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OXYDE D’ALUMINIUM OU ALUMINE

site = 3,9 à 4,10. 11 est inatla({uable par les acides et infiisible au chalumeau.

Le corindon a pu être reproduit artiliciellement par plusieurs procédés. Ebelmen l’a obtenu en dissolvant l’alumine dans l’acide borique fondu et volatilisant ce dissolvant dans un four à porcelaine. Gaudin a reproduit le rubis en desséchant l’hydrate d’alumine, colorée par un peu de bichromate de potassium, puisfondant le produit au chalumeau oxy-hydrique. On obtient encore de l’alumine cristallisée en faisant réagir à une température très élevée le fluorure d’aluminium en vapeur sur l’anhydride borique (Deville et Caron). La calcination du phosphate d’aluminium ou du sulfate de sodium en excès, à une température très élevée, fournit aussi du corindon (Debray).

Enfin, plus récemment, MM. Fremy et Verneuil ont obtenu des cristaux relativement volumineux de rubis en faisant réagir au rouge le fluorure de baryum sur l’alumine additionnée d’une trace de bichromate de potassium. Les cristaux obtenus sont identiques au rubis naturel (Descloizeaux).

Ajoutons que de Senarmont a observé la production d’alumine anliydre cristallisée en chauffant sous pression une solution d’azotate d’aluminium.

L’alumine anhydre amorphe s’obtient en calcinant l’alumine hydraté ou certains sels comme l’azotate ou le sulfate (voir Alun).

L’alumine amorphe a pour densité 3,75; chauffée dans un four à réverbère, elle devient plus dense (3,9) et plus dure, mais elle n’est amenée à l’état cristallin que si on la fond au chalumeau oxy-hydrique. Avant la calcination, c’est une poudre blanche ou une masse gommeuse soluble dans les acides concentrés. L’alumine très fortement calcinée et l’alumine cristallisée ne peuvent être amenées en solution qu’après avoir été fondues avec un alcali ou avec du bisulfate de potassium.

1271. Hydrates d’aluminium. — h' hydrargillite ou gibbslte AF(OII)'^ et le diaspore APO^(OH)^ sont des hydrates naturels cristallisés. Chauffés, ils éclatent en une foule de petites parcelles. La bauxite est un hydrate plus ou moins ferrugineux, amorphe (AlFe)^0(0[I)L

On obtient l’hydrate d’alumine en précipitant un sel d’aluminium par l’ammoniaque à froid ou à chaud (le précipité produit par le carbonate de potassium entraîne toujours de l’alcali).

ALUMINIUM

Lo précipité est gélalinciix et se dcsséclic oii une masse cornée qui constitue l’iiydrate A12(01l)''’ et qui perd peu à peu de l’eau quand on la cliaufle; vers 300“ le produit renferme AP02(C)11)- (soit APOMPO). La calcination lui fait perdre toute Peau qui, en se dégageant, réduit la masse en une poudre animée d’un mou-

vement particulier. L’alumine desséchée est hygrométrique.

Un obtient encore de l’alumine hydratée en précipitant la solution d’aluminate de sodium par l’acide carbonique ou par un autre acide.

L’alumine hydratée possède à un haut degré la propriété d’entraîner dans sa précipitation une foule de matières minérales ou organiques; avec les matières colorantes, on obtient ainsi des laques, qui ne cèdent pas la matière colorante à ses dissolvants habituels. Cette propriété est utilisée pour l’impression et la teinture, ainsi que pour la purification des eaux.

L’alumine précipitée est tout à fait insoluble dans l’eau. Elle se dissout dans la potasse et dans la soude, mais non dans l’ammoniaque, qui n’en prend que des traces, ni dans les carbonates alcalins.

L’ébullition prolongée de l’alumine la modifie en la transformant en un hydrate insoluble dans les acides et dans les alcalis et renfermant APO^(OH)^, comme cela a lieu pour l’hydrate ferrique (Péan de Saint-Gilles).

