II. — Chimie minérale
PLOMB
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les deux parois étroites munies cliacune d’un bassin de coulée.
Pour 1000 parties de minerai ou scliicli, on prend 1050 parties de scories ferrugineuses fi 70 p. 100 d’oxyde de fer, 870 parties de scories d’opérations antérieures, 05 parties de mattes plombeuses, 50 j)arties de chaux et 495 parties do coke.
Quelle que soit la méthode employée, le traitement des minerais de plomb donne, outre les gaz des réactions, des vapeurs et fumées plombifères qu’il falit retenir soigneusement, par mesure hygiénique surtout. On y arrive en faisant circuler les vapeurs dans une série de carneaux de condensation avant de les faire arriver dans la cheminée.
Raffinage du plomb. — Le plomb se raffine généralement par une simple fusion sur la sole inclinée d’un petit four à réverbère, à peu près comme on raffine l’étain. Quand il renferme de l’arsenic, du zinc ou de l’antimoine, cette fusion ne suffit pas et il faut lui faire subir une oxydation partielle en enlevant les crasses jusqu’à ce que la litharge produite soit suffisamment pure; on coule alors le plomb fondu. Les crasses sont traitées elles-mêmes soit pour le plomb, soit pour le métal qui y prédomine.
Quant à la désargentation du plomb d’œuvre, nous nous en sommes déjà occupés.
1410. Plomb pur. — Pour obtenir le plomb chimiquement pur, il faut le retirer d’une de ses combinaisons, par exemple par la réduction de l’oxyde de plomb obtenu en calcinant l’azotate de plomb, sel facile à purifier par cristallisation.
Voici comment M. Stas a purifié ce métal en vue de la détermination de son poids atomique. Une solution d’acétate de plomb a été mise en digestion avec des lames de plomb à 40 ou 50“ pour précipiter les sels d’argent et de cuivre, puis versée dans de l’acide sulfurique pur très dilué; le sulfate précipité et lavé a été ensuite transformé en carbonate par digestion avec du carbonate ammonique. Une partie de ce carbonate a été calcinée modérément dans une capsule de platine pour le convertir en oxyde ; l’autre partie a été traitée par une quantité d’acide azotique insuffisante pour sa dissolution totale. La solution nitrique portée à l’ébullition avec l’oxyde provenant de la décomposition du carbonate, pour précipiter le fer, fut ensuite versée après filtration dans une solution de carbonate ammonique. Enfin le carbonate de plomb précipité fut réduit par le cyanure de potassium dans un creuset de porcelaine.
PROPRIÉTÉS
1411. Propriétés. — Propriétés physiques. — Le plomb est d'un opis bleuâtre ; sa surface fraîche est brillante, mais se ternit rapidement à l’air. Il est très mou et se laisse rayer par l’ongle ; il laisse sur le papier une trace grise. 11 répand une odeur spéciale mais faible lorsqu’on le frotte.
Le plomb est très malléable et ductile, mais peu tenace et sans élasticité. Après plusieurs fusions à l’air, il devient plus dur et cassant parce qu’il renferme alors un peu d’oxyde. Sa densité est égale à 11,363 lorsqu’il a été refroidi brusquement, et seulement 11,234 quand il s’est solidifié lentement (H. Deville).
Le martelage élève sa densité à 11,388 s’il ne peut s’épancher en aucun sens. Le plomb cristallise par fusion en octaèdres bien définis ou en amas dendritiques ou étoilés, de 11,254 de densité. Le zinc le précipite de ses solutions en lamelles cristallines. En électrolysant une solution d’azotate de plomb, Wœhler a obtenu au pôle négatif des lames cristallines d’un rouge de cuivre.
Le plomb fond à 334°. Il se volatilise notablement au rouge vif et bout au rouge blanc. Cette volatilité entraîne toujours des pertes dans la métallurgie du plomb ; dans un four à porcelainela perte est de 9 p. 100 par heure.
Propriétés chimiques. — Le plomb se ternit à l’air, mais l’oxydation n’est que superficielle. Le plomb en fusion s’oxyde plus rapidement et complètement si l’on enlève la couche d’oxyde à mesure qu’elle se forme. L’eau distillée exempte d’air est sans action sur le plomb ; mais si elle est aérée, il s’y produit des paillettes brillantes, blanches, qui sont un hydrocarbonate de plomb, mais il n’entre pas de métal en dissolution, comme on peut s’en assurer par filtration ; l’eau de pluie agit comme l’eau distillée aérée. L’action des eaux telluriques varie avec la nature des principes tenus en dissolution. Le plomb étant un métal très usuel, et utilisé pour la conduite des eaux, et donnant d’autre part des composés très toxiques, cette action est importante à considérer au point de vue hygiénique.
En général les eaux telluriques sont moins actives sur le plomb que l’eau de pluie. De toute façon, pour que l’action s’exerce, il faut l’intervention de l’air. La présence des carbonates et des sulfates dans une eau diminue son action sur le plomb. La présence des azotates au contraire et surtout celle de l’azotate d’ammonium la favorise en donnant naissance à de l’azotate basique de
PLOMB
])lomb, que racide carbonique ou les carbonates décomposent ensuite, mais qui ne tarde pas à se reproduire aux dépens d’une nouvelle quantité de plomb, au contact de l’air.
On peut, en résumé, admettre que l’emploi des tuyaux de plomb est sans danger pour la distribution des eaux, si l’on considère que ces eaux sont généralement calcaires et qu’on les fait toujours circuler à tuyau plein, c’est-à-dire à l’abri de l’air; il se forme en outre sur le métal une patine protectrice. L’emploi de réservoirs en plomb n’offre pas la même innocuité.
L’acide chlorhydrique concentré est sans action notable sur le plomb à froid ; cette action est lente à l’ébullition. L’acide sulfurique concentré n’attaque le plomb qu’à chaud, à une température variant avec la concentration (t. p. 400). L’action de l’acide azotique est très énergique^ mais elle est faible si cet acide est mélangé d’acide sulfurique, parce qu’il se forme dans ce cas une couche protectrice de sulfate de plomb.
Les acides faibles pouvant donner des sels de plomb solubles agissent sur ce métal, mais seulement avec le concours de l’air.
Le plomb du commerce n’est jamais pur, il renferme généralement des traces de cuivre, de fer et d’argent; quelquefois du soufre, de l’arsenic, de l’antimoine. Ces derniers éléments augmentent la dureté du plomb ; la présence du zinc et de l’étain le rend plus blanc.
1412. Usages. — Le plomb métallique est employé pour les tuyaux de conduite des eaux et du gaz ; la souplesse du métal et la facilité avec laquelle on le travaille le rendent très précieux pour cet usage.
Pour obtenir ces tuyaux de plomb, on comprime, à l’aide d’un piston, du plomb fondu contenu dans un espace cylindrique, à travers une ouverture annulaire d’où il sort à l’état solide sous forme d’un tube qui s’enroule autour d’un tambour et auquel on peut donner une longueur quelconque. On obtient d’une manière analogue des fils de plomb de tout diamètre, utilisés dans le jardinage, la galvanoplastie, etc.
Pour raccorder entre eux deux tubes de plomb, on enlève avec un couteau la surface oxydée des extrémités à souder et on élargit au besoin à l’aide d’un mandrin l’un des tubes pour y faire pénétrer l’autre; on enduit les surfaces de graisse, puis on les soude au moyen d’une lampe éolipyle en entretenant constamment une