PROPRIÉTÉS GÉNÉRALES DES SELS
' une température suffisante. Il s’en faut que tous les sels éprouvent cette fusion ; il en est qui sont infusibles par eux-mêmes, comme le sulfate calcique, mais la plupart de ceux qui sont infusibles le sont parce qu’ils se décomposent avant de fondre. Ainsi, sauf les carbonates alcalins et de baryum, tous les carbonates se décomposent par la chaleur. Les phosphates, borates, silicates, sont à peu près tous fusibles et d’une grande stabilité. Les sulfates alcalins sont fusibles, indécomposables par la chaleur, les sulfates alcalino-terreux sont infusibles et indécomposables ; tous les au 1res sulfates se décomposent lorsqu’on dépasse la température de ' décomposition de l’acide sulfurique lui-même. Les azotates sont tous fusibles, mais se décomposent aussitôt avec dégagement d’oxygène, puis de composés oxygénés de l’azote. En général tous les sels dont les acides sont décomposables par la chaleur se décomposent eux-mêmes. En résumé. Faction de la chaleur est très variable, suivant la nature de l’acide ou du métal.
Quant à Faction de l’électricité, nous n’avons plus à en parler.
673. Couleur des sels. — Elle peut dépendre de l’acide ou du métal. Les chromâtes sont jaunes ou orangés ; les manganates sont verts et les permanganates violets. Les azotites sont quelquefois jaunes ; la plupart des autres acides donnent des sels incolores lorsque le métal lui-même est dans ce cas. Les sels ferreux sont verts, les sels ferriques sont jaunes ou rougeâtres, les sels de cuivre sont bleus ou verts ; ceux du nickel, verts; ceux du chrome, verts ou violets, etc. Les sels de mercure sont généralement incolores; mais quelques sels basiques sont jaunes. Les sels d’urane sont jaunes avec une belle fluorescence verte.
Beaucoup de sels métalliques, colorés lorsqu’ils contiennent de Feau de cristallisation, sont incolores lorsqu’ils sont anhydres; le sulfate de cuivre par exemple est dans ce cas. Le chlorure de cobalt hydraté est rose ; le même sel anhydre est d’un bleu foncé.
674. Saveur. — La saveur des sels varie beaucoup avec la nature du métal. Les sels de plomb sont doux, ainsi que les sels de glucinium; ceux de sodium sont salés ; ceux de magnésium, amers; ceux d’aluminium, astringents. Les sels de feiq de cuivre, d’étain, possèdentune saveur métallique désagréable, dite styptique ou atramentaire ; etc.
Action de l’eau sur les sels. — Ce sujet a déjà été traité (t. I, § 107 à 118).
RÉACTIONS GÉNÉRALES DES SELS
RÉACTIONS GÉNÉRALES DES SELS
675. Nous aurons à envisager successivement : 1“ l’action des métaux sur les sels ; 2° l’action des bases ; 3“ l’action des acides ; 4° l’action mutuelle des sels sur les sels. Les lois qui régissent ces trois derniers modes d’action sont connues sous le nom de lois de Berthollet.
Ces lois peuvent se résumer dans la proposition suivante :
Dans V action des hases et des acides sur les sels et dans l'action réciproque des sels les uns S2ir les autres, il y aura décomposition toutes les fois qu’il qjourra se former un produit plus volatil ou moins soluble que les corps réagissants.
Nous allons passer en revue les principaux cas qui peuvent se présenter, puis nous ferons ressortir les faits qui sont en désaccord avec ces lois, désaccord qui, comme l’a montré M. Bertlielot, tient aux phénomènes thermiques.
676. Action des métaux sur les sels. — D’une manière générale un métal sera déplacé de ses solutions salines par un autre métal toutes les fois que celui-ci sera plus oxydable que le métal du sel, ou, en d’autres termes, plus électro-positif. Cette affinité pour l’oxygène ou pour un autre élément électro-négatif étant mesurée par la chaleur de combinaison (en dissolution), on peut, connaissant celle-ci, prévoir s’il y aura ou non déplacement, le principe du travail maximum étant ici généralement applicable.
Il ne peut être question ici de l’action des métaux décomposant l’eau à froid, puisque c’est dans ce cas l’hydrate du métal réagissant qui prend d’abord naissance et qui agit suivant les règles que nous trouverons plus loin.
Si nous envisageons les métaux proprement dits, nous verrons, et ceci est d’accord avec les données thermiques, que le zinc et le fer déplacent le cuivre ; le cuivre, le mercure ; le mercure, l’argent. Le zinc et le fer déplacent également l’étain, le plomb, le bismuth et en général tous les métaux lourds.
Les expériences suivantes mettent ces faits en évidence. Si Tou plonge une lame de fer ou de zinc dans une solution cuivrique, elle se recouvre immédiatement d’un dépôt rouge de cuivre spongieux qui augmente rapidement, jusqu’à ce qu’il ne reste plus de