‹ Traité de chimie minérale et organique (volume 2)Chapitre 291 sur 359 · CÉRUSE · texte numérisé non relu

CÉRUSE

rieur; une partie des pots ne reçoit que du vinaigre. Chaque pot est recouvert d’une lame de plomb et chaque couche de pots est séparée de la suivante par un plancher en bois qu’on recouvre

d’une couche de fumier.

Le fumier dégage par sa fermentation l’acide carbonique nécessaire à la réaction, en même temps qu’elle développe une quantité de chaleur suffisante pour faciliter l’évaporation de l’acide acétique du vinaigre; celui-ci au contact de l’air transforme le plomb en acétate basique, que l’acide carbonique décompose au fur et à mesure. La durée de la fermentation est de cinq à six semaines. Après ce temps, le plomb est recouvert d’une couche épaisse de carbonate qu’on détache du métal et qu’on réduit

Fig. 234.

en poudre. Cette opération mécanique était autrefois très insalubre; elle se faisait à la main et au marteau. Le maniement du plomb carbonaté se fait maintenant avec des gants de peau et le broyage s’effectue entre des cylindres cannelés enfermés dans des espaces parfaitement clos ne permettant pas aux poussières de se répandre dans l’atelier.

SELS OXYGÉNÉS DU PLOMB

Procédé autriciuen. — Les lames de plomb sont pliées en deux et suspendues par leur arête sur des traverses en bois dans des caisses à parois goudronnées, au fond desquelles on place un mélange de vinaigre et de marc de raisin. Ces caisses, au nombre de quatre-vingt-dix ou de cent, sont réunies dans une cbambre chauffée artiüciellement et dont on élève d’une semaine à l’autre la température à 25°, à 38”, à 45° et à 50°. La chaleur volatilise l’acide

acétique et favorise la fermentation du marc de raisin qui fournit l’acide carbonique nécessaire.

Procédé de Clichy. — Il fut inventé en 1801 par Thénard et mis en pratique par Roard à Clichy. On commence par préparer l’acétate de plomb tribasique en faisant dissoudre de la litliarge dans de l’acide acétique étendu jusqu’à ce que la solution marque 17 à 18° Baumé, puis on traite cette solution par un courant d’acide carbonique qui précipite les deux tiers du plomb à l’état de carbonate, le reste demeurant dissous à l’état d’acétate neutre, apte à dissoudre de nouveau deux molécules de litharge. L’acide carbonique était primitivement fourni par la combustion du charbon, mais plus tard, sur les indications de Dumas, on a utilisé celui fourni par la calcination du calcaire. Le carbonate de plomb naturel peut à l’occasion remplacer avantageusement le calcaire, l’oxyde de plomb qui reste comme résidu servant à régénérer l’acétate basique de plomb (Phillips).

Procédé anglais. — On fait passer le courant d’acide carbonique dans une auge munie d’un agitateur, à travers une bouillie de 100 parties de litharge en poudre et d’une solution de 1 partie d’acétate de plomb. De cette manière, le sous-acétate est décomposé au fur et à mesure de sa production, et la fabrication de la céruse a lieu en une seule phase.

La céruse obtenue par le sous-acétate est généralement plus blanche que celle fournie par le procédé hollandais et qui est quelquefois grisâtre, l’acide carbonique de la putréfaction du fumier pouvant être accompagné d’hydrogène sulfuré.

Usages de la céruse. — La céruse est employée dans la peinture à l’huile parce qu’elle donne une couleur d’un blanc pur et opaque même sous une faible épaisseur, ce qu’on exprime en disant qu’elle couvre bien; elle est préférable sous ce rapport au blanc de zinc et au blanc fixe (sulfate de baryum). Mais à cet avantage se joignent des inconvénients. Elle noircit presque instantanément sous Tin-

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