DOSAGE DU BISMUTH ET CARACTÈRES DE SES SELS
1386. Chauffés au chalumeau sur le charbon avec du carbonate de sodium, les composés de bismuth donnent un enduit jaune et un globule cassant de bismuth métallique.
Les sels solubles ont une réaction acide et sont décomposés par l’eau en excès avec production de sels basiques solubles dans les acides. L’acide tartrique n’empêche pas cette précipitation, ce qui distingue le bismuth de l’antimoine.
Les alcalis donnent dans les sels de bismuth un précipité blanc d’hydrate bismuthique insoluble dans un excès d’alcali. A l’ébullition le précipité devient anhydre, jaune et cristallin. L’acide tartrique n’empêche pas cette précipitation. Les carbonates alcalins; donnent un précipité de carbonate basique.
U hydrogène sulfiiré îo\xvmi\m précipité noir de sulfure,, insoluble dans les acides étendus et dans les sulfures alcalins.
Le ferrocyanure de potassium donne un précipité blanc, insoluble dans l’acide chlorhydrique. Le précipité de ferricyanure est jaune et soluble dans cet acide. Les chromâtes alcalins donnent des précipités insolubles.
Dosage et séparatiox. — Le dosage du bismuth s’effectue le plus souvent à l’état d’oxyde, en précipitant la solution par le carbonate ammonique, séchant et calcinant le précipité d’hydrate. Mais cette précipitation ne doit se faire que sur la solution de l’azotate; si l’on avait le bismuth k l’état de chlorure ou de sulfate, il faudrait d’abord le précipiter par l’hydrogène sulfuré, puis redissoudre le précipité bien lavé dans l’acide azotique.
On peut aussi doser le bismuth à l’état métallique en fondant l’oxyde ou l’oxychlorure ou même le sulfure avec du cyanure de potassium dans un petit creuset. On pèse le globule de bismuth après l’avoir lavé et séché. Enfin on précipite quelquefois le bismuth à l’état de phosphate ou de chromate.
La séparation du bismuth se fait par l’hydrogène sulfuré. Le précipité, traité par le sulfure ammonique pour le priver des sul-
ÉTAIN
fiires solubles (arsenic, antimoine, etc.), peut contenir du plomb, séparable par l’acide sulfurique après redissolution du précipité dans l’acide azotique; de l’argent, qu’on peut précipiter par l’acide chlorhydrique; ducuivre et ducadrnium, desquels on sépare le bismuth par l’ammoniaque, qui redissout les hydrates de cuivre et de cadmium. On peut du reste séparer le bismuth de tous les métaux de ce groupe, y compris le mercure, mais non le plomb, en précipitant la solution qui les renferme par le carbonate de sodium et faisant digérer le précipité avec une solution de cyanure de potassium. Les oxydes ou carbonates d’argent, de cuivre, de mercure, de cadmium se redissolvent, tandis que ceux de plomb et de bismuth restent à l’état de composés insolubles dans l’eau. On redissout le résidu dans un acide, on sépare le plomb à l’état de sulfate, puis on précipite le bismuth à la manière ordinaire.