Alumine soluble. — Si l’on soumet à la dialyse une solution d’alumine hydratée dans le chlorure d’aluminium, il reste de l’alumine colloïdale dissoute sur le dialyseur (Graham). Cette solution est neutre et sans saveur; elle est très instable et se gélatinise après quelques jours, effet qui se produit immédiatement par l’addition de traces d’un alcali, d’un acide ou d’un sel.

On obtient une autre modification soluble en chauffant une solution d’acétate d’aluminium^ obtenue en précipitant le sulfate d’aluminium par l’acétate de plomb et filtrant. Cette solution abandonne un acétate basique Al-(OH)-(C^rPO‘^)^-f-fPO qui se redissoul lorsqu’on le traite par 200 fois son poids d’eau bouillante. Si l’on maintient cette solution à 100“ pendant dix fois vingt-quatre heures dans un vase bouché, puis qu’on l’étende d’eau, de manière à n’avoir en solution que 0,25 p. 100 d’alumine, et qu’on fasse bouillir longtemps, en remplaçant l’eau qui s’évapore, l’acide acétique est peu à peu chassé et la solution devient neutre (Walter Crum).

SELS D’ALUMINIUM

L'alumine qui rosie ainsi dissoute est coagulée dans les mêmes circonstances que celle de Graham, mais tandis que cette dernière se redissout dans un excès d’acide après sa coagulation et qu’elle est apte à former des laques, celle de M. Crum est insoluble dans les acides et sans affinité pour les matières colorantes.

1272. Aluminates. — L’alumine peut fonctionner comme un acide faible et donne naissance à des aluminates, qui ont pour type le spinelle ou aluminate de magnésium naturel APO’Mg, qui est cristallisé dans le système régulier et qui est incolore ou coloré (rubis spinelle) par divers oxydes métalliques; le magnésium peut y être remplacée en tout ou en partie par du fer, du zinc (gahnite), etc., tandis qu’une partie de l’aluminium peut être remplacée par du fer. Un autre aluminate naturel est la cymopliane, ou aluminate de glucinium APO''Gl, pierre précieuse verte, en cristaux orthorhombiques.

Ces minéraux ont été reproduits artificiellement par les procédés qui ont servi à reproduire les corindons.

Aluminate de sodium. — Il n’a pas été obtenu cristallisé. Sa solution s’obtient industriellement en traitant la cryolithe par la craie, par voie sèche, ou bien en la faisant bouillir avec un lait de chaux (732). La bauxite fournit de l’aluminate de sodium lorsqu’on la fond avec du carbonate de sodium ou un mélange de sulfate de sodium et de charbon.

La lessive d’aluminate de sodium est très employée en teinture comme mordant, pour la préparation des laques colorées, pour l’encollage du papier, et enfin, pour la préparation de l’alumine pure et par suite des autres composés d’aluminium.

Aluminate de potassium AP0'K^-|-3H^0. — On l’obtient comme celui de sodium, et sa solution cristallise dans le vide en cristaux durs et brillants (Fremy).

Aluminate de baryum APO^Ba-h4IPO. — On fond l’alumine avec de la baryte ou son azotate, on reprend par l’eau et on ajoute de l’alcool à la solution : l’aluminate se dépose sous forme cristalline. Il est très instable (H. Deville).

SELS D’ALUMINIUM

L’alumine est une base faible, et les solutions de ses sels ont généralement une réaction acide. Leur saveur est astringente. Elle tend en outre à donner des sels basiques.

SELS D’ALUMINIUM

Le chloraU', le bromatc cl Viodale sont des sels (léli([uescciits, sans importance.

1273. SulfatG d’aluminium (SO‘j*(AP). — Le sel normal, <111 on rencontre dans la nature [alun de plume) ^ est préparé industriellement en dissolvant l’argile, silicate aluminique plus ou moins pur, dans la moitié de son poids d’acide sulfurique des chambres de plomb, marquant 52” B”, après l’avoir réduite en poudre et calcinée sur la sole d’un four à réverbère, pour peroxyder le fer et le rendre insoluble. La dissolution s’elîectue à 100° ou 150° dans des chaudières en tôle plombée, pourvues d’un agitateur. Après clarification par dépôt, on décante la solution dans des cbaudières plates en plomb, où on la concentre à cristallisation. On obtient ce sel plus pur en employant l’alumine provenant de l’aluminate de sodium.

