‹ Traité de chimie minérale et organique (volume 2)Chapitre 102 sur 359 · CARBONATE DE CALCIUM · texte numérisé non relu

CARBONATE DE CALCIUM

pose des rhomboèdres lorsqu’on l’abandonne à elle-même; des prismes, si onia cliaiilTeà90° ; mais si on la chauffe sous pression , à une température plus élevée, il se forme des rhomboèdres, qui ''Se redissolvent par le refroidissement (Hall, Bucliliolz, G. Rose).

Le carbonate de calcium est très légèrement soluble dans l’eau. Lorsqu’on fait bouillir sa solution dans l’acide carbonique en excès, il en reste finalement 0®h036 en dissolution dans 1 litre, après que tout l’acide carbonique a été expulsé (Weltzien). Sa

■ solubilité dans l’eau chargée d’acide carbonique est beaucoup plus forte. L’eau saturée d’acide carbonique à 10° en dissout

■ O^hSS par litre d’après Bineau. Sous pression, cette quantité peut atteindre 3 grammes par litre (Caro). On admet que cette solution renferme un bicarbonate de calcium^ mais ce sel acide n’a jamais

I été isolé.

Cette solubilité du carbonate calcique joue un grand rôle dans 1 la nature, car c’est grâce à elle que toutes les eaux telluriques

■ contiennent ce sel en quantité plus ou moins forte. Chauffées, ces s eaux perdent leur acide carbonique et abandonnent à peu près i tout le carbonate dissous, soit sous forme pulvérulente, soit sous

forme compacte ; les incrustations des chaudières à vapeur sont dues à cette cause. La même chose arrive sous l’influence d’une 1 diminution de pression ou par l’exposition à l’air. Ces deux causes

■ interviennent quelquefois simultanément lorsque les eaux calcai- ' res arrivent d’une certaine profondeur à la surface du sol. Le car- ] bonate calcique se dépose alors plus ou moins rapidement, recou- ’ vrant les objets qu’on plonge dans l’eau (eaux incrustantes de

Saint-Allyre et autres), ou s’accumule en masses compactes for- ! mant les travertins et les tufs calcaires. Ces travertins offrent une ; structure cristalline due le plus souvent à la production d’arrago- J nite (G. Rose).

La formation des stalactites a la même origine. L’eau, suinf tant goutte à goutte à travers une roche en saillie ou le plafond ' d’une grotte, perd de l’acide carbonique et abandonne du carbo- ' nate de calcium qui forme à l’origine un dépôt annulaire ; celui-ci augmente peu à peu et donne ainsi naissance à une masse cylindroconique, souvent creuse suivant son axe et qui constitue la stalactite. Les gouttes qui tombent sur le sol continuent à déposer le reste du carbonate tenu en dissolution, formant ainsi une stalagmite qui a la même forme conique que la stalactite, mais ayant son

SELS OXYGÉNÉS DU CALCIUM

sommet opposé. Le phénomène se continuant, la stalagmite et la stalactite se rejoignent pour former une colonne dont le diamètre va ensuite en augmentant. Ces stalactites ont une structure cristalline et compacte ; elles sont quelquefois assez dures pour pouvoii* être travaillées, de manière à en faire des objets d’ornementation.

863. Action de la chaleur. — Le carbonate de calcium est dissocié par la chaleur; cette dissociation ne commence qu’au delà de 400° et, si l’on opère à l’air libre, elle est alors illimitée. En vase clos elle atteint une limite dépendant de la température (t. I, 8, p. 11). La décomposition du carbonate calcique est favorisée par la vapeur d’eau et commence à se produire dans ce cas à une température beaucoup plus basse.

Inversement, la combinaison de l’anhydride carbonique avec la chaux anhydre, complètement nulle à la température ordinaire,

- ne commence à s’effectuer que vers 400° (à 415° d’après MM. Birnbaum et Malin), c’est-à-dire à la température où commence la dissociation.

Si l’on chauffe le carbonate de chaux à une température élevée dans un canon de fusil hermétiquement clos, la dissociation étant forcément très limitée, on peut atteindre la température de fusion du calcaire qui prend une texture cristalline par le refroidissement; cette expérience duc à Haies, rendrait compte de la présence du marbre dans les terrains de cristallisation ou dans leur voisinage.

Usages. — Le calcaire sert à la fabrication de la chaux vive. Il est employé dans les constructions comme pierre à bâtir. Les diverses variétés de marbre servent dans l’ornementation architecturale ou statuaire. La c,v^\q [blanc de Meudon, blanc d' Espagne) est employée pour le polissage des métaux, du verre, etc., pour la peinture à la colle ou à la détrempe.

864. Carbonates doubles. — Boussingault a fait connaître un carbonate sodico-calcique, la gaylussite, trouvé à Mérida (Mexique), C^O®CaNa'^ -h 5H^O, qui n’est décomposable par l’eau qu’après calcination. On l’obtient artificiellement en laissant séjourner longtemps du carbonate calcique précipité avec une solution concentrée de carbonate de sodium (Fritzsche).

La barytocalcite ou alstonite est un carbonate de baryum et de calcium, isomorphe avec l’arragonite. hdi dolomie^ isomorphe avec le spath, est un carbonate double de calcium et de magnésium.

MÜNÜSULFURE UE CALCIUM.

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