TRANSPORT ET CONSERVATION, ETC
M. Jules François à proposer rembouteillage aux Eaux-Bonnes et à Bagnères de Lucbon au moyen d'un serpentin réfrigérant interposé entre le robinet de prise et la bouteille ou le vase en remplissage. Ce serpentin, alimenté par de Veau froide de 11<> à 15"* (condition facile à remplir en pays do montagnes), se compose d*un sceau, ou d'une caisse de bois ou de zinc, contenant un serpentin formé par un tuyau de plomb étamé de 15 millimètres d'épaisseur, ayant de 10 à 20 mètres de développement, selon la température de Teau à refiroidir. On prend d'ailleurs les mesures propres à assurer l'écoulement à tuyau plein dans le serpentin, sans aucun entraînement ni contact de Tair exté« rieur.
De nombreuses expériences ont été faites jusqu'à ce jour pour remplir les bouteilles d'eau sulfurée en présence seulement d'un gaz inerte tel que l'azote, mais aucun procédé n'est considéré comme assez pratique pour être recommandé.
M. Mayet a attiré l'attention sur les avantages que présentaient, pour la conservation prolongée des eaux minérales, les bouteilles qui sont rondes à leur partie inférieure et qui ne peuvent par cela même se tenir debout.
En effet, lorsque les bouteilles remplies d'e^u minérale sont restées plus ou moins longtemps debout, le bouchon cessant d'être constamment mouillé, se sèche peu à peu, et le gaz carbonique sous la pression continuelle qu'il exerce, s'ouvre un passage à travers les pores du bouchon ou dans les interstices entre le bouchon et le goulot de la bouteille, et s'échappe en plus ou moins grande quantité, malgré la superposition d'une capsule métallique. D'autre part, les eaux sulfurées, par suite du vide qui se produit entre le bouchon et le liquide, absorbent peu à peu de Toxygène provenant de l'air qui a suivi le même passage, mais en sens inverse que l'acide carbonique des eaux dîtes gazeuses.
Si les bouteilles sont couchées tous ces inconvénients dispatraissent parce que les bouchons étant toujours mouillés opposent un obstacle réel à la sortie comme à la rentrée des gaz.
Telles sont les raisons qui ont fait adopter depuis longtemps la forme de ces bouteilles pour les eaux minérales de Spa et pour toutes les eaux minérales artificielles préparées en Angle-
terre. Depuis quelques années une partie des eaux minérales de Vichy est embouteillée de la même manière.
La mise en bouteilles auprès des sources d'eaux minérales bicarbonatées en général, est une opération qui mérite encore des soins particuliers. Fréquemment, lorsqu'on se rend dans les stations où sont placées ces sources^ on rencontre des buveurs qui remplissent aux neuf dixièmes seulement des bouteilles qu'ils emportent ensuite. Leur but est de laisser aux gaz qui s'échappent pendant le transport un espace libre, sans lequel, disent-ils, le vase éclaterait. Le moyen n'est nullement rationnel. Plus une eau gazeuse a de facilité pour se mouvoir dans un espace quelconque, plus il se dégage de gaz carbonique libre. En Allemagne, il faut bien l'avouer, on comprend mieux qu'en France le remplissage des eaux bicarbonatées très-gazeuses. Que Ton examine une bouteille d'eau de Wildungen, on sera tout étonné de la voir remplie presque jusqu'au bouchon : tout au plus a-t-on réservé un à deux centimètres cubes d'espace pour là dilatation du liquide. Il faut dire aussi que les bouchons sont.maintenus avec du fil de fer très-résistant.
Mais ici se présente une autre difficulté. La présence d'une petite quantité d'air atmosphérique n'est-elle pas indispensable pour faciliter la digestion des eaux minérales? Ne peut-il se faire que l'air dissous normalement, puis la portion fournie par l'atmosphère et confinée entre le bouchon et le liquide, venant l'un et l'autre à disparaître par suite de la combinaison avec le sel de fer, soient la cause que les eaux transportées sont moins facilement supportées par l'estomac que celles bues à la source? Un exemple, qui n'est sans doute pas le seul, va jusqu'à un certain point étayer cette manière de voir. Les sources de Saint- Âlban sont très-profondes; les eaux très-gazeuses et à peine aérées : or M. le docteur Goin, de qui nous tenons ces détails, a fait souvent l'expérience qu'en allant chercher Teau minérale dans les profondeurs de la source, elle était très-lourde à digérer; si, au contraire, on la puise à la surface, elle produit un effet tout contraire. Il y a, ce nous semble, tout un ordre de faits très-intéressants à poursuivre et sur lesquels nous attirons l'attention des médecins inspecteurs.
Le bouchage est une opération non moins importante pour la conservation des eaux minérales.
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Fig. 10.
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de la cupsulô au-dessous de la bague du vase; souvent même la tension de la corde, lorsque les capsules sont minces, suffit pour arriver à ce but.
Si Ton examine le bouchon d'une bouteille d'eau minérale ferrugineuse^ conservée depuis quelque temps, on voit que toute la partie en contact avec le liquide s'est colorée en brun ou en noir. La petite portion de matière tannante que renferme le liège a alors réagi sur le sel de fer dissous. Pour ob*vier à ce genre d'altération, on a proposé différents moyens. Le premier consiste à faire macérer les bouchons dans l'eau minérale eHe-môme, de manière à saturer préalablement' l'acide tannique. Le second, indiqué par M. Boulonmié, est basé sur une réaction semblable; mais au lieu d'eau minérale, on se sert d'une solution de sulfate de fer ; on lave ensuite le bouchon à grande eau. Une commission désignée par la Société d'hydrologie de Paris, à l'effet de contrôler le procédé de M. Boulonmié; a reconnu que lorsque l'acide tannique était neutralisé, les eaux ferrugineuses se conservaient mieux i. Enfin, pour restituer aux eaux de cette classe, le fer qui tend à se précipiter, on a encore proposé de fixer dans le bouchon, un clou ou un morceau de fil de fer, qui plonge de quelques centimètres dans le liquide.