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ACTION DES MÉTAUX SUR LES SELS

cuivre dissous ; cette réaction est utilisée pour obtenir le cuivre de cément.

Le plomb se dépose de même sur le zinc en petits cristaux qui se réunissent en amas arborescents [arbre de Saturne). Idarbre de Diane s’obtient en introduisant un globule de mercure dans une solution d’azotate d’argent; le mercure se hérisse bientôt d’aiguilles brillantes constituant un amalgame d’argent.

Si, au lieu d’opérer sur des sels neutres ou légèrement acides, on opère sur des solutions alcalines de ces sels, ces déplacements pourront ne plus être les mêmes.

L’action d’un métal sur le sel d’un autre métal peut être dans certains cas limitée par une cause extérieure. Ainsi le déplacement de l’argent par le fer s’arrête rapidement par ce que le fer se recouvre d’une gaine imperméable d’argent. Le plomb qui déplace le cuivre de son azotate est à peu près sans action sur le sulfate de cuivre, parce qu'il se recouvre d’une couche de sulfate de plomb.

Mais un métal peut encore agir d’une autre manière sur certaines solutions métalliques. Ainsi, lorsqu’un métal forme plusieurs degrés de combinaisons et qu’on a affaire à la combinaison au maximum, en dissolution, celle-ci est ramenée au minimum par le métal lui-même ou par d’autres métaux oxydables. Le fer ramène ainsi le chlorure ferrique à l’état de chlorure ferreux; le zinc agit de même. Le chlorure cuivrique est ramené à l’état de chlorure cuivreux par le cuivre.

Citons encore l’action réductrice que peut exercer le métal sur l’acide du sel : ainsi l’azotate de plomb est ramené à l’état d’azotite basique lorsqu’on traite sa solution par le plomb.

Enfin, l’action d’un métal sur certaines solutions salines peut provoquer la formation de sels basiques au contact de l’air ; telle est par exemple l’action du zinc sur le sulfate de zinc ou sur le sulfate d’aluminium.

Le déplacement d’un métal par un autre peut aussi avoir lieu par voie sèche. Ainsi le fer déplace le plomb et l’antimoine lorsqu’on traite leurs sulfures fondus par ce métal.

677. Action des bases sur les sels. — Plusieurs cas peuvent se présenter suivant que la base réagissante est soluble ou insoluble, et suivant la solubilité ou l’insolubilité de la base engagée dans le sel.

RÉACTIONS GÉNÉRALES DES SELS

Toutes bases solubles. — II n’y a aucmio réaction apparente, mais il faut admettre qu’il se fait un partag’c de l’acide entre les deux bases proportionnellement à son affinité pour celles-ci et à leurs proportions relatives.

Quand la base ajoutée peut former avec l’acide du sel un autre sel insoluble, la réaction aura lieu. Ainsi la chaux, la baryte déplacent la potasse du sulfate ou du carbonate de potassium.

Bases solubles et sels à base insoluble. — Une hme mluhle déplace une hase insoluble : telle est la loi énoncée par Bertliollet.

2AzO'^ Ag + 2KIIO = 2AzQ3K Ag^O + II^O SO^Cii +2KHO=: +Gu(OH)2

Cette dernière réaction suppose que la potasse a été employée au moins en quantité équivalente au sulfate de cuivre. Si ce dernier sel était en excès, c’est un sulfate basique insoluble qui prendrait naissance. Cela a lieu pour tous les sels dont les métaux peuvent former des sels basiques.

Toutes bases insolubles. — Il n’est pas nécessaire qu'une base soit soluble pour qu’elle déplace une base insoluble.

Chaque fois que la base ajoutée aura plus d’affinité pour l’acide que la base combinée, c’est-à-dire donnera lieu à un plus grand dégagement de chaleur, le déplacement aura lieu. Ainsi la magnésie déplace tous les oxydes ou hydrates des métaux proprement dits ; il en est de même de l’oxyde manganeux ; l’oxyde de zinc déplace l’oxyde de cuivre et l’oxyde de plomb. L’oxyde ferrique, ou plutôt son hydrate, est déplacé par presque tous les autres hydrates métalliques.

Sels à base volatile. — Enfin, il y aura réaction si elle peut donner naissance à une base volatile. Si nous n’envisageons que les bases de la chimie minérale, nous ne trouverons que l’ammoniaque qui Soit dans ce cas.

L’ammoniaque est déplacée par toutes les bases énergiques. Si le sel est solide, l’ammoniaque se dégage déjà à froid; s’il est dissous^ elle restera en dissolution. Un grand nombre d’hydrates ou d’oxydes métalliques déplacent l’ammoniaque à chaud de la solution de ses sels. Cette décomposition, il faut le remarquer, est facilitée par la tendance à la dissociation des sels ammoniacaux.

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