GROUPE DU PLATINE
Ce groupe comprend les métaux qui accompagnent naturellement le platine, c’est-à-dire l’iridium, l’osmium, le palladium, le rhodium et le ruthénium. Ces métaux fournissent en général un dichlorure et un tétrachlorure, un protoxyde et un dioxyde; pour quelques-uns on ne connaît pas de dichlorure, mais bien un sesquichlorure. Quant à leur affinité pour l’oxygène, le platine seul ne s’oxyde à aucune température. L’iridium, le palladium, le rhodium, fixent de l’oxygène aune certaine température (1000° environ), mais l’abandonnent de nouveau à une température plus élevée.
Quant à l’osmium et au ruthénium, ils forment des peroxydes très volatils.
Au point de vue de leur poids atomique et de leur densité, ces métaux se partagent en deux groupes. Le poids atomique du platine, de l’iridium et de l’osmium est de 192,5 à 198,5; pour les autres il est de 103,5 à 106,2. Les densités sont inversement proportionnelles à ces poids atomiques, de sorte que le volume atomique est le même. Nous ne suivrons pas absolument l’ordre de leurs poids atomiques dans l’étude de ces métaux, pour commencer par le plus important d’entre eux, le platine.
PLATINE. — Pt=rl94,4.
1480. Historique. — Le platine est mentionné pour la première fois en 1748 par Antonio de Ulloa, savant espagnol qui
PLATINE
avait accompagné au Pérou la mission française envoyée dans ce pays pour déterminer la figure de la terre. En 17S0, il fut l’objet d’un mémoire de Watson, auquel il avait été remis en 1741 par le métallurgiste Ch. Wood comme venant de la Jamaïque. Mais les premières recherches précises sont dues à Sclietfer, chimiste suédois, qui les publia en 1752 dans les mémoires de l’Académie de Stockholm sous le titre « De Vor blanc ou septième métal nommé en Espagne ciel Pinto « (platina est le diminutif de plata, argent). Lewis, Marggraf, Macquer et Baumé s’en occupèrent également dans les années suivantes; mais ce n’est qu’à la fin du siècle qu’on parvint à le travailler de manière à obtenir des miroirs de télescopes, des lames, des fils, des creusets. Le Français Chahanon, professeur de chimie en Espagne, paraît avoir réussi l’un des premiers à travailler le platine. A Paris, Garrochez et surtout l’orfèvre Janetty ont également fabriqué ce métal à partir de 1787. Le procédé suivi par eux avait été indiqué par Achard en 1784 et consistait à fondre le platine par l’intermédiaire de l’arsenic et à calciner ensuite l’alliage. Mais ce n’est que depuis les recherches de Wollaston que le travail du platine est devenu facile.
État naturel. — Le platine est toujours natif; il est en pépites ou en grains disséminés dans les terrains de transport anciens qui contiennent l’or et le diamant. On l’a rencontré d’abord dans les sables aurifères de la Colombie, puis du Brésil, de Haïti, de Bornéo, de la Birmanie. Le platine a été découvert en 1823 dans les sables aurifères du versant oriental de l’Oural, puis sur le versant occidental, à Nischne-Tagilsk, qui est encore aujourd’hui le plus grand centre d’exploitation du platine en Europe; on y a trouvé, en 1831, une pépite de platine du poids de 9’"®^5. On a trouvé des sables platinifères en Californie, au Canada, en Australie. Boussingault en a signalé la présence dans les filons du Santa-Rosa de Osos (Colombie). On l’a aussi rencontré en Sibérie, associé au fer chromé et à la serpentine (G. Rose et Leplay).
Le platine natif est loin d’être pur ; il est associé à divers autres métaux, notamment l’or et le fer, et peut être classé en diverses catégories :
1° Le platine ferrifère, qui contient jusqu’à 12 ou 13 p. 100 de fer ; il est alors magnétique. Densité moyenne = 17. On le trouve à Nischne-Tagilsk.