‹ Traité de chimie minérale et organique (volume 2)Chapitre 271 sur 359 · EXTRACTION DE L’ÉTAIN · texte numérisé non relu

EXTRACTION DE L’ÉTAIN

ment composée de quartz. Les gisements stannifères les plus importants sont clans le comté de Cornouailles, en Espagne, en Saxe et en Boliême, au Chili, au Pérou et au Mexique, en Australie (Queensland et Nouvelle-Galles du Sud), enfin dans les îles de la Sonde, où les célèbres gisements de Banca et de Malacca fournissent l’étain le plus pur. En France, on le rencontre dans le Morbihan.

1388. Extraction de Pétain. — Elle est très simple en raison de la facilité avec laquelle l’oxyde d’étain peut être réduit par le charbon. Le minerai est trié, bocardé et lavé, puis soumis au grillage pour en séparer le soufre et l’arsenic; l’acide arsénieux produit est recueilli dans des chambres spéciales. Le grillage s’effectue dans des fours à réverbère ou dans des cylindres inclinés, animés d’un mouvement de rotation autour de leur axe et traversés par la flamme d’un four ; le minerai y est introduit par le haut à l’aide dhine trémie et resort par la partie inférieure après avoir subi le grillage.

Le minerai est de nouveau soumis à la lévigation puis à un second grillage.

La réduction du minerai grillé s’effectue, en Saxe et en Bohême, par le charbon de bois, dans des fours à manche de 4 mètres de hauteur et à tuyère ; l’étain fondu s’écoule dans le bassin de réceptionD par le canal G (fig. 230). Les scories produites, renfermant encore 25 p. 100 environ d’étain, sont soumises à un nouveau traitement, en même temps que les crasses d’affinage.

Le raffinage de l’étain a lieu sur une aire de liquation légèrement inclinée sur laquelle on allume de petits morceaux de bois. On y pose les pains d’étain brut; celui-ci fond peu à peu et s’écoule dans une cavité en granité où on le puise pour le couler en feuilles qu’on soumet à une nouvelle liquation après les avoir roulées en balles. Durant cette opération, il se produit des crasses, formées en partie par un alliage d’étain, de fer et d’arsenic.

ETAIN

On mélange ces crasses avec la gTonaille d’étain provenant du bocardage des scories et on les fond dans des pots en terre avec du charbon, en remuant la masse fondue avec des branches de bois vert; les gaz résultant de la décomposition du bois entraînent les parties volatiles, arsenic, oxyde d’antimoine, zinc. Enfin on raffine l’étain qui résulte de ce traitement.

En Cornouailles, les minerais d’alluvions sont traités h peu près comme en Saxe; mais le minerai de filons, beaucoup moins pur, est réduit dans des fours à réverbère, à une seule cbaufi’e, à voûte surbaissée et à sole creuse et ellipsoïdale. Le minerai grillé est mélangé de un demi-quart de son poids de charbon et introduit humide, pour éviter l’entraînement des poussières, par une des portes du four ; une autre porte est ménagée pour le brassage de la masse et la sortie des scories. L’étain fondu s’écoule par un canal de sortie ménagé dans la partie la plus basse de la sole et qu’on tient fermé pendant la fonte. Celle-ci doit se faire à une température inférieure à celle de la fusion de la scorie, sans quoi il se formerait un émail d’une réduction difficile.

L’affinage se fait par liquation dans un four semblable, chauffé modérément; l’étain s’écoule dans des bassins d’affinage où on le brasse avec une branche de bois vert.

La production annuelle de l’étain est de 7,500,000 kilogrammes dont 4 millions pour l’Angleterre, où l’on traite les minerais indigènes ainsi que les minerais d’Amérique et d’Australie. Les îles des Indes en fournissent 3,400,000 et la Saxe 120,000 seulement. Voici la composition des étains du commerce :

Banca. Cornouailles. l’iriac (Loire-l''“). Sa.^e. Pérou.

Klain 99,961 99,76 97,0 98,11 95,6:;

Fer 0,019 traces. 2,8 0,71 0,07

Plomb 0,014 >> >’ » 1>93-

Cuivre 0,006 0,24 » » traces.

Antimoine. ...» » » 0,90 As 2,34

Pour purifier l’étain du commerce, on le dissout dans 1 acide chlorhydrique qui laisse le cuivre, l’antimoine et le plomb;; quant à l’arsenic, il se dégage à l’état d’hydrogène arsénié. On précipite la solution houillante par le carbonate de sodium et on convertit l’hydrate stanneux en acide stannique insoluble en le traitant par l’acide azotique. L’hydrate stannique est enfin calciné et réduit parle llux noir.

Page 1