‹ Traité de chimie minérale et organique (volume 2)Chapitre 236 sur 359 · PORCELAINE DURE OU CHINOISE · texte numérisé non relu

PORCELAINE DURE OU CHINOISE

argileuse et de sable. La couverte dont on la recouvre est généralement plombifère ; elle se fendille facilement et présente peu de résistance à l’action des acides et au frottement.

Faïence coadiune ou italienne. — Composée d’argile, de marnes et de sable, la pâte de cette faïence est opaque, tendre, légèrement colorée. Elle est recouverte d’un vernis opaque, ordinairement stannifère, appliqué après une première cuisson ; ce vernis est sujet à se fendiller et à s’écailler.

Les faïences pour poêles et panneaux de cheminées sont fabriquées avec un mélange de 2 parties d’argile crue et de 1 partie d’argile cuite ou de sable. On évite les gerçures qui se produisent si facilement sur la couverte en ajoutant à la pâte une petite quantité d’un fondant alcalin ou calcaire; l’émail adhère alors mieux à la surface. Les lieux de production, en France, sont P ai •is, Rouen, Nevers, Lunéville, etc.

Faïence fine ou anglaise [terre de pipe; cailloutage). — La pâte est blanche, opaque, à texture très fine, dense et sonore. Elle est formée d’argile plastique lavée et de silex phorphyrisé ; on y ajoute quelquefois de la craie. La couverte, qui est transparente, est formée de silice, de feldspath, de soude et d’oxyde de plomb. Le façonnage de ces pièces est très soigné, mais la couverte est très tendre. Les faïences fines se fabriquent en France, à CJioisy, Creil, Montereau. Chantilly, etc.

Grès cérames. — On donne ce nom à des poteries à pâte très dure, dense, sonore, opaque, à grain plus ou moins fin. Elle est composée d’argile plastique dégraissée par du sable, du ciment, du grès ou du silex. La cuisson a lieu à une température très élevée et le vernissage est produit le plus souvent par le sel marin. Les grès sont imperméables, même lorsqu’ils ne sont pas vernissés. Ils sont colorés en bleu, en gris, en noir ou en vert par divers oxydes métalliques. Les grès fins se rapprochent de la porcelaine et, comme elle, sont demi-vitrifiés par l’intervention du feldspath.

1290. Porcelaine dure ou chinoise. — La pâte est fine, translucide et incolore; elle n’est pas rayée par l’acier. Elle est formée d’argile plastique pure et blanche ou de kaolin, avec addition de feldspath, seul ou mélangé de sahle siliceux, de craie et de gypse. La couverte est appliquée par immersion après une première cuisson qui donne la porcelaine dégourdie ou biscuit. La couverte est produite par un feldspath siliceux [pegmatite de Saint-Yriex,

pHunzé (les Chinois). Elle fond à la Lcnipéralui’e où la porcelaine commence à se vitrifier.

La seconde cuisson a lieu dans les fours à alandiers (1287), à une iempéraUire très élevée (140° Wedgwood, température de fusion de la fonte). La pâte se ramollit, devient translucide et éprouve im retrait considérable. Le façonnage des pièces, leur maniement et leur cuisson exigent les plus grands soins.

La composition de la pâte employée à Sèvres est la suivante ;

Pâte de service. Pâte de sculpture.

Kaolin lavé 64 »

— caillouteux » 62

Craie de Bougival 6 4

Sable d’Aumont 20 17

Petit sable.. 10 »

Feldspath quartzeux » 17

Après la cuisson, l’analyse de la pâte de service de Sèvres indique la composition ci-dessous; nous mettons en regard la composition d’une porcelaine de Chine ; cette porcelaine est beaucoup plus fusible et s’affaisse complètement lorsqu’on l’expose au feu des fours de Sèvres.

Sèvres.

Porcelaine de

Silice

Alumine

O.vyde de fer

Chaux et magnésie

Potasse

Soude

1291. Porcelaine tendre. — La pâte de cette porcelaine est fine, dure, translucide et presque vitreuse ; elle est fusible à une haute température, ce qui tient à ce qu’elle contient des alcalis et de la chaux, en quantité notable. La couverte est plombifère et sa composition est analogue à celle du cristal.

C’est la porcelaine connue sous le nom de vieux Sèvres; son invention est due à Morin, en 1695. Pour composer la pâte, on faisait d’abord une fritte formée de 60 p. 100 de sable de Fontainebleau, de 22 p. 100 de salpêtre fondu, de 7,2 p. 100 de sel marin, de 3,6 d’alun et autant de soude et de gypse; puis on mélangeait 75p,0 de cette fritte avec 17 de craie et 8 de marne calcaire, et on procédait au façonnage et à la cuisson en biscuit. La

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