COMPOSÉS AZOTÉS DE L’OR
explosibles connus depuis long temps. Bergmann, puis Scheele s’en sont occupés, mais Dumas le premier en a fait une étude précise qui a été reprise tout récemment par M. Rascliig et étendue aux dérivés fournis par les différents oxydes de l’or.
L’analyse de ces composés se fait en les dissolvant dans l’acide chlorhydrique et dosant l’or et l’ammoniaque.
Aürosaaiikes. — L’hydrate sous-aureux devient d’un noir foncé par sa digestion avec l’ammoniaque concentrée. Le composé fulminant produit a pour composition Au^Az^IL'’-[-4I-PO. L’eau bouillante lui enlève 1 molécule d’ammoniaque et laisse la triaurosamine ou azoture sous-aureux AzAu®-[-5H^O, qui n’est décomposée ni par l’eau ni par les acides étendus. Ces composés ne font pas explosionpar le frottement, mais déflagrent au contact d’une tige de fer rougie.
L’hydrate aureux est converti par l’ammoniaque, sans changer d’aspect, en un composé très fulminant dans lequel le rapport de l’or à l’azote est sensiblement de 1 : 1 ; sous l’influence de l’eau bouillante, ce rapport devient 3 : 1. Il est probable que ces composés renferment de l’hydroxyle et répondent aux formules Au^0^2AzIP ou Az^H’Au^(OH)^ et Az(AuOH)^
1362. Auramines. — Lorsqu’on fait digérer l’hydrate aurique avec de l’ammoniaque concentrée ou avec un sel ammoniacal (dans ce cas la solution devient acide), il se transforme en un composé vert olive qu’on peut sécher à 100°. Sec, il détone avec une grande violence par la chaleur ou par le frottement. L’explosion a lieu d’après Dumas à 143* , mais si l’on maintient le produit, connu depuis longtemps sous le nom d’or fulminant^ au-dessous de cette température il cesse d’être explosible. Son explosion fournit de l’or, de l’azote, de l’ammoniaque et de l’eau, dans des rapports qui conduisent à la formule 2Az^Au'"IP + 3IPO (Dumas, Rasebig).
Les acides dissolvent l’or fulminant sans décomposition à froid et la potasse le reprécipite ; il est donc doué des propriétés basiques d’une amine. Si l’on chauffe la solution acide, il se sépare de l’or et il se forme un sel d’ammonium.
Le produit' fulminant obtenu en ajoutant de l’ammoniaque ou son carbonate à du trichlorure d’or représente un mélange ou une combinaison de l’azoture précédent avec un azoture chloré, AzIPAuCl d’après Dumas. La composition n’est pas constante
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suivant M. Rascliig’. Si l’on verse du chlorure d’or dans de l’ammoniaque, le produit a la meme composition que celui fourni par l’oxyde, il est seulement jaune au lieu d’être vert-olive. D’autre part, la précipitation incomplète du chlorure d’or par l’ammoniaque conduit à un produit dans lequel les rapports de l’or à l’azote et au chlore conduisent à la formule d’un chloramidura AzHAu'"Gl.
1363. Phosphures d’or. — Chauffé dans la vapeur de phosphore, l’or se transforme en une masse grise de G,f37 de densité, qui renferme Au^P^ et qui perd tout son pho.sphore à une température élevée (Schrœtier).
L’hydrogène phosphoré décompose la solution aqueuse du chlorure d’or en en séparant de l’or métallique. Mais si on le fait agir sur une solution éthérée de ce chlorure, il se dépose une poudre brune qui est le phosphure d'or P Au. Ce produit est décomposé par l’eau avec séparation d’or et production d’acides phosphoreux et hypophosphoreux. Il s’enflamme à 110° ou au contact de l’acide azotique (Cavazzi).
RECHERCHE ET DOSAGE DE L’OR
1364. Nous renvoyons pour les caractères des combinaisons de l’or aux réactions indiquées pour le chlorure d’or, en rappelant que ces réactions ne sont pas applicables à l’hyposulfite.
Le spectre de l’or dans l’étincelle est très brillant. Les raies les plus remarquables ont pour longueurs d’onde 627,5; 596; 595,6 et 583 dans l’orangé et le jaune et 523 ; 479 dans le vert et le bleu.
L’or se dose toujours à l’état métallique, et la facilité avec laquelle il est précipité à cet état permet de le séparer de tous les autres métaux. Analytiquement il appartient à la classe des métaux dont les sulfures, produits en solution acide, sont solubles dans le sulfure ammonique. Nous verrons à l’occasion du platine comment on le sépare des métaux qui l’accompagnent dans ce cas. Voir § 1345, pour l’essai des matières d’or.
BISMUTH. —•Bi = 207,5.
1365. Historique. — État naturel. — La première mention du bismuth comme métal particulier est faite par Agricola, au commencement du seizième siècle ; il n’en fut pas moins confondu