‹ Traité de chimie hydrologique comprenant des notions générales d'hydrologie et l'analyse chimique des eaux douces et des eaux minéralesChapitre 99 sur 299 · MÉTAMORPHISME DES ROCHES PAR LES EAUX · texte numérisé non relu

MÉTAMORPHISME DES ROCHES PAR LES EAUX

Certaines roches portent lu trace évidente des modifications qui se sont produites sur elles, postérieurement à leurs dépôts, et c'est pour qualifier ce changement que les géologues et les minéralogistes ont créé le mot spécial demétamorphiame : c'est ainsi que quelques bancs calcaires se chargent, par places, de

1. lùîveil, Annales de la Société d'hydrologie I8)l-Î86îî, t. VIII, p. l'2!?;

magnésie et se transforment en dolomie ; d*âutres fois, c*est le zinc, au lieu de la magnésie, qui remplace une partie de la chaux, et Ton a ainsi des gisements de calamine. Ce nouveau minerai de zinc reproduit fidëlement les caractères extérieurs habituels à la roche calcaire, à ce point que Tanalyse chimique et la vérification de la densité permettent seuls de les distinguer.

C'est là un des genres de métamorphisme.

Plusieurs roches feldspathiques, par leur structure compacte, par les cristaux de diverse nature dentelles sont pénétrées, et qui sont noyés, en quelque sorte, dans la masse, offrent tous les caractères de roches pqrphyriques placées souvent dans leur voisinage, et dont l'origine est certainement éruptive. Mais, lorsqu'une carrière vient à être ouverte pour l'exploitation de ces roches, on y rencontre les empreintes de végétaux dont l'état de conservation est souvent remarquable, et qui attestent d'une manière irrécusable leur formation par voie de sédiment : ces exemples sont fréquents dans la chaîne des Vosges, particulièrementaux environs de Thann,deGuebwiller, deMassevaux, etc.

Dans ce deuxième cas, le métamorphisme s'est opéré d'une manière plus complète puisqu'il a modifié d*une façon profonde les caractères extérieurs de la roche, et on peut se demander si Tintroduction de la silice n'a pas été la cause qui a le plus efficacement contribué à la formation de ces cristaux et au changement si radical de la structure.

Si ces altérations de la roche primitive sont incontestables, il règne encore une grande obscurité sur.la façon dont elles ont pu se produire ; tantôt on a supposé que la chaleur émise par les roches éruptives du voisinage, les gaz, les vapeurs aqueuses plus ou moins imprégnées de matières minérales, avaient été les agents de cette tranformation : tantôt on a admis que l'eau elle-même avait introduit ces nouvelles substances et favorisé leurs combinaisons.

L'étude attentive des sources minérales, la recherche de leurs gisements et de leurs conditions d'émergence ont fourni, à cet égard, des indications précieuses. C'est ainsi que l'on a pu différencier les substances qui accompagnaient certains gitcs minéraux de celles que les eaux minérales avaient déposées comme résultat d'une action lente , continue, et qui s'est perpétuée jusqu'à nos jours.

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Dans les travaux considérables que M. Jutier , ingénieur des mines, a exécutés à Plombières ^ pour poursuivre les sources au travers du granit d*où elles émergent, il a pu constater que les eaux arrivaient au jour par des fentes qu'elles avaient tapissées de cristaux de quartz, de spath fluor, représentant quel* ques-uns des matériaux qui font partie de la composition des eaux thermales elles-mêmes. Des couches de 10 à i5 centimètres d'halloysite remplissaient encore ces filons, et on aurait pu les confondre avec celles qui accompagnent, dans le Périgord, les gisements de fer et surtout de manganèse des environs de Thiviers et de Nontron : pour compléter l'analogie, cette halloysite était pénétrée de veinules noires de Braunite. Le granit, généralement compacte, était profondément décomposé au voisinage de ces filons, et il semblait que l'eau minérale lui avait en quelque sorte servi de véhicule , pour déplacer la silice de son gisement primitif et l'entraîner dans d'autres combinaisons.

Dans les alluvions anciennes, inférieures aux travaux romains, et depuis longtemps traversées par les sources thermales dé Plombières, on trouvait de longues traînées d'une argile rougeâlre, fortement alumineuse, représentant une sorte d'halloysite plus grossière et en voie de formation.

Ces dépôts appartiennent assurément à l'époque géologique, mais Taction des sources thermales sur les objets placés à leur portée par les Romains, témoignaient hautement que cette action se poursuivait encore de nos jours.

Les masses de béton que ces puissants constructeurs avaient déposé pour se rendre maîtres des sources de Plombières, offraient une soUdité exceptionnelle, mais seulement dans les parties imprégnées par l'eau minérale. Dans les portions assez rares qui avaient été soustraites à son action, on ne trouvait qu'un mélange, presque sans consistanco, de briques mal cuites et de chaux de quaUté médiocre ; la brique elle-même, lorsqu'elle se trouvait seule plongée dans l'eau minérale n'avait rien qui rappelât, il s'en faut, le caractère indestructible des travaux de cette époque.

L'examen plus approfondi du béton rendait compte de cette différence : ces eaux, riches en silice, mises en présence de cette

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