‹ Traité de chimie minérale et organique (volume 2)Chapitre 108 sur 359 · STRASS · texte numérisé non relu

STRASS

Sifice. . . .'

Chaux

Soude

lo,2

Potasse

Magnésie

Alumine

Oxydes de 1er et de

manganèse

Oxyde de plomb

894. Propriétés physiques. — La densité du verre varie avec sa composition ; il en est de même du pouvoir réfringent, propriété importante à considérer, surtout pour les verres d’optique. Voici ces données pour quelques verres :

Indice

Coeir.

Densité.

de réfraction,

de dilatation

raie D.

cul,, de 0 à 100’

Verre de Bohême

— à glaces ,

— à vitres. Crown glass. '

— à bouteilles

OisLal ordinaire

— de Guinand (Elint)..

Verre de thallium

895. Action de la chaleur sur le verre. — La fusion du verre et la solidification du verre fondu ont lieu eu passant par tous I. — fTiimie Tninr'Talf*. 13

VICK U K.

l(^s degrés du rumullissomeid cL ù iiikî ccudaiiie lein]jéi’alui‘(3, V('rs 770", il odre uik‘ grande plaslicilé (jiii permel de lui donner loutes les (ormes voulues; par le souflkige, ou en (ail des ballons, des cylindres, etc.; en l’étiraid: on en fait des tubes qu’on peut obtenir d’une ténuité extrême ; le passage au rouleau fournit les glaces; le moulage, les bouteilles, etc.

Le verre, étant mauvais conducteur de la chaleur, est très fragile et se brise violemment lorsque, étant chaud, il subit un refroidissement brusque. De même, le verre qui après avoir été travaillé n’est pas refroidi lentement, se rompt sous la moindre iniluence ; (le là la nécessité de le recuire^ opération d’autant plus importante que le verre est plus épais. Le recuit s’obtient en introduisant les pièces immédiatement après leur fabrication, et encore rouges, dans une galerie chauffée par la chaleur perdue ou dans un four spécial [carcaise)^ où elles cheminent lentement enpassant des parties les plus chaudes aux parties les plus froides.

Lorsque le verre a été brusquement refroidi, les parties extérieures se solidifient aussitôt, tandis que l’intérieur passe par l’état pâteux et le travail moléculaire de contraction qui s’y fait se trouve gêné par l’enveloppe solide; de là un équilibre instable qui est brusquement détruit par une lésion de l’enveloppe. Ce phénomène est très prononcé dans les fioles iV épreuves et dans les larmes bataviques. Les premières (fig. 191) sont des pièces soufflées, en verre très épais, destinées à reconnaître l’état d’affinage du verre fondu. La chute d’un petit caillou dans ces fioles ou un léger changement de température suffisent pour les faire éclater.

Les larmes bataviques (fig. 192) sont des gouttes de verre fondu qu’on a fait tomber dans de l’eau froide : le gros bout de ces larmes peut être frappé assez fortement avec un marteau sans qu’il y ait rupture ; mais si l’on brise l’extrémité effilée, la larme fait explosion et se réduit en poussière. Cette rupture est accompagnée d’une élévation de température et môme de lumière.

M. de Luynes a montré que ces effets sont dus à un état particulier d’équilibre des couches extérieures et non de la masse intérieure, comme on l’avait jiensé. On peut, en effet, en plongeant Tune ou l’autre cxlrémité d’une larme balavi<iue dans l’acide lluor-

Fig. 191.

DÉVITÜFFICATION.

iiydri(|ue, (lissoiidi’O la paidio oxléricuro, sans qu’il se pi’oduise aiicuii phénomène de rupture, même lorsqu’on vient ensuite à briser la pointe.

896. Verre trempé ou durci. — Le verre acquiert par la trempe une grande dureté et, contrairement à ce qu’on aurait pu croire d’après ce qui précède, une solidité et une élasticité beaucoup plus grandes; à condition pourtant que la trempe ait été faite dans certaines conditions, qui ont été très bien établies par l’inventeur du verre trempé, M. de la Bastie.

