SULFURE D’ARGENT
sodium (tri, di ou monométallique) à une solution d’azotate d’argent. La solution renferme de l’acide azotique libre, si l’on est parti d’un phosphate acide de sodium (t. I, p, 472). Il est soluble dans un excès d’acide azotique et dans l’ammoniaque. La solution ammoniacale l’abandonne par évaporation en grains cristallins.
Orthophosphate diargentique PO^Ag’^H. — Grandes tables incolores, décomposables par l’eau en acide pliospliorique et sel triarg-entique; on l’obtient en évaporant une solution d’azotate d’argent additionnée d’un excès d’acide pliospliorique.
Pyrophosphate P-OWg’. — Précipité blanc, un peu soluble dans un excès de pyropliosphate alcalin. Il fond au-dessous du rouge en un liquide brun se concrétant en masse radiée. Chauffé avec une solution d’acide pliospliorique, il se transforme en pyrophosphate acide cristallin, décomposable par l’eau.
Métaphosphate PO^Ag. — C’est un précipité blanc, insoluble dans l’eau ; il en est de même des polymétapliosphates.
ARSÉNITES ET ARSÉNIATES D’ARGENT.
1034. L’arsénite AsO^Ag^ est un précipité jaune vif, soluble dans l’ammoniaque. Sa solution ammoniacale abandonne de l’argent par l’ébullition et retient de l’arséniate. Il est soluble dans l’acide azotique.
Arséniate AsO^Ag^ — L’addition d’azotate d’argent à la solution d’un arséniate donne un précipité rouge brique d’arséniate d’argent. Il est cristallin lorsqu’on précipite à l’ébullition une solution concentrée d’acide arsénique par l’azotate d’argent.
CARBONATE D’ARGENT. — C03Ag2.
1035. C’est un précipité jaune pâle très altérable à la lumière. Il est converti en oxyde d’argent à 225°. Si l’on abandonne à l’air une solution ammoniacale d’azotate d’argent additionnée de soude, il se dépose d’abord lentement de l’oxyde, puis du carbonate en petites aiguilles d’un jaune citron.
SULFURE D’ARGENT. — Ag^s.
1036. Il constitue sous les noms à'argyrose^ à'argentlte, etc., un des minerais d’argent les plus importants et accompagne beaucoup d’autres sulfures métalliques dans une foule de minerais.
ARGENT
Uni aux sulfures d’arsenic et d’antimoine, il forme les sulfarsénites et sulfantimoniates qu’on rencontre dans la nature.
Il se forme par l’union directe du soufre avec l’argent et par le contact de ce métal avec l’hydrogène sulfuré, même à froid, et c’est à la formation du sulfure qu’est due la patine brunâtre qui se produit si rapidement à la surface de l’argenterie.
Le sulfure d’argent se forme par l’action de l’hydrogène sulfuré sur les sels d’argent en solution neutre ou acide; il est insoluble dans les sulfures alcalins, soluble dans l’acide azotique.
Le sulfure d’argent naturel est cristallisé dans le système régulier; il est d’un gris de plomb. Densité = 7,2. Grillé modérément, il est converti en sulfate ; le chlorure cuivreux le convertit en chlorure d’argent. Ce sont là des réactions utilisées dans la métallurgie de l’argent. Chauffé à 440° dans un courant d’hydrogène, il est converti en argent métallique présentant la forme des filaments qui accompagnent le sulfure naturel (Margottet).
PHOSPHURES D’ARGENT.
1037. Le phosphore s’unit à l’argent en fusion, donnant un phosphure à 20 p. 100 de phosphore; c’est une masse cristalline grenue se laissant couper au couteau (Pelletier).
Lorsqu’on chauffe l’argent dans la vapeur de phosphore, on obtient une masse grise qui est le phosphure P^Ag® (Schrœtter). On obtient encore un phosphure d’argent par l’action de l’hydrogène phosphoré sur les sels d’argent.
L’Arséniure d’argent obtenu par union directe est une masse grenue grise contenant 14 p. 100 d’arsenic.
RECHERCHE ET DOSAGE DE L’ARGENT
1038. L’insolubilité presque absolue du chlorure d’argent rend la recherche et la séparation de ce métal des plus faciles. Il faut y ajouter la facilité avec laquelle les composés insolubles donnent de l’argent métallique; il suffit pour cela de les chauffer au chalumeau sur le charbon, avec du carbonate de sodium.
Nous avons vu dans quelles circonstances se forment le chlorure, l’iodure d’argent, etc., et quels sont les dissolvants de ces composés. Nous ne ferons également que rappeler l’action de la potasse, de l’ammoniaque, de l’hydrogène sulfuré.
Beaucoup de métaux séparent l’argent de ses combinaisons ; le
DAGUKRREOTYPIE.
zinc et le fer les réduisent le plus rapidement. Le cuivre et le mercure les réduisent également. Un globule de mercure placé dans une solution d’azotate d’argent se recouvre d’aiguilles métalliques, qui sont un amalgame cristallisé [arbre de Diane).
