‹ Traité de chimie minérale et organique (volume 2)Chapitre 186 sur 359 · COMPOSÉS SULFURÉS DU FER · texte numérisé non relu

COMPOSÉS SULFURÉS DU FER

Le sulfure ferreux précipité est noir, insoluble clans l’eau, soluble clans les acides. Il est un peu soluble clans les sulfures alcalins, avec une couleur verte. Il s’oxyde rapidement à l’air, en partie à l’état de sulfate ferreux, en partie en donnant de l’oxyde ferrique et du soufre; aussi doit-on laver le précipité avec de Teau chargée d’hydrogène sulfuré.

1137. Sesquisulfure de fer Fe^S^ — Il se forme par l’action de la chaleur au rouge sombre sur le bisulfure de fer et prend aussi naissance lorsqu’on traite à 100° l’hydrate ferrique par l’hydrogène sulfuré. Il se trouve dans la nature, mais seulement associé au sulfure de cuivre dans les pyrites cuivreuses. Le sulfure préparé au rouge sombre par l’action du soufre sur le fer ou par la décomposition du bisulfure est une masse d’un gris jaunâtre, de 4,41 de densité, non magnétique, inaltérable à l’air. Les acides le décomposent en donnant un sel ferreux avec dégagement d’hydrogène sulfuré et en laissant un résidu de bisulfure de fer.

M. R. Schneider a obtenu un sulfoferrite de 'potassium Fe^K^S'' ou Fe^SMi-S en longues aiguilles déliées, pourprées et brillantes, en fondant un mélange de 1 partie de fer en poudre, 6 parties de soufre et 6 parties de carbonate de potassium, puis épuisant la masse par l’eau.

La pyrite cuivreuse peut de même être' envisagée comme un sulfoferrite. Il en est de même de la pyrite magnétique Fe’S** = Fe^S^6FeS. Cette pyrite, qui est magnétique, se rencontre en tables hexagonales ou en masses compactes d’un aspect bronzé. C’est ce sulfure qui se forme, plutôt que le protosulfure lui-même, par l’action du soufre sur le fer au rouge blanc ou par la calcination du bisulfure à cette température. On connaît des pyrites magnétiques qui ont une autre composition, notamment Fe^S% soit Fe^STeS.

1138. Bisulfure de fer FeS^. — Il est très répandu dans la nature, qui nous l’offre sous deux formes très différentes sous le rapport cristallographique et par leurs caractères. L’une est la pyrite jaune on cubique; l’autre, \n pyrite blanche on prismatique . Les pyrites se rencontrent dans toutes les formations géologiques, depuis les terrains cristallins jusqu’aux terrains de sédiment, en cristaux isolés, en rognons, en veines, etc.

La pyrite jaune ou martiale^ la plus répandue, est cristallisée en cubes volumineux, striés dans trois directions, ou en dodécaèdres

FEK.

i homboïilaiix. Elle a la couleur de l’or ou du lailou. Elle est durt* et fait feu au briquet, aussi l’employait-oii autrefois à la j)lace du silex. Sa densité est de 5,185. Elle est inaltérable à l’air.

La pyrite blanche ou marcamte est cristallisée dans le système ortborhombique, en prismes d’un jaune pâle terne, ou en octaèdres plus ou moins modifiés. Densité = 4,7 à 4,8. Elle appartient de préférence aux terrains de sédiment, et on la rencontre surtout dans les couches de lignite. La pyrite blanche est très oxydable ; elle se délite à l’air et se transforme en sulfate de fer.

On obtient le bisulfure de fer en combinant le fer à un excès de soufre, à des températures ne dépassant pas le rouge sombre. Wœliler a reproduit la pyrite cubique en petits cristaux jaunes en chauffant un mélange intime d’oxyde ferrique, de soufre et de sel ammoniac à la température de volatilisation de ce sel. IL Deville est arrivé au même résultat en fondant du sulfure de fer avec du sulfure de potassium et un excès de soufre. On Tobtient également cristallin par l’action du sulfure de carbone en vapeur sur l’oxyde ferrique (Scblagdenhauffen). Si l’on chauffe au delà de 100° l’oxyde ferrique dans un courant d’hydrogène sulfuré, on obtient le sulfure de fer avec la forme de l’oxyde. Cette forme épigénique se rencontre quelquefois dans la nature.

