RÉACTIONS ET DOSAGE DU NICKEL
1161. Les sels de nickel sont en général jaunes quand ils sont anhydres; hydratés ou en solution, ils sont d’un vert plus ou moins foncé. Ils ont une réaction acide, une saveur d’abord douceâtre, puis âcre et métallique. L’ébullition de leur solution avec du zinc en poudre en précipite tout le nickel à l’état d’une poudre magnétique, sans doute un mélange de nickel et d’oxyde (Becquerel).
La potasse donne dans les sels de nickel un précipité vert d’hydrate, ne se modifiant pas par l’ébullition, insoluble dans un excès de potasse. L’acide tartrique empêche la précipitation.
Le précipité fourni par l’ammoniaque se redissout dans un excès de réactif avec une couleur violette; l’addition de potasse à la solution ammoniacale en précipite l’hydrate de nickel.
Les carbonates alcalins donnent un précipité vert d’hydrocarbonate, soluble dans un excès de carbonate ammonique. Le carbonate de baryum précipite le nickel, mais seulement à l’ébullition (Demarçay). Quant à l’action de l’hydrogène sulfuré et des sulfures, voir p. 410. Ce qui caractérise le sulfure de nickel précipité, c’est son insolubilité dans l’acide chlorhydrique bouillant.
Le thiosulfate précipite le nickel après quelques heures d’ébullition à l’état de sulfure.
Les hypocblorites, ou le chlore en présence des alcalis, donnent dans les solutions de nickel un précipité d’hydrate nickélique.
acide oxalique en excès précipite tout le nickel de ses solutions; le précipité est vert clair.
Le cyanure de potassium produit un précipité verdâtre soluble dans un excès de cyanure. L’addition d’acide chlorhydrique le précipite de nouveau, même après ébullition. La solution n’est pas précipitée par les sulfures alcalins.
Au chalumeau, les composés de nickel donnent avec le borax
CODALT.
une perle rouge liyacinÜie à cliaud, ou brune si elle esl Irës chargée; la perle esl jaune à froid, ou si elle est chargée, limpide et rouge. La flamme réductrice colore la perle en gris.
1162. Séparation du nickel. — Le nickel fait partie des métaux qui sont précipités par le sulfure ammonique. 11 peut être séparé du fer, amené à l’état de composé ferrique, de l’aluminium, du chrome à l’état de sel chromique , par une digestion à froid avec du carbonate de baryum. Les métaux doivent être dissous à l’état de chlorure ou d’azotate et non à l’état de sulfates. La solution neutre renferme alors le cobalt, le nickel, le manganèse et le zinc. Après avoir précipité ce dernier partiellement par un courant d’hydrogène sulfuré, on ajoute à la solution quelques gouttes de solution d’acétate de sodium et on achève la précipitation du zinc. Il reste ainsi du manganèse accompagnant le nickel et le cobalt. Pour le séparer, on se fonde sur l’insolubilité des sulfures de nickel et de cobalt dans l’acide chlorhydrique étendu; pour cela on précipite la solution par le sulfure ammonique et on fait digérer le tout avec de l’acide chlorhydrique étendu; le sulfure de manganèse se redissout facilement. Ce procédé permet du reste de séparer le nickel et le cohalt de tous les métaux du même groupe; mais il est essentiel que le précipité soit bien lavé et exempt d’acide azotique ou d’azotates.
Quant à la séparation du nickel et du cobalt, nous en parlerons à l’occasion de ce dernier métal.
Dosage de nickel. — Le nickel se dose le plus souvent à l’état d’oxyde. Pour cela on précipite la dissolution par la potasse à chaud ; on lave le précipité à l’eau houillante. On sèche alors le précipité et on le calcine après l’avoir détaché du filtre qu’on incinère à part et dont on oxyde les cendres par l’acide azotique.
Le dosage du nickel peut aussi se faire très aisément par voie électrolytique.
COBALT. — Cor=58,6.
1163. État naturel. Historique. — Le cobalt ne se rencontre qu’en petite quantité à l’état natif dans les fers météoriques, et ses minerais sont en général peu abondants : ce sont le sulfure Co^S'% l’arséniure de cobalt ou smaltine^ le speiscobalt ou arséniure nickélifère, le sulfarséniure [coballine ou cobalt gris)^ qui