dissoudre le savon, et malgré cela elle est utilisée en boisson par une partie de la population parisienne; mais, toutes choses égales d'ailleurs, on doit préférer les eaux qui réunissent toutes les conditions de pureté.

Les eaux de puits sont plus souvent destinées à la vie domes-

1. Nous devons dire cependant que les eaux vannes traitées par les sels métalliques comme les sulfates de fer et de zinc conservent encore assez souvent une odeur un peu désagréable.

Lefoiit, 2e édition. 13

tique qu'à la vie animale. M. Blondeau a montré que celles qui contiennent seulement 4 à 5 décigrammes de matières salines» et une petite quantité de substances organiques^ étaient propres à la boisson; avec 1 gramme, elles peuvent être bues sans trop d'inconvénient : mais elles ne cuisent pas les légumes et ne dissolvent plus le savon, lorsque la proportion de chaux ou de magnésie s'élève à 0?»", 1 ; enfin si, outre ces bases, elles renferment seulement 0»'', 1 de matières organiques, elles deviennent impropres et à la boisson et aux usages économiques.

Toutes les fois qu'une eau douce, même légèrement calcaire, est chauffée avec des matières organiques, le dépôt de sulfate et de carbonate de chaux entraîne avec lui, par suite d'affinités spéciales, une partie de ces substances dont les laques sont la plus exacte représentation. C'est ainsi que le thé, le café i, toutes les décoctions végétales, le bouillon de viande, etc., sont infiniment meilleurs, si on les prépare avec de Teau de pluie, qu'avec de Teau séléiiiteuse ou môme de rivière.

La présence des sels de chaux, en quantité un peu considérable, occasionne pour le savonnage des pertes de savon que les importantes recherches de MM. Boutron et Boudet permettent facilement d'apprécier.

« Ainsi, disent ces savants, étant donnée une eau qui marque 20" à rhydrotimètre, comme chaque degré représente 1 décigramme de savon neutralisé ou détruit, cette eau en décompose évidemment en pure perte 2 grammes par litre, ou 2 kilogrammes par mètre cube. »

Le tableau suivant, que nous empruntons à l'ouvrage de MM. Boutron et Boudet 2, indique dans quelles limites se fait cette perte de savon avec les eaux d'une pureté variable et d'origine diverse.

1. M. Huguenj rapporte que les chimistes Laurent et Gerhardt prenaient souvent, au laboratoire de la Monnaie, leur café préparé à l'eau distillée. {Recherches sur la composition chimique et les propriétés des eaux potables, Paris, Strasbourg, 1835. )

2. Boutron et Boudet. Hydrotimétrie. Nouvelle méthode pour déterminer les proportions des matières en dissolution dans les eaux do sources et de rivilres. Paris. 1866, 4* édition.

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