Belgpand. La Seine, études hydrologiques, 1873, p
2. Voici comment on raconte cette découverte. Un chauffeur anglais, ayant vidé sa chaudière, y avait placé, pendant qu'elle était encore chaude, des pommes de terre afin de les faire cuire; mais il les oublia, et elles restèrent dans le générateu lorsqu'on remit en marche. Quand, après laps de temps d'habitude, il arrôta la chaudière pour enlever le dépôt cal-
à Tannée 4820; on a calculé qu'il fallait i/4 d'hectolitre de ce tubercule, toutes les trois semaines, .pour une chaudière de grande dimension ; ^ les radicules d'orge provenant de, la préparation du malt à la dose de 4 kilog. par force de* cheval,, et tous les quinze jours;* 3° Targile délayée, suivant le conseil de Pdouze père : M; Chaix et M. Grouvelle ont montré qu^ 1'^. gile récemment délayée donnait des résultats très- satisfaisants^ mais à la condition de la renouveler tous les quinze jours; 4"^ la plombagine mélangée à la graisse, ou le goudron mélangé. à 1/5 dTitiile, que Ton emploie pour enduire entièrement les parois intérieures des chaudières; 5° le verre pilé; 6** la limaille de fer ; 7* les rognures très-minces de tôle , de fer-blanc ou de zinc dont l'effet consiste à récurer sans cesse Tintérieur des chaudières pendant Tébullition de Teau; 8*" le charbon de bois^ le graphite et le suif mélangés en parties égales, suivant le conseil de Sibbald; 9» la résine jaune employée, d'après Rutti, à la dose de 25 grammes par force de cheval; 10° la chicorée indiquée par Heikens; 11'' enfin les déchets de peaux des tanneries recommandés par Guillonet.
Parmi les matières organiques solubles, M. Guinon a signalé les avantages de la cassonade et de la mélasse, à la dose de 5 kilogr., tous les deux mois, pour une chaudière qui peut vaporiser 45 à 48 hectolitres d'eau par jour, M. Guimet se sert de sirop de glucose qu*ii verse dans une chaudière, à la dose de 3 kilogr., par mois, pour une machine de 8 chevaux marchant 44 heures par jour. Voilà pour les moyens mécaniques dont l'effet consiste, en général, 4® à diviser par leur présence les dépôts calcaires ; 2« à faciliter Tébullition de Teau de manière à éviter les vaporisations brusques et tumultueuses.
Il sulQt de connaître Taction que la chaleur fait éprouver aux • eaux douées pour comprendre tout de suite que les réactions cbioûqaes doivent jouer un grand rôle pendant la période de chauffe d'une chaudière à vapeur : là, encore, les procédés signalés pour empêcher la formation des incrustations sont
Caire, il le trouva remplacé par un liquide très-épais et boueux ; il se rappela alors les pommes de terre laissées dans l'appareil et leur attribua ce résultat si remarquable : l'expérience qu'il répéta plusieurs fois vint confirmer son opinion. (Laboulaye. Dictionnaire des arts et manufactures, art. Incrustation*.)
aussi nombreux que variés et nous allons passer en revue les plus usuels.
Lorsqu'une fabrique ou une usine munie d*un appareil à vapeur ne dispose que des eaux de puits de mauvaise qualité, le moyen le plus simple consisterait à les purifier avant de les introduire dans le générateur : c'est pour cela qu'on a proposé, tour à tour, la chaux délitée, le carbonate de soude et même la soude caustique. Cette opération préalable est encore suivie par quelques industriels, mais comme elle nécessite' des réservoirs de grande capacité , et une main-d'œuvre spéciale, on préfère se servir d'agents chimiques que Ton introduit dans les chaudières elles-mêmes.
Les eaux les plus incrustantes, avons-nous dit, sont celles dans lesquelles le sulfate de chaux prédomine, puis viennent celles qui contiennent beaucoup de bicarbonate de chaux; c'est donc à décomposer ces deux sels que tous les efforts aboutissent.
Le chlorhydrate d'ammoniaque a été signalé par des ingénieurs hollandais comme très-propre à empêcher la production des incrustations calcaires : sous l'influence de ce réactif, il se forme du chlorure de calcium et du sulfate ou du carbonate d'ammoniaque qui sont tous trës-solubles. La proportion qu'on a indiquée est celle de 1^250 de sel pour 1 mètre cube d'eau; mais malgré cette quantité relativement considérable de sel ammoniac, la réaction n'est pas aussi nette que la théorie le fait supposer, car les dépôts qui existent dans le générateur sont abondants et très-riches en sulfate de chaux. L'emploi du chlorhydrate d'ammoniaque ne peut donc être recommandé comme donnant des résultats avantageux.
Le chlorure de baryum a été proposé par M. Kuhbnann père, pour séparer la chaux de leurs combinaisons sulfurique et carbonique; il se fortne bien du carbonate et du sulfate de baryte insolubles, mais ces sels, en poudre excessivement impalpable, ne présentent pas les mêmes inconvénients que le carbonate ou le sulfate de chaux qui affectent toujours dans les incrustations des formes cristallines bien caractérisées.
L'emploi du chlorure de baryum offre des avantages réels pour les eaux très-chargées de sulfate de chaux, telles que celles du bassin de la Seine.