Le sulfate d’aluminium cristallise par la concentration en un amas de lamelles^ hexagonales nacrées, renfermant ISIPO. Il est soluble dans deux fois son poids d’eau froide. Chaulfé, il fond dans son eau de cristallisation, se boursoufle et laisse une masse poreuse qui est le sulfate anhydre, sel qui ne se dissout que difficilement dans l’eau. Calciné, il laisse un résidu d’alumine.

Le sulfate d’aluminium est employé en teinture comme mordant, et doit alors être exempt de fer. On s’en sert pour l’encollage du papier. Pour cet usage, on emploi de préférence le sel brut renfermant la silice de l’argile, ainsi que de l’argile non dissoute [alun-cake des Anglais).

Sulfates basiques. — Ils sont nombreux, mais quelques-uns ne sont sans doute que des mélanges. On les obtient en faisant bouillir la solution du sel normal avec de l’alumine, ou en la saturant partiellement par l’ammoniaque. Dans le premier cas on obtient une solution épaisse, renfermant une molécule d'alumine en plus du sel normal; l’ébullition de cette solution avec une plus grande quantité d’eau dédouble ce sel basique en sel normal et sel plus basique qui se précipite ;

(SO^)^(A12O3)3.30H2O ou (S0^)-'AI2(0H)2.2S0^A12(0II)^-|-25H20.

Ce même sel se dépose à la longue de sa solution sirupeuse en croûtes cristallines composées d’aiguilles microscopiques.

La nature nous offre un sulfate basique, d’aspect terreux, X aluminite ^ qui renferme (SO’)AP(OII)* -I-7IPO.

ALUNS.

ALUNS.

Cette classe importante de sels doubles a pour type l’alun proprement dit.

(SO^)3A12.SO'*K2 + 24H20, soi t (S04C)2 + 24H2Q.

Le potassium de ce sel peut être remplacé par un autre métal alcalin, et le double atome d’aluminium par Fe^Gr^,MnL Enfin, l’acide sélénique peut y remplacer l’acide sulfurique. Tous ces sels sont cristallisés en octaèdres réguliers, et peuvent cristalliser l’un sur l’autre.

1274. Alun de potassium. — C’est le plus anciennement connu; il était désigné autrefois sous le nom d’alun de Rocclia, du lieu d’origine, d’où la dénomination fautive à^alun de roche. Après avoir été fabriqué en Asie Mineure, les Italiens introduisirent au quinzième siècle cette industrie àTolfa, dans les anciens. Etats de l’Eglise, où elle s’exerce encore de nos jours. La matière première est un sulfate basique double ndiX\XYQ\,V alunite on pierre d’alun 3[SO^AP(OH)^].SOR^^ qui résulte sans doute de l’action des émanations sulfureuses sur les roches tracbytiques. L’alunite mélangée de combustible est disposée en meules, et soumise à une légère calcination; le produit est ensuite exposé à -l’air humide, puis lessivé. La solution, séparée de l’alumine insoluble, est enfin soumise à la cristallisation. On obtient ainsi Valun de

Rome, caractérisé par une teinte rosée, due à un peu d’oxyde ferrique divisé, qui reste insoluble lorsqu’on redissout l’alun dans l’eau. L’alun de Rome se distingue encore de l’alun ordinaire par sa forme cubique, résultant de la présence d’un peu de sulfate basique.

On tire un meilleur parti de l’alunite en traitant ce minéral, grillé pour suroxyder le fer, par l’acide sulfurique; on ajoute ensuite du sulfate de potassium à la solution et l’on fait cristalliser.

Préparation par les argiles. — On prépare d’abord le sulfate d’aluminium comme on l’a vu plus haut, et, au lieu de faire cristalliser ce sel, on ajoute à sa solution une quantité convenable de sulfate de potassium. Si les solutions sont concentrées, il se précipite de l’alun en petits cristaux; si elles sont étendues, on le fait cristalliser par concentration. Ou le purilie dans les ,doux cas par une nouvelle cristallisation.

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