‹ Traité de chimie minérale et organique (volume 2)Chapitre 118 sur 359 · OXYDE DE ZINC · texte numérisé non relu

OXYDE DE ZINC

loiitemeiiL (Bcedccker). Lorsqu’on abandonne dans nu (lacon bouché, une solnlioii saUiréc d’iiydratc de zinc dans la soude, il s’en sépare à la longue des octaèdres réguliers brillants d’un hydrate Zn(01I)MP0.

Pour préparer l’hydrate de zinc chimiquement pur en partant d’un sel de zinc commercial, il faut d’abord précipiter la solution acide par riiydrogène sulfuré pour séparer l’arsenic, le cadmium, le cuivre, etc., ou bien on le fait digérer avec un excès de zinc. Pour éliminer le fer et le manganèse, on y ajoute un peu d’hypocblorite de sodium, puis on verse le liquide fdtré dans une solution bouillante de carbonate de sodium; enfin on lave le précipité à l’eau bouillante et on le sèche.

L’oxyde de zinc est un oxyde indifférent ; il se dissout dans les alcalis comme dans les acides et le zinc lui-même se dissout dans la potasse avec dégagement d’hydrogène pour donner le zincale de potassium Zn(ÜR)^ correspondant à l’hydrate. Si l’on recouvre sa solution d’une couche d’alcool, ce sel se dépose en petits cristaux brillants, solubles dans l’eau et dont la solution abandonne par l’ébullition une poudre blanche renfermant

ZiîO.Zn(OIv)2 soit

^ ' ^Ziî(OK)

Emploi du blanc de zinc. — L’emploi du blanc de zinc comme couleur pour la peinture à l’huile a été proposé en 1779 par Courtois de Dijon, et préconisé par Guy ton de Morveau, qui fit ressortir les avantages qu’il présente sur la céruse. Le blanc de zinc ne noircit pas au contact des émanations sulfureuses et son maniement n’offre pas, pour les ouvriers, les graves inconvénients de la céruse au point de vue hygiénique. Malgré ces avantages, la substitution du blanc de zinc à la céruse a rencontré un grand obstacle dans le reproche que l’on fait au blanc de zinc de couvrir moins bien et d’exiger plus d’huile pour être délayé. Aujourd’hui l’application du blanc de zinc acquiert de plus en plus d’importance.

Lorsqu’on incorpore de l’oxyde de zinc à une solution concentrée et chaude de chlorure de zinc (à 58°1L), on obtient un mélange qui fait prise au bout d’un certain temps par suite de la formation A' oxycldorure insoluble qui peut servir de couleur, couleur qui couvre aussi bien que la céruse et qui s’applique sans luiile (Sorel). Ge mélange constitue également un mastic avec lequel on peut taire fies pierres arliticielles ou des ornements.

SELS OXYGÉNÉS DU ZINC

Ou ol)LieiU im mastic clcuitaire, pouvaul aussi servir à (raiilrcs usages, eu ajoutaut 3 parties d’oxyde de zinc, l partie de verre porpliyrisé et I partie de borax, dissous dans une très petite quantité d’eau, à 30 j)arties d’une solution de clilorure de zinc d’une densité de 1,5 à (Feiclitinger). Cet oxychlorure peut aussi servir pour luter les appareils de chimie; on fait une bouillie d’oxyde de zinc, de sable et de chlorure de zinc (de J ,3 de densité) qu’on applique sur les parties à luter, préalablement mouillées avec du chlorure de zinc (Tollens).

SELS OXYGÉNÉS DU ZINC

939. Les sels de zinc sont incolores, doués en général d’une réaction acide. Ils possèdent une saveur amère et désagréable; ils sont vénéneux et agissent comme vomitifs. Ils ont une tendance marquée à donner des sels basiques. Les principaux sels de zinc sont le sulfate, l’azotate et le carbonate.

Le BROMATE cristallise en cubo-octaèdres efflorescents renfermant GH'^O. Le CHLORATE (C10^)^Zn-]-6rP0 est au contraire déliquescent et se présente en octaèdres aplatis, solubles dans l’alcool. Le PERCHLORATE (ClO')^Zn, soluble aussi dans l’alcool, cristallise en prismes déliquescents. L’iodate et le periodate sont peu solubles.

SULFATE DE ZINC. — SO'Zn.

940. Ce sel, autrefois nommé vitriol blanc ou couperose blanche, se produit par dissolution du zinc, de son oxyde ou de son carbonate dans l’acide sulfurique étendu. On l’obtient industriellement en grillant la blende à basse température et lessivant'Ie produit.

Le sulfate de zinc cristallise suivant les circonstances avec des quantités d’eau variables. Cristallisé à la température ordinaire, il renferme SO'^Zn--|-7rPO et se présente en prismes ortliorliombiques isomorphes avec le sulfate de magnésium auquel il ressemble. 11 s’eflleurit à l’air en perdant 1 molécule d’eau, et fond à 100" dans son eau de cristallisation; il ne perd la dernière molécule d’eau qu’à 238". C’est le sel ordinaire.

