CARBONATE DE PLOMB
1430. Borates de plomb. — Ces sels sont très nombreux et quelquefois fort complexes, comme les borates en général. On en obtient par voie sèche en fondant l’oxyde de plomb avec l’anhydride borique. Celui obtenu par 1 molécule PbO et 1 molécules Bo^O^ forme un verre jaune, de 6,4 de densité, se ramollissant dans riiLiile bouillante. Avec 2Bo^O^ le verre est moins coloré et plus dur ; avec 3Bo^0^ il est presque incolore, a la dureté du flint et est plus réfringent que lui (Faraday).
Tous ces sels sont très fusibles, à peu près insolubles dans l’eau. Parmi ceux qui on tété obtenus par voie humide, nous ne citerons que les suivants. Ils ont surtout été étudiés par H. Rose. En précipitant à froid l’azotate de plomb par le métaborate de sodium, le précipité renferme Bo^OTb^H-j-21PO. Il perd de l’acide borique par des lavages à l’eau froide et se transforme en diborate diplom bique Bo^OTb^--|-2H^O qui est le sel qui se produit lorsqu’on opère à l’ébullition.
L’eau bouillante lui enlève encore plus d’acide borique.
En précipitant l’azotate de plomb en solution concentrée et froide par le borax, on obtient un précipité qui, après lavage à l’eau froide, est le diborate acide (Bo^O®)PbIP. A l’ébullition, le précipité produit est, après lavage à l’eau bouillante, V hexaborate Bo<’0‘W+4tP0.
Ilerapatli a fait connaître un nitroborate 2(BoO^Pb. AzO^)-)-HH) et un cldoroborate 2(BoO^-Pb-Cl)-|-H^O. Le premier se dépose en cristaux brillants lorsqu’on concentre la dissolution d’un des borates de plomb dans l’acide azotique; il se déshydrate à 120“. Le second s’obtient en mélangeant des solutions concentrées et bouillantes de borate et de chlorure de plomb.
1431. Carbonate de plomb COTb. — La eérusite ou plomb carbonaté naturel est en cristaux brillants isomorphes avec l’arragonite ou bien en masses fibreuses, compactes ou terreuses, accompagnant la galène; densité — 6,5.
Le carbonate obtenu par précipitation d’un sel de plomb par le carbonate de sodium est une poudre amorphe blanche. C’est un des composés les plus importants du plomb et il porte dans l’industrie le nom de céruse mais il est à remarquer que la céruse dont nous indiquons plus loin la fabrication, les caractères et les usages, n’est pas le carbonate neutre, mais un hydrocarbonate ou carbonate basique, de composition variable.
SELS OXYGÈNES DU PLOMD.
Le carbonate neutre de plomb est décomposé par la chaleur en laissant un résidu d’oxyde de plomb. Il est insoluble dans l’eau, très peu soluble dans l’eau chargée d’acide carbonique. La soude bouillante le transforme en oxyde cristallin rouge. Los liydrocarbonates se comportent comme le sel neutre.
Uydrocauuonates. — Ils se forment par l’action de l’acide carbonique sur l’hydrate de plomb ou sur le plomb en présence de l’eau (1421). Les précipités produits par les carbonates alcalins dans les sels de plomb ne sont pour ainsi dire jamais du carbonate tout à fait neutre. Voici, d’après IL Rose, la composition des hydrocarbonates de plomb formés dans des conditions déterminées ;
ôGO^Pb-f-PblPO^-f-IPO. Par azotate de plomb et carbonate de sodium, molécule pour molécule, en solutions concentrées et froides.
5GO^Pb-f-PbH^O^. Mêmes solutions étendues et froides.
3GO^Pb-l-PbtPO-. Mêmes solutions étendues et bouillantes.
2G03Pb-l-PbH202. Gomme le précédent, mais avec excès de
carbonate alcalin.
La composition de la céruse est généralement comprise entre ces deux dernières formules.
1432. Céruse. — Les procédés de fabrication de la céruse reposent sur l’action de l’acide carbonique, soit sur le plomb en présence de l’acide acétique et de l’air, soit sur le sous-acétate de plomb. Théoriquement les réactions sont les mêmes. La première méthode comprend le procédé hollandais et le procédé autrichien^ qui ne diffèrent l’un de l’autre que par le mode de production de l’acide carbonique.
A la seconde méthode, appartiennent procédé de Clicliy et le procédé anglais.
Procédé hollandais. — Le plomb est coulé en lames minces de 0“,12 de largeur qu’on enroule en spirales; celles-ci sont placées de champ dans des pots en terre cuite; elles reposent sur un rebord placé à quelque distance du fond du pot, dans lequel on verse du vinaigre (fig. 233). On donne quelquefois au plomb la forme de grillages pour offrir une plus grande surface. Les pots sont rangés par étages (fig. 234) entre des couches de fumier de cheval ou de lan dans une fosse en maçonnerie ouverte d’un côté et souvent enfoncée dans le sol ; la surface de la fosse est telle que chaque couche reçoit 1000 à 1200 pots ayant 30 centimètres de diamètre supé-