‹ Traité de chimie hydrologique comprenant des notions générales d'hydrologie et l'analyse chimique des eaux douces et des eaux minéralesChapitre 92 sur 299 · TRANSPORT ET CONSERVATION DES EAUX MINÉRALES · texte numérisé non relu

TRANSPORT ET CONSERVATION DES EAUX MINÉRALES

EN ROUTEILLES

g !«'• — BmboittAlUaffe de« eaux minérales.

Nous allons étudier, dans ce chapitre, les modifications et les altérations que les eaux minérales subissent lorsqu'on les met en bouteilles pour les transporter loin des sources, mais d'abord parlons des manières dont on procède à rerabouteillage.

Nous venons de dire tout à l'heure, que lorsque les eaux minérales, appartenant à un même groupe de sources, ont une composition chimique à peu près identique, mais des températures différentes suivant les griffons, l'usage fait préférer, pour la boisson, les sources froides ou tempérées aux sources thermales. C'est le môme principe que l'on suit pour Tembouteillage de ces eaux parce qu'on a constaté que, toutes choses égales d'ailleurs, les eaux froides se conservaient plus long* temps que les eaux à haute température, et ensuite qu'elles étaient la représentation plus ûdèle de l'eau considérée à son griffon.

Le mode le plus primitif et le plus simple d'embouteiller les eaux minérales consiste à employer des bouteilles en verre, noir, parfaitement lavées avec Teau minérale elle-même, et que l'on plonge dans le puits ou le réservoir de manière qu'elles s'empUssent le plus vite possible. On les bouche aussitôt à l'aide de bouchons fins , neufs, préalablement trempés dans l'eau de la source, et que Ton introduit avec force dans le goulot des bouteilles au moyen d'appareils de compression.

Mais si les réservoirs ou les puits qui reçoivent directement les eaux minérales à la sortie du sol ne sont pas abordables, si, par exemple, les eaux se font jour à travers les fissures des rochers, sur le versant d'une colline ou d'une montagne, on les circonscrit dans une muraille en maçonnerie, et, à la base

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de celle-ci, on place une cannelle qui sert à recueillir et à embouteiller le Uquide qui s'en écoule.

Pour que Teau minérale destinée à une conservation plus ou moins longue, dans des bouteilles, soit aussi naturelle que possible, il est indispensable qu'elle ne reçoive pas le contact de l'air pendant son embouteillage ; c'est pour arriver à ce résultat que dans plusieurs stations françaises et étrangères oa a imaginé de remplir les bouteilles de bas en haut par un tube plongeur. Par ce moyen, l'eau et les gaz spontanés qui sont entraînés souvent avec elle, déplacent la colonne d'air du vase sans subir de barbotage et sans recevoir le contact de l'air, si ce n'est la couche la plus superficielle du liquide qu'on élimine avant d'y placer le bouchon.

MM. Jules François et Filhol ont fait connaître sur l'embouteillage des eaux, en général, le résultat de recherches trèsintéressantes dont voici les résultats.

Ils ont d'abord constaté que les variations atmosphériques avaient une grande influence sur la conservation des eaux minérales peu stables, telles que les sulfurées et les ferrugineuses. Pendant les orages, les eaux ferrugineuses abandonnent plus facilement leur fer que lorsque le baromètre est très-élevé. M. Goin a reconnu que, pendant la période des pluies, les eaux minérales de Saint-Alban que l'on embouteillait devenaient fades, d'une digestion quelquefois difficile et qu'elles déposaient très-rapidement le fer qu'elles contenaient en dissolution. Un .temps froid, sec, avec le vent du Nord, est, au contraire, reconnu le plus propice à la bonne conservation de l'eau de cette station.

MM. Jules François et Filhol étaient arrivés déjà au sujet des eaux minérales sulfurées à des résultats identiques, car ils avaient observé qu'un temps brumeux, et les vents de Sud -Est et de Sud- Ouest affaiblissaient les principes sulfurés et étaient défavorables à l'embouteillage et à la bonne conservation. Le contraire à lieu par un ciel pur et par les vents d'Est, du Nord et du Nord-Est.

Ces savante ont encore trouvé que les eaux à principes instables, et notamment les sulfurées, gagnaient, sous le rapport de leur conservation, à être puisées à une température peu élevée, voisine de la température ordinaire : c'est ce qui a conduit

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