MÉTALLURGIE DU PLOMB
donne du sous-sulfure, d’où une partie, du plomb se sépare par le refroidissement.
Ces réactions importantes sont la base du traitement dit par grillage et réaction. Une autre méthode, celle par grillage et réduction consiste à fondre le minerai grillé avec du charbon. Elle s’applique principalement aux minerais à gangue siliceuse. Celleci donne naissance à une scorie plombeuse qui serait sans action sur la galène en excès, mais qui est aisément réduite par le charbon; la silice en outre décompose, à la température de l’opération, le sulfate de plomb contenu dans le minerai grillé. Si dans cette opération le grillage n’étaît pas poussé assez loin, il se formerait une matte plombeuse, ce qu’on recherche lorsque la galène est cuprifère, puisqu’alors le cuivre s’accumule dans la matte; mais celle-ci retient aussi l’argent du minerai. Cette circonstance est importante à considérer, l’argent se rencontrant dans presque toutes les galènes et se retirant du plomb éioeuvre par les procédés que nous avons fait connaître (1005 et suiv.).
Une autre méthode de traitement de la galène, la méthode par précipitation, repose sur l’action du fer sur la galène fondue ; le fer s’empare du soufre et met le plomb en liberté.
PbS-f-Fe = FeS-f-Pb.
Quel que soit le procédé suivi, le minerai est d’abord concassé et séparé en partie de la gangue ; celle-ci est alors bocardée et lavée et fournit un minerai moins riche, qu’on nomme schlich.
U Méthode au bas [procédé américain ou écossais). — Elle utilise, en partie au moins, la première des réactions que nous avons indiquées : grillage de la galène limité à la combustion du soufre. Le foyer, adossé à un mur en maçonnerie que traverse latuyère, est une cuvette en fonte de 0“,6 de côté, sur une profondeur de 0”,2; la partie antérieure du four porte une plaque de fonte inclinée dans laquelle est creusée une rigole. La cuvette étant remplie de plomb fondu, on dispose sur celui-ci un combustible développant peu de chaleur, tel que du bois vert ou de la tourbe. Le minerai en grenaille est jeté sur le combustible par doses de 10 à 15 kilogrammes, puis on donne le vent en recouvrant le minerai de combustible. Le plomb est réduit et s’écoule parla rigole. On continue l’addition de minerai et de combustible jusqu’à ce que les résidus deviennent trop abondants dans le
PLOMB
foyer; on arrête alors le vent et l’on amène la masse pâteuse sur la plaque de fonte. Cette masse, qui renferme du sous-sulfure de plomb, se scinde par le refroidissement en plomb qui s’écoule et en sullure qu’on ajoute aux nouvelles charges.
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Cette méthode, qui ne s’applique qu’aux minerais riches et à gangue non siliceuse, entraîne un déchet de 15 p. 100 environ du plomb contenu dans le minerai, mais elle exige peu de combustible. C’est la plus simple de toutes et elle paraît être aussi la plus ancienne. Ajoutons qu’elle est très insalubre par suite des fumées et vapeurs entraînées.
2° Méthode par grillage et réaction. — Le four le plus usuel est le four gallois; c’est un four à réverbère (lig. 231 et 232) à voûte
MICTALLURGIE DU PLOMB.
surbaissée et à sole légèrement inclinée vers la porte de coulée.
Il est chaulîé par le foyer A. Chaque face du four est munie de trois portes de travail ; la voûte est surmontée d’une trémie T. Les gaz et fumées de grillage s’échappent par le carneau F qui les conduit à la cheminée, après leur avoir fait traverser des chambres de condensation. La sole est en maçonnerie avec un revêtement en scories riches du four, concassées et fondues; ce revêtement n’est traversé que difficilement par les produits plombeux.
La charge est d’environ une tonne et n’occupe sur la sole qu’une hauteur de 5 à 6 centimètres. Le grillage est mené rapidement an rouge sombre ; après quelques heures, on ferme toutes les ouvertures et on donne un coup de feu; les réactions entre le sulfure restant et les produits d’oxydation s’établissent et le plomb réduit s’écoule dans le bassin de réception en fonte G. On ouvre alors toutes les portes de manière à produire un refroidissement rapide, et le plomb provenant de la liquation de la matte plombeuse (sous-sulfure) s’écoule à son tour.
3° Méthode par grillage et réduction. — Le grillage s’effectue au four à réverbère. Le minerai est mélangé de toutes les matières plombeuses à traiter. Lorsque le grillage est terminé, on donne un coup de feu pour détruire le sulfate de plomb, qui régénérerait du sulfure par sa réduction, puis on mélange le minerai grillé avec du charbon et on opère la réduction dans un four à cuve.
4° Méthode par précipitation, — Celte méthode, qui est surtout applicable aux galènes accompagnées d’autres sulfures, repose, comme nous l’avons vu, sur la réduction de la galène par le fer. L’opération peut s’effectuer au four à réverbère, mais se fait le plus souvent dans un four à cuve. Elle donne du plomb et une matte qui, outre le sulfure de fer, renferme les sulfures des autres métaux, le cuivre principalement et un reste deplomb. On traite cette matte suivant la nature des métaux qu’elle renferme.
On remplace aujourd’hui le fer métallique par des matières ferrugineuses oxydées, telles que minerais de fer ou scories de forges. L’oxyde de fer est réduit dans le four même et le fer produit réagit alors sur la galène. Le four employé (four Raschette) est un four à base de parallélogramme ; les grandes parois sont iraversées chacune par cinq tuyères refroidies par un courant d’eau, et leur écartement à la base est de 0“,90 et au gueulard de 1“,40. La sole du four forme un toit surbaissé qui s’abaisse vers