‹ Traité de chimie minérale et organique (volume 2)Chapitre 274 sur 359 · ALLIAGES D’ÉTAIN · texte numérisé non relu

ALLIAGES D’ÉTAIN

1391. L’étain s’allie à la plupart des métaux. Ses alliages sont en général plus denses que le métal le plus lourd. Beaucoup d’entre eux sont usuels, comme le bronze (968) et la soudure des plombiers, dont nous parlerons à l’occasion du plomb. Quelques-uns renferment plusieurs métaux, comme le métal anglais (t. II, p. 22) et les alliages fusibles (1368). Nous avons signalé plus haut quelques alliages avec le fer.

Étaix et zinc. — Les alliages de ces deux métaux sont plus’ durs et moins malléables que l’étain ; pourtant on peut réduire en feuilles très minces l’alliage renfermant 1/12 de zinc. D’après Rüdberg il n’existe qu’un alliage stable, renfermant 8,5 p. lOü de zinc et fusible à 204°. Tous les autres se liquatent lorsqu’on les fait fondre.

Amalgames d’étain. — Ils se produisent très facilement. Celui qui renferme 10 parties de mercure pour 1 partie d’étain est liquide. Celui qui contient 3 de mercure pour 1 d’étain est cristallisé en cubes. On les obtient rapidement en ajoutant du mercure à de l’étain fondu. On obtient de beaux cristaux d’un amalgame à 30 p. 100 environ d’étain en électrolysant une solution de chlorure d’étain avec du mercure au pôle négatif. Ces amalgames sont très brillants et inaltérables à l’air. L’amalgame qui reste adhérent aux glaces retient 20 p. 100 de mercure.

ÎJ60

KTAIN.

ÉTAIN ET ÉLÉMENTS HALOGÈNES

1392. Chlorure stanneux SriGl'. — On J’obtient anhydre par l’action du gaz chlorhydrique sec sur l’étain, ou en distillant du hichloruro de mercure avec de l’étain en excès. On peut enfin le préparer en desséchant dans le vide sec le chlorure hydraté. C’est une masse transparente et brillante, à cassure vitreuse, qui fond à 250° et distille à 607° (V. Meyer). D’après les recherches de MM. Y. et C. Meyer, la densité de sa vapeur correspondrait à SirCh, mais de nouvelles déterminations faites un peu au delà du point d’ébullition montrent que cette densité, quoique supérieure à celle qu’exige la formule SnCP, n’arrive pourtant pas au nombre exigé par Sn^Clh

Le chlorure hydraté [sel d’étain) s’obtient industriellement en <lissolvant la grenaille d’étain dans l’acide chlorhydrique, d’abord à froid puis vers 70°. Quand la solution marque 75 à 78° Baumé, on l’abandonne à la cristallisation dans des vases de grès, puis on fait égoutter les cristaux à l’abri du soleil, sans quoi ils se recouvriraient d’une couche d’oxychlorure insoluble. Les cristaux sont des prismes clinorhombiques blancs renfermant SnGP-f-2rPO. Ils fondent à 40° dans leur eau de cristallisation, qu’on ne peut leur faire perdre par la chaleur sans qu’il y ait en même temps dégagement d’acide chlorhydrique.

Le chlorure stanneux se. dissout dans 0*’,37 d’eau froide avec abaissement de température ; mais si on étend la solution d’une plus grande quantité d’eau elle se trouble en laissant déposer de \ oxychlorure ou chlorlnjdrine 2Sn(OH)Cl-l-H^O. La présence d’acide chlorhydrique empêche cette précipitation, mais il en faut d’autant plus que la dilution est plus grande. Les chlorures de potassium et d’ammonium entravent aussi la production de cet oxychlorure. Ge dernier se forme encore par l’action de l’air humide sur les cristaux, il y a alors formation simultanée de tétrachlorure ;

3SnCl* + H^O -f O — SnCl^ -h 2Sn(OH)Cl.

Gette oxydation est encore plus rapide avec une solution étendue.

Le chlorure stanneux forme des chlorures doubles cristallisés, par exemple SnGl".2KGl H’^0 et SnGP. BaGP 4IPO (Marignac, Poggiale). 11 se combine aussi au gaz ammoniac.

CHLORURE STâNNIQUE.

oGl

1393. Chlorure stannique [tétrachlorure, liqueur fumante, de Libavius) SnCl\ — On le prépare à l’état anhydre en faisant passer un courant de chlore sec sur de l’étain légèrement chauffé, contenu dans une cornue munie d’un récipient. La combinaison a lieu avec dégagement de chaleur et de lumière et le produit formé distille. On l’obtient aussi en distillant un mélange de sulfate stannique anhydre et de chlorure de sodium. S’il renferme du chlore en excès on le distille de nouveau sur de l’étain. Il a été obtenu pour la première fois par Libavius en 1605.

C’est un liquide incolore, ou jaune s’il tient du chlore en dissolution, qui fume à l’air. Densité = 2,28. Il ne se concrète pas à

— 30® et distille à 120°. Sa densité de vapeur est égale à 132,5, conforme à la formule SnClh II dissout à chaud le soufre, l’iode, le phosphore ordinaire; ces corps cristallisent par refroidissement. Il est miscible en toutes proportions au brome et au sulfure de carbone.

Le tétrachlorure d’étain anhydre s’unit à un grand nombre de chlorures métalloïdiques. Avec le chlorure de nitrosyle AzOGl -il forme une combinaison sublimable en octaèdres brillants, décomposables par l’eau et renfermant SnCh,2AzOGl (R. Weber).

Chlorure stanjNIQue et tétrachlorure de soufre SnCr'.2SGP. — Ce produit se forme par l’action du chlore sur le bisulfure d’étain. Il cristallise en grands cristauxjaunes fusibles par les chaleurs de Tété, volatils déjà à 30° et se décomposant à une température plus élevée avec perte de chlore (H. Rose).

Chlorure stannique et perchlorure de phosphore 2SnCh.PCh.

— Cette combinaison, qu’on peut obtenir directement, se sublime à 200-220° en cristaux incolores et brillants, fumant à l’air et répandant une odeur irritante particulière.

La combinaison SnCP.POCP se présente en cristaux fusibles à 58° ; elle distille sans altération à 180° (Gasselmann).

Le chlorure stannique absorbe le gaz ammoniac en donnant une masse soluble et sublimable SnCP.2AzIP. La solution abandonne de l’hydrate stannique gélatineux après quelques jours. Le chlorure stannique se combine aussi à l’hydrogène pbospboré.

Chlorure stannique hydraté. — Le chlorure stannique absorbe l’humidité de l’air et se transforme en cristaux rbomboédriques brillants qui ont pour composition SnCP.3ir'*0, même en présence d’un excès de chlorure anhydre. Cet hydrate fond à 80°. L’addi-

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