Calcinées à l’abri de l’air, les pyrites se transforment suivant la température en sesquisulfure ou en pyrite magnétique. Les acides étendus sont sans action sur toutes les variétés de pyrites.

Usages. — La pyrite n’est pas utilisée comme minerai de fer, mais bien comme minerai de soufre, dont elle abandonne presque la moitié par la distillation. Grillées, elles donnent l’acide sulfureux nécessaire à la fabrication de l’acide sulfurique. Les pyrites blanches servent en outre à préparer le sulfate de fer et, si elles sont argileuses, l’alun, par leur exposition à l’air.

1139. Nitrosulfures de fer. — Nous nous bornerons ici à une indication sommaire sur ces combinaisons, qui ont été découvertes par M. Z. Roussin, puis étudiées par divers cliimisles. Leur point de départ est le tétranitromlfure de fer que l’on obtient en ajoutant peu à peu un sel ferreux à une solution contenant à la fois de l’azotite de potassium et du sulfure d’ammonium. Après quelques minutes d’ébullition on fdtre et on laisse refroidir. La combinaison se dépose en aiguilles noires, à éclat métallique, solubles dans 112 parties d’eau froide et tlans 2 parties d’eau

FEK ET ÉLÉMENTS TRIATOMTQUES.

bouillante, déliquescentes dans la vapeur d’éllier; leur solution est d’un brun foncé. La composition de ces cristaux est complexe et paraît du reste varier avec les conditions de leur production. Les divers auteurs qui se sont occupés de ce corps lui assignent en elTet des formules dilîérentes; nous les donnons ici sans les discuter, en faisant remarquer qu’elles ne doivent pas se rapporter toutes au même corps :

F'e^S°(AzO)‘IP (Z. Roussin)

Pe^S3(Az0)^.2R20 (Porczinski). . . .

Fe®S«(Az0)‘°.4H20 (Rosenberg) . . .

Fe2S2(AzO)2(AzR2)2 (Derael). . . . . .

Fe^SS(AzO)i2R2 (Pawel)

exige 35,56 de soufre.

En traitant ce composé par la soude, M. Roussin en -a obtenu un autre, le nitrosomlfure sulfuré de sodium Fe“S^(x\zO)^3Na^S-f-xH^O (ou Fe-S-(AzO)^Na"S d’après M. Porczinski), qui se présente en cristaux noirs solubles dans l’eau, insolubles dans l’éther. Il se sépare en même temps de l’hydrate ferrique.

Les cyanures transforment les nitrososulfures en nitroferrocyanures (t. III, 257). Réciproquement, ces derniers peuvent être transformés en nitrososulfures par l’action des sulfures.

1140. Sulfocarbonate de fer CS^Fe. — Précipité noir produit par un sulfocarhonate alcalin dans du sulfate ferreux en excès. Avec un excès de sulfocarbonate on obtient une liqueur presque noire.

Nitrososulfocarbonate. — Si l’on ajoute de l’azotite de sodium en même temps que du sulfocarhonate alcalin à du sulfate ferreux, on obtient, aprèsébullition,uneliqueurnoirequi, filtrée, abandonnepar le refroidissement des aiguilles noires. On les purifie par cristallisation dans l’éther. Elles ont pour composition Fe^CS^(AzO)®-p3IPO. Les acides et les alcalis sont sans action à froid sur ce composé. Par l’action des alcalis bouillants, il se dégage de l’ammoniaque et il se précipite de l’oxyde ferrique. Le cyanure de potassium le transforme en nitroferrocyanure (O. Lœw).

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