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PROPRIÉTÉS DE L’ÉTAIN

1389. Propriétés. — Propriétés physiques. — L’étain pur €st d’un blanc d’argent, gris ou bleuâtre s’il est impur. Il est mou, très malléable et ductile, mais peu tenace. Il a une texture cristalline fibreuse. Si l’on plie un barreau d’étain, il fait entendre un bruit particulier, le cri de l’étain. Sa structure cristalline se modifie par des froids intenses, de — 40° par exemple; il devient alors friable et le choc active cette altération. Des barres d’étain expédiées par chemin de fer de Rotterdam à Moscou étaient arrivées à destination réduites en petits octaèdres gris (Oudemans). Le métal devient également cassant à 200° et peut alors être pulvérisé. On l’obtient facilement ainsi en le versant fondu dans une boite de bois enduite de craie, que l’on agite vivement.

La malléabilité de l’étain permet de le battre en feuilles de 27 millièmes de millimètre d’épaisseur. Le cuivre, le plomb, le fer diminuent sa ténacité.

L’étain est très peu sonore. Frotté il répand une odeur caractér ristique, désagréable, qui se retrouve dans nombre de ses combinaisons. Il fond à 228° et se solidifie à 225° et n’est pas sensiblement volatil. La densité de l’étain fondu est 7,29. La densité du métal cristallin déposé par électrolyse est 7,128, mais remonte à 7,29 par fusion (Miller).

L’étain cristallise par fusion en prismes ou en tables quadrangulaires. On l’obtient en agrégation de cristaux quadratiques par l’électrolyse d’une solution étendue de chlorure stanneux ou en plongeant une lame de zinc dans cette solution, ou bien encore en versant une couche d’eau sur une solution concentrée de ce chlorure et y plongeant une lame d’étain. Une portion du métal se dissout et est remplacée par de grands prismes brillants ou des pyramides tétragonales, à la surface de séparation des deux liquides.

Propriétés chimiques. — L’étain est inaltérable à l’air à froid, mais il s’oxyde à une température élevée. Il est sans action sur l’eau ; il est légèrement attaqué par les solutions salines, mais sans qu’il se dissolve de métal ; s’il estplombifère, il entre du plomb en dissolution. L’acide clilorbydrique concentré dissout rapidement l’étain avec dégagement d’hydrogène, en donnant du chlorure stanneux.

L’acide sulfurique concentré attaque l’étain à 150° avec dégagement d’acide sulfureux; s’il est étendu de deux à quatre molé-

ETAIN

Cilles d’eau, il y a surlout dégagemenl d’hydrogène sulfuré.

L’acide azotique ordinaire transforme l’étain en acide métastannique insoluble; il se forme en meme temps de l’azotate d’ammonium. L’acide fumant est sans action.

Les alcalis dissolvent l’étain à chaud en produisant des métastannatcs. Avec les sulfures alcalins, il se forme des sulfostannates.

L’étain s’unit directement aux éléments halogènes et à chaud au soufre, au phosphore et à un grand nombre de métaux.

Poids atomique. — Dumas, en analysant le chlorure stannique, a trouvé pour le poids atomique de l’étain le nombre 117,77 (0=^15,96); l’analyse de l’oxyde stannique l’a conduit au nombre 117,7.

1390. Usages. — L’étain est très employé pour la fabrication d’ustensiles de ménage et autres, soit seul, soit allié à d’autres métaux, soit encore en dépôt adhérent sur le fer ou sur le cuivre. Il sert à l’étamage des glaces. Les feuilles d’étain sont employées sous le nom de tain pour protéger beaucoup de denrées alimentaires, par exemple le chocolat, contre l’air et l’humidité. Il doit pour cet usage être parfaitement exempt de plomb, comme celui qui est employé pour les ustensiles de ménage. Il sert enfin à préparer divers produits utilisés dans les arts.

Étamage des métaux. — Nous avons déjà parlé de l’étamage du fer (1104). Pour l’étamage du cuivre et du laiton, on décape avec soin les surfaces du métal à étamer en la saupoudrant à chaud de sel ammoniac qui transforme la légère couche d’oxyde de cuivre en chlorure que le frottement enlève facilement, puis l’on promène sur toute la surface de l’étain fondu en frottant avec une étoupe ; on en empêche l’oxydation en saupoudrant la surface avec de la poudre de colophane. On n’obtient ainsi qu’une couche très faible d’étain. Pour avoir une couche plus épaisse, on allie souvent à l’étain 1/4 ou 1/10 de plomb, ce qui n’est pas sans danger, en raison de la grande toxicité du plomb. On fait aussi usage dans ce but de Y alliage 'polychrome de Biberel, mais son application est beaucoup plus difficile; cet alliage, qui est formé de 6 parties d’étain et de 1 partie de fer, s’obtient en projetant des rognures de fer dans l’étain fondu, qu’on chauffe ensuite au rouge. On a aussi proposé l’emploi d’un alliage (dit de Biidi) d’étain, de nickel (5,0 p. 100) et de fer (6,0 p. 100) qui fournit un étamage

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