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GROUPE DU MAGNÉSIUM

902. Les métaux de ce groupe, c’est-à-dire le glucinium, le magnésium, le zinc et le cadmium sont des métaux à peu près inaltérables à l’air, ne décomposant l’eau qu’à une température élevée et ne donnant qu’une classe de composés, dans lesquels ils sont diatomiques. Leurs oxydes sont insolubles dans l’eau, sauf celui de magnésium, qui du reste n’est que fort peu soluble. Leurs sulfates sont solubles et leurs carbonates et phosphates normaux sont insolubles.

GLUCINIUM ou GLUCIUM. - Gl = 9,2.

903. L’oxyde de glucinium ou glucine a été découvert en 1798, par Yauquelin, dans l’émeraude de Limoges ou béryl. Son nom est dû à la saveur sucrée de ses sels. Dans les nomcuclalures élraiigères, il porte L nom d(' hkiiylmu.m avc'c b' symbole Re (|ui indique son origine.

GLUCINIUM MÉTALLIQUE.

Lo béi’y], (SiO^)”(Al‘)GP est un silicate d’aluminium et de glucinium, généralemeut coloré en vert ou eu bleu verdâtre (aig’uemarine). Parmi les autres minéraux renfermant du glucinium, nous citerons la phénacite, qui est Tortliosilicate SiO^GP; Veuclase I est uu orthosilicate alumiiio-glucique basique SPO^WPGPH^ qu’on peut représenter par la formule (Si0'')^(AP)(G1.0H)^. Le chrifaobérijl ou cijmophane est l’aluminate APO''Gl.

904. Glucinium métallique. — Wœbler l’a isolé en 1828 sous forme d’une poudre grise en réduisant ^e clilorure de glucinium • par le potassium. M. Debray l’a obtenu sous forme compacte en disposant, dans un tube de verre, deux nacelles renfermant l’ime du chlorure de glucinium, l’autre du sodium. En ctiaulïant le tube traversé par un courant d’hydrogène, on fait passer les vapeurs de chlorure de glucinium sur le sodium fondu. Ce métal se trouve linalement converti en une matière noirâtre, mélange de chlorure de sodium et de paillettes ou de globules de glucinium. On fond cette masse et on la lave à l’eau.

Le glucinium est un métal blanc, malléable, de 2,1 de densité, un peu plus fusible que l’argent et ne s’altérant pas par la fusion au contact de l’air. 11 ne décompose pas l’eau, même au rouge blanc. 11 s’unit directement à chaud au chlore et à l’iode.

Le glucinium se dissout dans les acides étendus; mais il ne ! décompose l’acide sulfurique concentré qu’à chaud et est sans action sur l’acide azotique concentré et froid. Il se dissout dans la potasse avec dégagement d’hydrogène. Le glucinium pulvérulent de Wœhler est beaucoup plus altérable que le métal compacte.

Poids atomique. — L’analyse du sulfate de glucinium a conduit, pour ce métal, au nombre 9,22 (Debray); 9,28 (Awdejew) si l’on admet pour l’oxyde la formule GIO : Berzelius avait rangé le glucinium à côté de raluminium en raison de la ressemblance entre les chlorures et les oxydes. L’oxyde de glucinium serait alors Gl^O^ et le poids atomique du glucinium serait 13,8. La chaleur spécilique du métal 0,4079, trouvée par M. Nilson etPetterson, s’accorde avec ce nombre, car elle conduit à la chaleur atomique 5,63. D’autre part, les memes auteurs ont trouvé pour la densité de vapeur du chlorure de glucinium, prise entre 700 et 800", le nombre moyeu 40,8, ce qui conduit à la formule GlCh (poids moléc. = 80,02).

(iLÜCliNlUM OU OUJCIUM.

CHLORURE DE GLUCINIUM. — GICI2.

Le cliloriirc ilo glucinium se sublime eu aiguilles incolores lorsqu’on lait j)asser un courant de chlore sec sur un mélange (b* glucine ou (rémeraude porpliyrisée et de cliarlion chaulîé dans un lube de porcelaine. Si l’on emploie l’émeraude, • il se forme en môme temps du chlorure de silicium et du chlorure d’aluminium. Le chlorure de glucinium, beaucoup moins volatil que ce dernier, peut en être séparé par yne nouvelle distillation (iJehray).

Le chlorure de glucinium est déliquescent, fusible et volatil au rouge. Il se dissout dans l’eau avec élévation de température. La solution évaporée sur l’acide sulfurique abandonne des cristaux de chlorure hydraté G1CF + 41PO (Awdejew); la chai eur décompose cet hydrate en acide chlorhydrique et glucine.

On a décrit plusieurs chlorures doubles, entre autres le chluruplatinate PtCl°Gl+9ÏPO qui forme des cristaux orangés déliquescents (J. Thomsen).

Le BHOMüUE forme de longues aiguilles blanches, très fusibles et volatiles.

Le FLUOKUUE est soluble (Berzelius). Il forme un Huorure double G1FP.2KF1 qui se dépose en écailles cristallines (Awdejew). Le fluosilicate est très soluble.

OXYDE DE GLUCINIUM ou GLUCINE. — GIO.

905. Plusieurs procédés ont été indiqués pour retirer la glucine de l’émeraude. Nous n’indiquerons que celui recommandé par M. Debray. On fond dans un creuset l’émeraude pulvérisée avec la moitié de son poids de chaux. On obtient ainsi un verre qn'on réduit en poudre et qu’on attaque par l’acide azotique, il se produit une masse gélatineuse qu’on dessèche et qu’on calcine jusqu’à ce que Fazotate de calcium commence à se décomposer. On fait alors bouillir le produit avec une solution de sel ammoniac jusqu’à ce qu’il ne se dégage plus d’ammoniaque. Tonte la chaux et l’azotate de calcium entrent en dissolution. Le résidu, renfermant l’alumine, le silice et la glucine, est traité par l’acide azotique bouillant qui ne laisse que la silice. 11 ne reste plus qu’à séparer la glucine de l’alumine. Pour cela, on utilise la soluhililé de la glucine dans le carbonate ammonique et on verse la soliUion des

azotates dans un excès d('. ce sel.