SO’Zn-]-OIPO. — Cristaux clinorbombiques se déposant à 30".

SO'‘Zn-j-oIPO. — Croûtes cristallines se déposant par l’évaporalion à 40-50" (Is. Pierre).

sulfatl: de zinc.

SO'Ziî + 411‘0. — llliomboèdrcs opaques, iual (érables à l’air sec, se déposant à 0”, à côté du sel k 7ir-^0, de la solution coucen- Irée et acide (Aiitbon).

SO'^Zn + 211H). — Se produit par l’addition d’acide sulfurique concentré à la solution bouillante de sulfate de zinc, ou en faisant bouillir le sel ordinaire avec de l’alcool.

Le sel monobydraté, enlin, se forme par la dessiccation des hydrates précédents à 100°, ou dans le vide à 20° (Grabam).

Le sel anhydre se forme à 238°. C’est une masse friable blanche de 3,4 de densité, attirant riiumidité de l’air. La calcination le décompose en anhydride sulfureux, oxygène et oxyde de zinc.

La solubilité du sulfate de zinc, supposé anhydre, dans 100 parties d’eau, est la suivante :

Qo 10'’ 30° 50° 100°

Le sulfate de zinc forme une série de sels basiques parmi lesquels nous citerons principalement, le sulfate tétrazincique

SO^Zn.3ZnO ou O qui s’obtient par une cal-

cination ménagée du sel neutre ou en précipitant incomplètement celui-ci à l’ébullition par la potasse. Dissous dans l’eau bouillante, il cristallise par le refroidissement avec 2H‘^0 (Kane). Le même sel se dépose, avec lOIFO, en aiguilles déliées et flexibles, lorsqu’on fait bouillir une solution de sulfate de zinc qu’on a mis en digestion avec une molécule d’hydrate de zinc (Schindler).

On obtient aussi un sulfate basique peu soluble en faisant digérer le sulfate neutre avec du zinc.

Le sulfate de zinc est employé en teinture et comme désinfectant.

Sulfates doubles. — Le sulfate de zinc forme avec les sulfates alcalins des sels doubles isomorphes avec ceux que donne le sulfate de magnésium et renfermant GIPO.

Le sulfate de zinc sec ou en dissolution absorbe le gaz ammoniac. Anhydre, il absorbe bAzIF en formant une poudre blanche soluble dans l’eau en laissant un résidu d’oxyde de zinc. La solution du sulfate de zinc, saturée de gaz ammoniac à l’ébullition, abandonne par le refroidissement des grains semi-cristallins du suJfatp diammoniacal^

SO’*Zii.2AzIP-F1FO

SELS OXYGÉNÉS DU ZINC

(jiio l’euii pure iléiloiiblc eu sult'ale l)asique eL suliale télramnioniacal S0''Zii.4AzlI^ crisLallisable avec 411=^0.

AZOTATE DE ZINC. — (AzO^)2Zn,

941. Il cristallise de sa soluLiou concentrée en pidsmes quadrang'ulaires, pyramidés, striés, renfermant GIPO, déliquescents, solubles dans l’alcool. Ils fondent facilement dans leur eau de cristallisation, dont ils perdent 5 molécules à 100". La dernière molécule ne se dégage que lorsque le sel se décompose. La chaleur le transforme en sel basique, de composition variable, et laisse facilement un résidu d’oxyde.

Une solution d’azotate de zinc saturée de gaz ammoniac donne par évaporation des cristaux du sel tétrammoniacal (AzO^)^Zn-f 4AzI-P (G. André).

CARBONATE DE ZINC. — CO^Zn.

942. Il constitue l’espèce minérale désignée sous le nom de smithsonite, cristallisée dans le système rhomboédrique ; densité=4,42. Lorsqu’on précipite un sel de zinc par un carbonate alcalin, c’est toujours un hydrocarbonate qui prend naissance et il se dégage de l’acide carbonique; le précipité est d’autant plus basique que la solution est plus étendue et la température plus élevée. Le précipité d’hydrocarbonate est un peu soluble dans l’acide carbonique, surtout sous pression ; la solution produite se trouble par l’ébullition et laisse déposer un hydrocarbonate.

De Sénarmont a pourtant obtenu le carbonate neutre en cristaux microscopiques anhydres en chauffant sous pression, à IGO”, une solution de chlorure de zinc avec du bicarbonate de sodium.

Deville a décrit des carbonates doubles de zinc et des métaux alcalins, par exemple, 2CO^K^3CO^Zn-|-4hPO, qui se dépose en petits cristaux brillants d’un mélange des solutions concentrées de chlorure de zinc et de bicarbonate do potassium.

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