‹ Traité de chimie minérale et organique (volume 2)Chapitre 151 sur 359 · PHOTOGRAPHIE SUR PLAQUES DE VERRE · texte numérisé non relu

PHOTOGRAPHIE SUR PLAQUES DE VERRE

duit un dépôt d’argent sur les parties où la lumière a commencé à décomposer l’iodiire. Ce moyen de révéler et de renforcer les imag-es est aussi appliqué dans les procédés plus nouveaux. Après le renforçage, on fixe par l’hyposulfite de sodium.

L’image ainsi produite est négative^ c’est-à-dire que la gauche et la droite sont interverties et que les clairs occupent la place des ombres et réciproquement. En effet, l’argent mis en liberté l’est sur les parties qui correspondent aux clairs du modèle, tandis que le blanc du papier apparaît à la place des ombres.

Pour obtenir une image positive^ on fait agir la lumière sur un autre papier, préparé comme le précédent, à travers l’épreuve négative. Mais pour cela il faut donner à celle-ci une certaine transparence, que Talbot obtenait en cirant le papier. L’épreuve positive doit être renforcée et fixée comme la négative.

1042. Photographie sur plaques de verre. — Les négatifs du procédé de Talbot manquaient de finesse, à cause du grain du papier. M. Niepce de Saint-Victor, neveu de Nicéphore Niepce, remédia le premier à cet inconvénient en 1848, en faisant usage de plaques de verre recouvertes d’albumine indurée qui était sensibilisée par l’azotate d’argent additionné d’acide acétique et d’acide gallique, mélange qui coagule en même temps l’albumine. On procédait du reste comme dans le cas précédent. L’albumine à son tour ne tarda pas à être remplacée par le collodion, solution de fulmicoton dans l’alcool éthéré (Legray, Fry Archer).

Le collodion, tenant en dissolution des bromures ou des iodures, est étalé en couche bien uniforme sur une plaque de verre qu’on immerge ensuite dans une solution à 8 p. 100 d’azotate d’argent fondu et pur, et qu’on porte dans la chambre noire quand la surface est devenue laiteuse. C’est le procédé dit au collodion humide; la série des opérations qu’il nécessite le rend peu applicable en voyage et on le remplace dans ce cas par les procédés au collodion sec. Les plaques sont préparées d’une manière analogue et peuvent être conservées dans l’obscurité.

Au sortir de la chambre noire, le négatif est porté dans un bain révélateur, puis renforcé, enfin, après lavage à l’eau, passé dans un bain d’byposulfite et de nouveau lavé. Les recettes pour ces divers bains sont très nombreuses. Le bain révélateur est généralement composé d’une solution de sulfate ferreux à 10 p. 100, avec 2 p. 100 d’acide acétique cristallisable ou d’une solution II. — Chimie minérale. 20

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à 4 p. 100 de pyrogallol, compo.sd réducteur comme le sulfate ferreux, additionné également d’acide acétique. Pour renforcer l’image, on emploie une solution d’azotate d’argent à 3 p. 100 qu’on mélange, au moment de s’en servir, à son volume du bain révélateur au pyrogallol.

Ces manipulations, comme toutes celles qui concernent les plaques à partir du moment où elles sont sensibilisées jusqu’à celui où l’image est fixée, doivent se faire à la lumière affaiblie d’une bougie ou derrière un vitrage jaune.

La sensibilité du collodion varie beaucoup avec la nature des bromures ou iodures qui entrent dans sa composition. Les bromures employés sont ceux d’ammonium et de cadmium; les iodures sont ceux de sodium, de potassium, d’ammonium, de cadmium, de zinc, tous solubles dans l’alcool. Le temps de pose nécessaire pour produire l’image peut, par un choix judicieux, être abaissé jusqu’à une fraction de seconde.

Il nous reste à parler du procédé le plus rapide de tous et qui permet de faire des épreuves instantanées ; c’ celui dit au gélatinobromure^ procédé qui, dans ces dernières années, a complètement détrôné celui au collodion sec. Les plaques sont obtenues par une couche de gélatine bromurée déposée en solution chaude sur des feuilles de verre sur lesquelles elles se fige en se refroidissant. La gélatine bromurée est une émulsion de bromure d’argent obtenue en précipitant l’azotate d’argent par le bromure de potassium, au sein même de la gélatine.

Les plaques au gélatino-bromure se conservent sans altération dans l’obscurité, si on prend les précautions convenables; elles augmentent même quelquefois de sensibilité.

La préparation de ces plaques et leur maniement exigent beaucoup plus de précautions que les plaques au collodion, car il faut éviter même la lumière jaune et le travail doit se faire derrière une lanterne à verre rouge.

Positifs. — Le tirage des positifs se fait de la même manière, quelle que soit la nature du négatif. C’est généralement du papier albuminé, préparé au chlorure d’argent, dont on fait usage, car il n’y a pas nécessité d’avoir un papier d’une grande sensibilité. Le papier est placé sous le négatif dans un châssis de bois qu’on expose à la lumière ; cette exposition est plus ou moins longue suivant l’intensité de la lumière. Quand on estime l’exposition

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