Le spectre de l’argent dans l’étincelle électrique présente deux raies vertes très brillantes et plusieurs raies moins vives dans le bleu et le violet (Lecoq de Boisbaudran).
Le dosage de l’argent se fait le plus souvent sous la forme de chlorure en opérant comme pour le dosage du chlore (t. I, 63). Le poids de l’argent est donné en multipliant le poids du chlorure , par le facteur 0,7527=: Ag : AgCl.
Le dosage de l’argent se fait très rapidement par le procédé volumétrique de M. Volliard (p. 287). Quant au titrage des alliages d’argent, nous l’avons traité avec détail, pages 283 et’suiv.
PHOTOGRAPHIE
1039. L’art de la photographie est fondé sur l’action qu’exerce la lumière sur le chlorure d’argent (p. 293) ou sur d’autres composés argentiques. D’autres substances sont aussi impressionnées par la lumière, mais nous n’avons à envisager ici que les applications des composés d’argent et nous nous bornerons à exposer les principes chimiques de la photographie, sans nous occuper des appareils employés, renvoyant à cet égard le lecteur aux ouvrages spéciaux. Rappelons seulement quel’appareil essentiel est une chambre noire dans laquelle l’image d’un objet est projetée par l’objectif sur la surface sensible, placée à la distance focale.
Après plusieurs tentatives infructueuses de Charles en 1785 et de Wedgwood en 1802, puis de Davy; après les recherches de Nicéphore Niepce sur l’action de la lumière sur le bitume de Judée, la fixationdes images produites ne fut réalisée que grâce aux efforts réunis de Niepce et de Daguerre, commencés en 1826. Ce dernier fit connaître en 1838 le premier procédé permettant de résoudre le problème.
1040. Daguerréotypie. — La base du procédé de Daguerre, ou daguerréotypie^ est l’action delà lumière sur une plaque d’argent iodurée. La difficulté n’était pas de produire l’image, mais bien de lui donner du corps et de la rendre inaltérable à la lumière. Voici les diverses opérations que nécessite ce procédé.
PHOTOGRAPHIE
On expose aux vapeurs d’iode, àl’abridela lumière, une plaque de cuivre argenté, dégraissée et polie, jusqu’à ce qu’elle soit recouverte d’une couche jaune d’or d’iodure d’argent, puis on la met en place au foyer de la chambre noire. Après quelques instants d’exposition, on place la plaque dans une^boîte contenant du mercure chauffé vers 60°. C’est seulement alors que l’image devient visible, car elle n’était que latente au sortir de la chambre noire; le mercure la en se fixant sur l’argent résultantde la décomposition de l’iodure. Il reste encore à l’image ; à cet effet, il faut enlever l’iodure d’argent inaltéré. Daguerre employait pour cela une solution de chlorure de sodium, mais l’emploi de l’hyposulfite, recommandé d’abord par J. Herschell, est beaucoup plus sùr et plus rapide. Les parties qui ont été impressionnées sont ainsi représentées par un blanc mat, plus ou moins gris, tandis que les parties obscures de l’image offrent l’aspect de l’argent. L’image dans les clairs étant formée de gouttelettes imperceptibles de mercure présente très peu de solidité; le moindre frottement suffit pour l’effacer. Fizeau a paré à cet inconvénient par le dépôt d’une couche d’or, en recouvrant la plaque d’une solution do chlorure d’or additionnée d’hyposulfite de sodium. Non seulement l’image est ainsi consolidée, mais elle est aussi renforcée et d’un aspect beaucoup plus agréable.
Parmi les perfectionnements apportés au procédé primitif de Daguerre, il faut surtout citer ceux qui ont pour effet de rendre la plaque plus sensible. M. Claudet y est arrivé en remplaçant la vapeur d’iode par le chlorure d’iode : Fizeau et Foucault, parle brome.
1041. Photographie sur papier. — Malgré la perfection et la finesse des épreuves daguerriennes, ce procédé ne tarda pas à être abandonné et à être remplacé par celui de Fox Talbot qui substitua, en 1839, à la plaque métallique du papier imprégné d’iodure d’argent en le lavant d’abord avec une solution d’azotate d’argent à 4p. 100 puis en le plongeant, après dessiccation, dans une solution d’iodure de potassium à 6 ou 7 p. 100 et le séchant de nouveau. Au moment de s’en servir on le rendait plus sensible en le lavant avec une solution d’azotate d’argent additionnée d’acide acétique et d’acide gallique, puis on le portait dans la chambre noire au foyer de l’objet à reproduire. Comme pour le daguerréotype, l’image est d’abord latente et il faut la révéler, ce qui se fait avec la solution acéto-argentique additionnée d’acide gallique ; cette solution pro-