Pour obtenir le verre durci, on porte l’objet à tremper à une température voisine de celle du ramollissement, puis on le plonge dans un bain d’huile ou de graisse porté à 110 ou 300% suivant la nature du verre, le verre le moins fusible exigeant le bain le plus chaud. Le verre trempé supporte des chocs infiniment plus forts que le verre ordinaire; une lame de verre trempé peut être ployée facilement sans se rompre; les bobèches en verre trempé ne se brisent pas lorsqu’on les projette sur le sol. Enfin le verre trempé peut subir des cbangements brusques de température. Par contre, lorsqu’il se brise, il éclate à la manière des larmes bataviques en projetant des fragments dans toutes les directions.

897. Cristallisation du verre. Dévitrification. — Lorsqu’on maintient longtemps le verre à une température élevée, il perd sa transparence et prend un aspect porcelané. Ce fait avait été observé par Réaumur en 1727 ; de là le nom de ])orcclainc de liéaumur qu’on a donné au verre ainsi dévitrifié.

La dévitrification du verre est due à la production de silicates cristallisés, empâtés dans un silicate amorphe. Lorsqu’un verre prend cet état, il n’est plus propre à être travaillé. Ce sont surtout les verres magnésiens, comme le verre à bouteille, qui paraissent se dévilrilier le plus facilement sous rinlluence de la chaleur.

Action du la uimiichk sur lk vkriU':. — Le verre, suri ont le verre

VKlUUi.

à vitres, prend peu <ï peu, sous riiillueiice di's rayons solain's, uik! (ointe jaune, puis rosée et enlin violette. La cause de cette altération est encore inconnue.

898. Propriétés chimiques. — Le verre de fabrication moderne résiste en général bien à l’action de rcan à froid, il n’en était pas de meme des verres anciens, qui étaient beaucoup plus alcalins et qui ont subi à la longue l’action de l’eau; ceux qui sont arrivés jusqu’à nous sont profondément altérés. Il en est de meme des carreaux à vitres d’époque plus récente, qui ont subi l’action de l’air et de l’eau. Les verres ainsi altérés ont perdu une partie ou même la totalité de leur silicate alcalin et présentent un aspect chatoyant et nacré offrant les reflets irisés des lames minces qui, dans ces cas, sont dues à des pellicules de silicate calcique. On peut produire cette irisation du verre en le chauffant sous pression avec de l’acide chlorhydrique étendu.

Peu de verres résistent à l’action do l’eau bouillante qui, à son contact, prend rapidement une réaction alcaline. Cette action est très prononcée avec les vases neufs et diminue par l’usage. Elle est très importante à considérer au point de vue de l’emploi des vases de verre dans les analyses de précision.

Les acides étendus agissent à la manière de l’eau. Les alcalis enlèvent de la silice au verre, et une foule de solutions salines agissent soit à la manière des acides, soit à la manière des alcalis.

L’action de l’eau sur le verre a, en premier lieu, été constatée par Lavoisier, qui démontra par pesées que le sédiment laissé par l’eau, distillée un grand nombre de fois dans un vase «le verre, provient uniquement do celui-ci et n’est pas le résultat d’une transformation do l’eau en terre, suivant une opinion alors admise.

Tous les verres sont attaqués par l’acide fluorhydriqiie, qui est employé pour sa gravure (446) et pour son analyse (664).

899. Fabrication du verre. — L’invention du verre remonte aune haute antiquité ; la tradition l’attribue aux Phéniciens ; mais la découverte cio vases de verre dans les nécropoles égyptiennes montre qu’elle remonte beaucoup plus haut, soit à trois mille ans environ avant l’ère chrétienne. C’est la ville «le Thèbes qui paraît avoir été le siège principal de l’industrie du verre chez les Égyptiens; on a trouvé dans les grottes de Beni-llassan des sculptures représentant des verriers thébains occupés à soufller le verre à l’aide de cannes, comme on le fait encore de nos jours. La fabrica- •

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