‹ Traité de chimie minérale et organique (volume 2)Chapitre 304 sur 359 · ALLIAGES DU PLATINE · texte numérisé non relu

ALLIAGES DU PLATINE

1485. Le platine s’allie à la plupart des métaux, mais ces alliages rencontrent peu d’applications.

Platine et cuivre. — L’alliage a lieu au rouge blanc. A parties égales, il est ductile et possède la couleur de l’or. Le platine dur, employé par les dentistes et dans l’orfèvrerie, renferme environ 5 p. 100 de cuivre; il est beaucoup plus élastique que le platine pur. On le prépare en fondant les deux métaux dans un creuset de chaux, au chalumeau à oxygène, ce qui volatilise un peu de cuivre, ou bien en comprimant fortement et le forgeant ensuite un mélange des deux métaux à l’état de division.

Platine et argent. — Ces deux métaux s’allient en toutes proportions, mais les alliages se liquatent en partie parla fusion. Ces alliages, très blancs et très durs, ont été employés autrefois dans l’horlogerie. Lorsqu’on les traite par l’acide azotique^ le platine se dissout en partie avec l’argent.

Amalgames de platine. — Le mercure s’unit à la mousse de platine, mais non au métal compacte. On obtient des amalgames de platine en traitant une solution concentrée et neutre de chlorure de platine par l’amalgame de sodium, ou bien en décomposant par la pile une solution de chlorure platinique avec du mercure comme électrode négative. Comprimé, cet amalgame, qui est pâteux, laisse un corps gris foncé renfermant 48,2 p. 100 de platine (Joule).

Platine et zinc. — L’alliage s’effectue au-dessous du rouge, avec incandescence. Il est fusible, très dur, d’un blanc bleuâtre. En fondant le platine avec 6 fois son poids de zinc et traitant l’alliage par l’acide cblorhydrique, on obtient un résidu cristallisé qui a pour composition Pt“Zn=* (Deville et Debray). On obtient de même un alliage avec l’étain PPSn^ en cristaux cubiques ou en rhomboèdres voisins du cube.

Platine et iridium. — On a déjà vu que l’iridium, ainsi que le

PLATINE ET ÉLÉMENTS HALOGÈNES

rhodium, communiquent au platine beaucoup plus de dureté et d’élasticité, sans lui enlever sa malléabilité, et le rendent beaucoup plus résistant aux agents chimiques. Les alliages à 15 et 20 p. 100 d’iridium, avec un peu de rhodium, peuvent être travaillés comme l’acier à la forge et à la tilière (Deville et Debray). L’alliage à

10 p. 100 d’iridium a été choisi par la Commission internationale du mètre pour l’établissement des étalons métriques ; cet alliage a poui\densité 21,615.

1486. Platinage. — On peut obtenir facilement un dépôt adhérent, brillant et inaltérable de platine sur le cuivre ou ses alliages. L’un des procédés employés est semblable au procédé de dorure par immersion. Le métal à platiner est plongé dans un bain de chlorure platinique, auquel on ajoute un peu de chlorure d’or, avec un mélange de carbonates de potassium et de sodium. On peut aussi recourir à la voie galvanique, en employant un bain de chlorure platinique additionné de cyanure de potassium et de potasse.

Un autre procédé consiste à introduire les métaux bien décapés dans une solution bouillante de 8 parties de sel ammoniac et de 1 partie de chloroplatinite d’ammonium dans 30 ou 40 parties d’eau.

M. Dodé a recommandé le procédé suivant pour le platinage du verre. On mélange le chlorure platinique, exempt d’acide, avec de l’essence de lavande ; d’un autre côté, on broie parties égales de litharge et de borate de plomb avec un peu d’essence de lavande et on ajoute ce second mélange au premier. On étend le tout sur la glace à platiner que l’on porte au four après dessiccation. Le platine adhère au verre par l’intermédiaire du fondant plombique. 1 gramme de platine suffit pour métalliser une surface de 1 mètre.

PLATINE ET ÉLÉMENTS HALOGÈNES

1487. Dichlorure de platine {chlorure plalineux^ PtCP. —

11 se prépare par la décomposition du tétrachlorure à 200° et forme une poudre d’un gris verdâtre insoluble dans l’eau, mais soluble en présence du tétrachlorure de platine avec une couleur brune, ou dans l’acide chlorhydrique avec une couleur pourpre; on peut admettre que cette solution renferme V acide chloroplatineux PtCl’bP correspondant aux chloroplatinites.

PLATINE

Lca lumière décompose lenLemeiit le chlorure plalineux en plalinc et chlorure platiniqiie ; la chaleur le décompose en chlore et mousse de platine. En solution chlorhydrique, il se transforme à l’air en chlorure platinique.

Chloroplatinites. — Ces sels sont en général très solubles.

On obtient le chloroplatmite de potassium en délayant

le cliloroplatinate PtCEK^ dans un peu d’eau chaude et y ajoutant une quantité de chlorure cuivreux humide telle qu’une partie du cliloroplatinate échappe à la réduction. Le chloroplatinite cristallise en partie par le refroidissement; le reste se dépose par l’addition d’alcool. Purifié par cristallisation dans l’eau, il se présente en prismes anhydres à 4 pans, d’un rouge rubis; l’alcool le précipite en aiguilles déliées roses (Nilson).

L’addition de tétrachlorure acide de platine à la solution de ce sel en précipite le cliloroplatinate de potassium, tandis que l’acide chloroplatineux reste dissous. Évaporée dans le vide sec, la solution, qu’on obtient aussi par le sel de baryum et l’acide sulfurique, laisse cet acide à l’état solide, ayant pour composition Pt(OH)CPPP-fPPO, soit Pt(OH)C1.2HCl-f-PPO (Nilson).

Le sel d' ammonium PtCl^(AztP)2, obtenu en évaporant une solution chlorhydrique de chlorure platineux additionnée de sel ammoniac, cristallise en prismes quadrangulaires rouge-pourpre (Vauquelin).

Le chloroplatinite de sodium PtCPNa^-[-4tr^O est en petits prismes rouge foncé déliquescents, solubles dans l’alcool.

Le sel c/e PtCPBa-t-3H^O cristallise en prismes carrés

d’un rouge foncé, solubles dans l’eau, peu solubles dans l’alcool, perdant 2H^O à 100°.

La plupart des autres chloroplatinites, dont beaucoup ont été étudiés par M. Nilson, sont cristallisables, bruns ou rouges, souvent déliquescents. Ceux d’argent et de plomb sont des précipités rouges insolubles. Le sel de lithium est en longues aiguilles peu déliquescentes, renfermant,6H^O.

Traités parles sulfites, les chloroplatinites donnent des combinaisons mixtes, les chloroplatososul fîtes .

Le chlorure platineux forme des combinaisons avec le chlorure de phosphore et avec l’oxyde de carbone, ces combinaisons ont été découvertes par M. Schutzenberger.

1488. Composés phosphoplatiniques. — Ces combinai-

COMPOSÉS PHOSPIIOPLATINIQUES.

l 'Sons dérivent des deux composés PtCl^PCP et PtCP.2PCP, le i chlorure pliosplioplatinique et le chlorure diphosphoplatinique j qu’on peut écrire :

C12Pt = PC13

et

CPPi

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