MOUSSE ET NOIR DE PLATINE
Lorsqu’on le chauffe dans un courant de chlore, il éprouve une volatilisation apparente et forme un sublimé cristallin (Troost et Ilautefeuille).
Le platine, même en lames, est facilement dissous avec dégagement d’hydrogène par le cyanure de potassium en solution concentrée; il se forme du platinocyanure de potassium (Deville).
Le platine est fortement attaqué par la lithine en fusion, moins fortement par la potasse, à peine par la soude. On ne doit pas fondre de potasse dans un vase de platine.
Il est attaqué aussi par le salpêtre en fusion.
La plupart des métaux en fusion, le zinc, l’étain, le plomb, l’argent se combinent au métal, donnant des alliages plus ou moins fusibles, et l’on doit éviter de chauffer dans un creuset de platine les oxydes de ces métaux accompagnés de matières réductrices, tel que le papier des filtres.
1484. Mousse et noir de platine. — La mousse ou éponge de platine, qui possède à un haut degré les propriétés dites catalytiques signalées plus haut, s’obtient par la calcination à une température ménagée du cbloroplatinate d’ammonium. C’est une masse grise, spongieuse, qui devient plus compacte à une température élevée ou lorsqu’on la frotte avec un corps dur.
Le noir de 'platine^ encore plus actif, est du métal très divisé, formant une poudre noire qu’on peut obtenir par plusieurs procédés. Le plus habituel, dû àLiebig, consiste à dissoudre le chlorure de platine dans une lessive chaude de potasse et à y verser peu à peu de l’alcool. Celui-ci est oxydé en partie à l’état d’aldéhyde, en partie à l’état d’acide carbonique, et le platine réduit se précipite ; on le lave successivement avec de l’eau, de l’alcool, de l’acide chlorhydrique, de la potasse et finalement avec de l’eau, puis on le sèche. C’est une poudre ténue, noire, tachant la peau en noir et ne prenant un caractère métallique qu’au rouge vif. 11 reste aussi comme résidu lorsqu’on traite par l’acide azotique un alliage de platine avec le cuivre ou le zinc.
On obtient un noir de platine très actif en versant goutte à goutte du chlorure de platine dans un mélange bouillant de 3 volumes de glycérine et de 2 volumes de potasse de 1,08 de densité (Zdrawkowilcb).
Poids atomique. — Berzelius est arrivé au nombre 196,7 par
PLATINE
l’analyse du cliloroplatinate de potassium ; d’autres savants ont trouvé les nombres 197,4 et môme 199.
Ces résultats paraissent tous être trop élevés, comme l’ont montré des déterminations plus récentes, par exemple celles de M. Seubert qui, par l’analyse du cliloroplatinate d’ammonium, est arrivé au nombre 194,46 (0 = 15,96).