La gluciiu' resl(‘ seule dissmih'

SULFATE DE GLlUlINirM.

(avec un pou do for qu’oii précipilo par 1(‘ sulfiii‘o aiiimouique). ku faisant l)ouiflir Ja solution, louto la giuciuc se précipite. Ou achève de la puidlier eu répétant le meme traitement. On ])eul (Uicore elfectuer cette séparation par le carbonate de baryum qui précipite ralumine à froid, tandis que la glucine ne l’est qu’à ‘ rébullition.

La glucine est une poudre blanche amorphe, de 3,08 de densité. A la température des fours à porcelaine elle se convertit en une ! poudre cristalline très dure (Rose). On l’obtient encore cristallisée, en prismes hexagonaux, par la calcination du carbonate double ammoniacal (Debray). Elle est à peu près insoluble dans l’eau, soluble dans les acides étendus si elle n’a pas subi une température trop élevée. Fondue avec de la potasse, elle donne un produit soluble dans l’eau.

Hydrate de glucine Gl(OH)L — Il ressemble à l’alumine et se précipite lorsqu’on ajoute de l’ammoniaque à la solution d’un sel de glucine. Séché, il constitue une poudre blanche, volumineuse, qui se déshydrate par la calcination. Il est soluble dans les acides, dans la potasse et dans le carbonate d’ammonium, mais non dans rammoniaque caustique. 11 déplace l’ammoniaque des sels ammoniacaux, ce qui n’a plus lieu après calcination.

L’ébullition de la solution dans le carbonate ammonique en précipite un carbonate de glucinium basique. La solution dans la potasse laisse déposer la glucine lorsqu’on l’étend d’eau et qu’on la fait bouillir.

SELS DE GLUCINIUM.

906. Sulfate de glucinium Sü^Gl-|-41PO. — II cristallise par le refroidissement de la solution chaude, renfermant un peu d’acide en excès, en octaèdres quadratiques solubles dans leur poids d’eau froide. Les cristaux sont eftlorescents, fusibles dans leur eau de cristallisation. Le sel anhydre se décompose au rouge en laissant un résidu de glucine.

Suivant M. Ivlatzko, ce sel peut aussi cristalliser avec sept molécules d’eau, dont la dernière n’est éliminée qu’à 150”. Les cristaux sont alors des prismes clinorliombiques volumineux, isomorphes avec le sulfate de magnésium.

On connaît plusieurs ^uffntrs soluhles dans l’eau qu’on

SKLS DK OI.UCINIUM.

obtitMil (.‘Il laisaiil houillii* la sijliilion du sel iiciiln} avec du cai'lionalo (!(.' glucinium (Mi avi'c, du zinc nuilalliijiic (Dcjhray). (ics sultaLcs sont gommeux cl. incrislallisablcs, L(mii- soluhiliLii permet de séparer la glucine de ralumine, (|ui donne dans les rni'imes circonstances des sulfates basi(jues insol uljles.

Sulfate double de glucinium et de potassium (SO^)(j1K^-|-2JP(). — Le sulfate de glucinium ne forme pas d’alun, ce qui l’éloigne du sulfate d’aluminium, auquel on a voulu l’assimiler. Le sel double potassique, qui est peu soluble, n’est pas isomorpbe non plus avec le sel magnésien double.

Sulfite DE GLUCINIUM. — Ce sel est très soluble et se décompose à l’ébullition, caractère qui peut être utilisé pour diverses séparations.

907. Azotate de glucinium (AzO^)2Gl + 3rPO. — Sel déliquescent, soluble dans l’alcool. Chauffé pendant vingt heures au hain -marie, il se transforme en azotate basique gommeux, très soluble (Az0=h'Gl.G10-f 3IPO (ou Az0=’(G10H)-f hPO).

908. Phosphates de glucinium. — Lorsqu’on ajoute du phosphate disodique à une solution d’azotate de glucinium, il se précipite une poudre blanche qui renferme P0''G1H-|- 3H-0. Si la précipitation a lieu en présence de sel ammoniac, le précipité est cristallin et renferme (P0'‘)^GlNa^(AzH^)^-[-7H-0.

909. Carbonates de glucinium. — Le carbonate neutre GO^Gl-[-4I-PO se produit lorsqu’on fait passer pendant longtemps un courant de gaz carbonique à travers le carbonate basique délayé dans l’eau, puis évaporant la solution dans une atmosphère de gaz carbonique. Il se dépose sous forme d’une pellicule cristalline et perd facilement de l’acide carbonique.

Le précipité produit par les carbonates alcalins dans un sel de glucinium, précipité qui est soluble dans un excès de réactif, est le sel basique C0^G1.2G10-t-5I-P0, soit C0^(G10H)gGl(0H)^+3Il-0 Le précipité qui se forme lorsqu’on fait bouillir la solution de glucine dans le carbonate ammonique olfre la même composition. Si l’on ajoute de l’alcool à cette solution, elle laisse déposer des cristaux limpides de carbonate double (C0'^Gl)HTl(01I)^-f- 3CO^(AzIP)^ soit (CO^)^(AzH'fGl(GlOLl). Ce sel est très soluble (Debray). On obtient do même le sel double potassique, offrant la même constitution.

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