‹ Traité de chimie minérale et organique (volume 2)Chapitre 199 sur 359 · EXTRACTION DU COBALT · texte numérisé non relu

EXTRACTION DU COBALT

coristituo le miiicrcii le plus riclic. Ou reucoutre ces uiiuerciis sur tout en Suède, en Saxe, en Bohême, et leur exploitation ne remonte qu’au seizième siècle après qu’on eut reconnu leur propriété de colorer le verre en bleu. Malgré leur aspect métallique, ils ne se prêtaient pas aux traitements métallurgiques, ce que les mineurs attribuaient au Kobold, le mauvais génie de la montagne. Ce n’est qu’en 1733 que Brandt y signala un nouveau métal, très réfractaire et magnétique; les indications de Brandt furent confirmées en 1780 par Bergmann.

Le cobalt se rencontre encore accompagnant les gisements arséniés et sulfurés, ainsi qu’à l’état d’oxyde, d’arséniate, de sulfate. Il se trouve aussi associé au manganèse, à l’état de manganite Mn'^(GoCu)0^ -h 4H^O, et existe presque toujours en petite quantité dans le peroxyde de manganèse.

1164. Extraction. — Le traitement des minerais arséniés et sulfurés a pour but de produire soit l’oxyde de cobalt, dont la réduction par l’hydrogène fournit ensuite le métal, soit le composé désigné sous le nom de smalt, verre cobaltifère à base de potasse destiné à la coloration du verre et à la peinture sur émail ou sur porcelaine.

Le minerai est soumis au grillage qui oxyde le cobalt et élimine une partie de l’arsenic et du soufre. L’anhydride arsénieux est recueilli suivant les indications données t. I, p. 598. Le grillage est poussé d’autant plus loin que le minerai est plus pauvre en nickel; celui-ci doit rester à l’état de sulfure ou d’arséniure; son oxyde s’il se formait altérerait la couleur bleue du smalt. Le minerai grillé est ensuite fondu avec du sable blanc et du quartz; l’oxyde de cobalt se dissout dans le fondant, tandis que le sulfure de nickel forme au-dessous de la scorie une masse métallique qui constitue le speis et qui est ensuite traitée pour nickel : la scorie est puisée à la cuillère et versée dans l’eau froide, puis porphyrisée; c’est le smalt du commerce.

Le saffre ou saflor est un autre produit commercial employé pour la verrerie et qui est le produit brut du grillage des minerais riches; c’est de l’arséniate de cobalt impur.

Pour les minerais pauvres en cobalt, on les enrichit d’abord en les fondant avec des scories de hauts fourneaux et des débris de verre. La gangue se dissout dans la scorie ainsi qu’une grande partie du fer et il se dépose une matte cobaltique qui est souvent

COÜALT.

cristallisée et qui est priiicipalemeiil formée d’arséiiiure de cobalt avec plus ou moins de fer; on la soumet au grillage.

Aujourd’hui on prépare de préférence l’oxyde de cobalt pour la coloration des verres, émaux, etc. Le minerai grillé est dissous dans l’acide chlorhydrique avec addition de chlorure de chaux. La solution renlerme de l’arséniate ferrique qu’on précipite par un peu de lait de chaux ; on traite le liquide liltré par l’hydrogène sulfuré pour précipiter le cuivre, le bismuth, etc., puis on précipite l’oxyde de cobalt par un excès de chlorure de chaux.

L’oxyde de cobalt ainsi précipité est propre aux usages industriels; pourtant il n’est pas tout à fait pur et renferme encore du fer, du manganèse et du nickel. Pour le purifier, on le redissout dans l’acide chlorhydrique, on fait bouillir la solution avec de l’acétate de sodium pour précipiter l’hydrate ferrique et on la traite ensuite par l’hydrogène sulfuré qui, en présence de l’acétate, précipite lentement le nickel et le cobalt, tandis que le manganèse reste dissous. Enfin pour débarrasser le cobalt du nickel on emploie un des procédés qui seront décrits plus loin.

1165. Cobalt métallique. — Pour le préparer, on calcine l'oxyde ou le chlorure dans un courant d’hydrogène ou bien on calcine l’oxalate de cobalt sous une couche de fondant. Dans le premier cas, le métal est pulvérulent; dans le second cas, il forme une masse spongieuse. Pour l’obtenir sous forme de régule métallique, on le fond au fourneau à vent dans un creuset de chaux placé dans un creuset en terre réfractaire, en remplissant l’intervalle avec de la chaux ou de la magnésie.

Le cobalt est d’un blanc d’argent, il est plus dur et plus tenace que le fer, malléable quand il est exempt d’arsenic et de soufre ; il est fortement magnétique. Sa densité est égale à 8,6. Il paraît être un peu plus fusible que le fer. Il est inaltérable à l’air à la température ordinaire, mais s’oxyde au rouge. Le métal pulvérulent obtenu en réduisant l’oxyde par l’hydrogène est pyrophorique.

Le cobalt décompose la vapeur d’eau au rouge. 11 se dissout lentement dans l’acide chlorhydrique et dans l’acide sulfurique étendu, rapidement dans l’acide azotique. Concentré, cet acide le rend passif.

Le cobalt, comme le nickel, peut être déposé sur les autres métaux par voie électrolytique.

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