‹ Traité de chimie minérale et organique (volume 2)Chapitre 24 sur 359 · ACTION DES SELS SUR LES SELS · texte numérisé non relu

ACTION DES SELS SUR LES SELS

strictement équivalentes aux quantités correspondantes de sodium et de baryum (Gladstone).

Au reste le partage dont nous parlons peut directement s’observer dans certains cas où l’on emploie des sels colorés. Que l’on mélange des solutions de chlorure de sodium en excès avec du sulfate de cuivre qui est bleu, on obtiendra un mélange vert, couleur du chlorure cuivrique; inversement si le chlorure cuivrique vert est mélangé avec un excès de sulfate de sodium, la solution sera bleue.

De même il y a double décomposition entre l’acétate de sodium et le chlorure ferrique. La solution de ce dernier est jaune ; le mélange sera rouge brun, couleur de l’acétate ferrique. Le chlorure ferrique est également coloré en rouge de sang par l’addition du sulfocyanate de potassium.

Sels solubles et sels insolubles. — Il peut y avoir partage des éléments comme dans le cas de deux sels solubles. Si l’on fait bouillir du sulfate de baryum avec une solution de carbonate de sodium, on reconnaîtra aisément dans la liqueur filtrée la présence de sulfate de sodium, tandis que la partie insoluble renfermera du carbonate de baryum.

SO^Ba H- CO^Na2 SO^Na^ 4- CO^Ba.

La réaction n’est pas complète, mais elle l’est d’autant plus que le sel soluble a été employé en plus grand excès. Elle permet de reconnaître l’acide d’un sel insoluble, acide qui est combiné dans la solution, et la nature du métal dont une partie est convertie en carbonate, insoluble dans l’eau mais soluble dans les acides.

Les phosphates, borates, arséniates, silicates insolubles sont comme les sulfates insolubles attaqués en partie par les carbonates alcalins.

Voie sèche. — Les sels peuvent aussi réagir l’un sur l’autre par voie sèche, mais il faut que l’iin des deux au moins soit fusible. Les sulfates insolubles, les phosphates, les silicates, sont ainsi décomposés par le carbonate de sodium, et ils peuvent l’être complètement si le carbonate a été employé en quantité suffisante. C’est sur cette réaction qu’est fondée l’attaque des silicates pour leur analyse : la silice fournit du silicate de sodium soluble dans l’eau, tandis que le métal du silicate est converti en carbonate.

RÉACTIONS GÉNÉRALES DES SELS

Il y a encore échange par voie sèche lorsrpie les deux sels peuvent donner naissance à un sel volatil. Si l’on chauffe un mélange do carbonate de calcium et do sel ammoniac, il se dégagera du carbonate d’ammonium.

Un mélange de chlorure do sodium et de sulfate mercurique donnera de môme du sulfate de sodium et du sublimé corrosif ou bichlorure de mercure.

2NaCl -h SO'‘Hg rrr IIgC12 + SO^^NaS.

680. Exceptions aux lois de Berthoilet. — Ces lois ne sont pas aussi absolues que l’avait pensé Berthoilet, et l’on a depuis longtemps senti la nécessité, pour les interpréter, de faire intervenir les affinités réciproques dans les réactions entre les sels, les acides et les bases ; mais l’importance de ce facteur n’a pris corps que depuis que l’on sait mesurer l’affinité par la chaleur dégagée; c’est ce qu’a très bien fait ressortir M. Berthelot, qui a montré que si les réactions en question s’accomplissent, c’est qu’elles sont conformes au principe du travail maximum applicable dans ces circonstances, et que si les corps mis en présence ne donnent pas naissance à un système de corps dégageant plus de chaleur, il n’y aura pas réaction, qu’il doive ou non se former un composé insoluble.

Action des bases sur les sels. — L’addition de potasse ou de soude à un sel de calcium en précipite de la chaux, conformément aux lois de Berthoilet ; mais contrairement à ces lois l’ammoniaque ne produit rien de semblable. Nous en verrons aisément la raison si nous envisageons les données thermiques relatives aux corps en présence et à ceux qui peuvent se former :

La formation du chlorure de calcium dissous dégage pour 1/2 CaCP 93®“h8, celle du chlorure de potassium 100'^\8 et celle du chlorure d’ammonium 72°®b7 ; la potasse devra donc déplacer la chaux, ce que ne fait pas l’ammoniaque.

La potasse décompose le chlorure mercurique en précipitant do l’oxyde de mercure conformément à la loi de Berthoilet et aux données thermiques

Ha. Cl' (dissous) H- K*.0 (dissous) = Hg.O -+- 2K.C1 (diss. j

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