L'alun et le silioate d'alumine hydraté, ou savon mijaéral^ introduits dans les générateurs de vapeur, avec des eaux séléniteuses , ont eùc&ce pour effet de décomposer les sels de chaux, et de donner naissance à des précipités qui ne sont pas inomstants > mais ils ont ^inconvénient d'augmenter la quantité des matières insolubles des eaux et de gôner le jeu des robinets et des soupapes.
Le chlorurede zinc a été également signalé comme un moyen efficace de décomposer le sulfate et le carbonate de chaux en produisant du chlorure de calcium et du sulfate et du carbonate de zinov M. Dekndre, qui a recommandé ce sel, l'emploie à la dose de 1 kilogr. pour un volume de 15 à 1,600 litres d'eau. Mais les essais entrepris depuis ont montré que le sulfate de chaux n'était pas décomposé et qu'une partie seulement du chlorure de zinc réagissait sur le carbonate calcique.
On a fait depuis longtemps la remarque que beaucoup de matières organiques contenant du tannin ou des matières colorantes avaient la singulière propriété d'enrayer la formation des concrétions calcaires : l'industrie a mis cette réaction à profit pour précipiter, sous des formes diverses, les sels de chaux dans les eaux qui alimentent les chaudières à vapeur. Ainsi, MM. Néron et Kutz ont indiqué une décoction de bois de campéche ou de tan ayant de 10 à 20 degrés de concentration, que Ton introduit dans un générateur dans la proportion de 1 litre au moins sur 1000 litres d'eau au plus.
M. Mallet, qui a Mi connaître avec beaucoup de détails les observations de MM. Néron et Kutz , considère comme trop forte de moitié la dose de campéche. Du reste, cette quantité n*a rien d'absolu^ car elle dépend tout à fait de la qualité des eaux dont on dispose (Laboulaye, Dictionnaire de$ arts et manufactures^ art. Incrustation).
 la décoction de bois de campéche on a substitué, suivant les fabriques, les copeaux et l'extrait résineux de campéche; la poudre de bois d'acajou (M, Roard) ; la sciure de bois de toute nature (M. Elsner) ; la poudre de chêne (MM. Hill et Gavé) ; la décoction de cachou dans, une eau chargée de carbonates de potasse et de soude (M. Saillard).
Voici la théorie que MM. Néron et Kutz assignent à la réaction des matières colorantes sur les sels de chaux : « Les par-
celles calcaires, en passant de Têtat de dissolaiion h l'état solide, se trouvent enveloppées de matière caknranfte, qiû a pour elles une certaine affinité. Cette enveloppe les empocha de se joindre et d'adhérer entre elles, ainsi qu'au fer de la chaudière. Cette espèce d'habit de la molécule calcaire eut un préservatif de raflinité d'agrégation. » En un mot, il se produis d&, véritables laques, et les eaux, ainsi privées de leurs sels incrustants, n'offrent plus de dangers pour les explosions des chaudières.
Le bas prix auquel les fabriques livrent aujourd'hui la soude caustique a fait employer cet alcali pour enrayer la production des incrustations; pour cela on se sert d'une lessive de soude caustique à 25<^, que Ton introduit dans la chaudière k la dose de 1 kiiogr. par force de cheval et par mois.
La soude ne donne pas toujours de bons résultats parce qu'on a remarqué que si le sulfate de chaux est très-abondant, en fait, ce sel se dépose avant que Talcali n'ait réagi sur la masse entière du liquide ; Fincrustation qui se produit ne disparait pas.
De tous les agents chimiques que nous venons de passer en revue, aucun ne produit des résultats aussi satisfaisants, au point de vue de l'économie, de la simplicité et de la réussite, que le carbonate neutre de soude.
M. Kuhlmann père , qui a étudié d'une manière spéciale la réaction qui intervient entre le carbonate de soude et le sulfate et le carbonate de chaux, a observé qu'en introduisant dans la chaudière le sel de soude avec l'eau, la décomposition du sulfate et du bicarbonate de chaux se faisait autrement qu'à l'air libre. L'acide carbonique du bicarbonate de chaux forcément mis en liberté, et soumis à une température élevée, sous une forte pression, permet au carbonate neutre de chaux de se déposer lentement, à l'état de poudre légère et amorphe, tandis que le sulfate de chaux est décomposé dans le même temps en sulfate de soude et en carbonate neutre de chaux.
M. Kuhlmann a trouvé que pour les eaux de puits, très-riches en carbonate de chaux, la quantité de carbonate de soude était de 400 à 150 gr. par force de cheval et par mois de travail.
Nous devons ajouter en terminant que, dans les grandes fabriques du Nord, on se sert de carbonate de soude, et, généralement, on constate que ce procédé est préférable aux bois ce-
iorés et à la prupart des ÎBgréâi^nta ia&QluJ>les qui» par leur nature et leur aboflodanter, slnt0rpo&€^Qt sppyeut dans les soupapes et lés robiaets» > •
Dans tous les oasy telle matière qui pe.at eippêcher la formation des mcrastationâiaveç une eau douce d'une composition donnée, ne foumka haï contraire quç d.es résultats désavantageux avec une autre eau de composition différente. Dans cette drconslance comme dans toutes, les autres, c'est à l'analyse chimique qu'incombe la mission d'éclairer Tindustrie.