‹ Traité de chimie minérale et organique (volume 2)Chapitre 341 sur 359 · TU · texte numérisé non relu

TU

AI. Ilôscoe préfère, pour ce (losage, précipiter l’acide vanadirpji* |)ar l’acétate do plomb, qui donne un vanadate insolul)lc dans l’eau et dans 1 acide acétique, et on sèche ce vanadate de plomb a 100°. On en prend une quantité aliquote qu’on dissout dans I acide azotique, on précipite le plomb de la solution par l’acidfi sulfurique ; on filtre, on évapore et on calcine le résidu, qui est alors do l’anhydride vanadique qu’on pèse.

On peut aussi titrer volumétriquement l’acide vanadique ou les vanadates en dosant le chlore qu’ils fournissent par faction de 1 acide chlorhydrique (Bunsen). AI. Gerland dose le vanadium par le permanganate de potassium titré. Si le vanadium est à l’état de sel vanadique ou de vanadate, on le ramène par l’acide sulfureux à l’état de composé liypovanadique qu’on titre après expulsion de l’excès d’acide sulfureux. Si le vanadate est à un état inférieur d’oxydation on le ramène de même à l’état de composé hypovanadique en le suroxydant d’abord par le permanganate et le ramenant ensuite à l’état de composé hypovanadique.

;yS0^)^(Va'0") + 8S0'^H-* + 2Mn0iK=5(S0^)3(Va0)2 + S0^K2-f 2SO\Mn-f 8H2().

NIOBIUM. — Nb=r94.

1609. Historique. État naturel. — L’histoire du niobium est intimement liée à celle du tantale. Le premier de ces métaux fut signalé en 1801, par Ilatchett, dans la colomhite du Alassachussetts et nommé par lui colombium. L’année suivante, Eckeberg, en étudiant un minéral d’Ytterby, qu’il nomma plus tard Httrotantalite, y découvrit un nouveau métal auquel il donna le nom de tantale (1) et qu’il rencontra aussi un peu plus tard dans un autre minéral de Kimito (Finlande) désigné, en conséquence, sous le nom de tantalite.

Wollaston crut reconnaître, en 1809, l’identité du colombium avec le tantale, opinion qui fut admise jusqu’en 1846, époque à laquelle IL Rose étudiant les colombites ou tantalites de diverses origines, celles d’Amérique et celles de Bodenmais (Bavière), en retira deux acides ayant beaucoup d’analogie avec l’acide tantalique et dont l’un rappelait par ses caractères un acide trouvé par

(1) Ce nom mythologique fait allusion au supplice de Tantale qui, plongé dans l’eau jusqu’au menton, ne pouvait arriver à se désaltérer : l’oxyde de tantale plongé dans les acides y reste insoluble.

MINÊUAUX NIOBIFÈRES.

WVœfiler dans le pijrochlore et la lantalite de Bavière. 11 nomma ices deux acides acide niohique et acide pélopique, mais il reconnut plus tard que ce dernier n’est qu’un degré inférieur d’oxydation du niobium, et il le nomma acide hyponiohiqiie. Aux acides iiiiobique et byponiobique, que Rose formulait NbO^ et Nb^O^ correspondaient deux chlorures : le premier blanc, le second jjaune ; mais la transformation directe de ces deux cbloriires l’ini (dans l’autre était impossible. Cette particularité était tout à fait inexplicable dans l’interprétation de II. Rose, qui crut devoir admettre outre le niobium une modification allotropique de ce métal, yjnjponiobium. Or, et c’est ce qu’on fait ressortir d’abord les travaux de Blomstrand, puis ceux de M. Marignac sur les fluoniobates et les fluoxyniobates, le chlorure byponiobique est un oxychlorure auquel revient la formule NbOCB; l’hyponiobium de Rose n’est donc autre que le radical NbO. De plus, il n’existe qu’un acide niobique dont l’anhydride a pour composition non ^ Nb0^mais bienNb^O^ comparable àl’anhydride vanadique Va^O^ La même conclusion s’applique à l’acide tantalique. La difficulté de séparer les acides tantalique et niobique qui s’accompagnent toujours dans leurs minerais, avait amené d’autres confusions et fait croire à l’existence d’éléments nouveaux, le dianium annoncé par de Kobell et qui n’est autre que le niobium impur, et V ilmeniiim de Hermann, mélange de niobium et de tantale, comme le neptunium du même auteur.

Toutes ces confusions cessèrent avec les travaux classiques de M. Marignac sur les fluorures de niobium et de tantale. Les acides de ces métaux étant traités par l’acide fluorbydrique, puis par le fluorure acide de potassium, fournissent, le premier un fluoxyniobate de potassium soluble; le second, .un fluotantalate très peu soluble dans l’eau froide et cristallisant facilement. L’analyse de ces composés leur assigne les formules NbOFP.2KFl et TaFPK^, ce qui montre que les chlorures de ces métaux doivent avoir pour formules NbOGF, NbCP et TaCP, conclusions confirmées pleinement par la densité de vapeur de ces composés d’après les déteirninations de MM. Deville et Troost.

Minéraux niobifères et tantalifères. — Les colombites ou niobites et les tantalites sont des mélanges isomorphes de niohale et de tantalate ferreux et manganeux. Les quantités d’anhydride tantalique et niohique qu’ils renferment varient beaucoup suivanl

NIOBIUM.

loin* origine. Ces minéraux sonl d’aulanl plus denses qu’ils renfermenl plus de tantale, comme le montre le tableau suivant dressé ])ar M. Marignac :

D(!usit('-. Ta20’* 1». 100.

ColombiLe du Groenland :;,36 3,3

— du New Ilampsliire 3, 63 15,8

— de Limoges 5,70 13,8

— de Bodenmais 5,92 27,1

Hjelmite <5,77 54,5

Tantalite de Suède 7,03 65,6

Les colombites répondent assez exactement à la formule générale d’un métaniobate de fer (NbO'^fFe, le niobium étant plus ou moins remplacé par du tantale et une partie du fer par le manganèse (1). Le pyrochlore de Sibérie est un titano-niobate (\.e cdXcmm exempt d’acide tantalique, avec 7 p. 100 d’oxyde de thorium et autant de cérite. Le niobium et le tantale entrent dans la constitution de l’yttrotantalite d’Ytterby, ou tantaloniobate d’yttrium, erbium, etc. La samarskite, la fergusonite, l’euxénite ont une constitution analogue (p. 503, note). Le niobium et le tantale se trouvent en outre disséminés dans d’autres minéraux, tels que le wolfram, la cassitérite, l’uranite, etc.

1610. Traitement des minéraux niobifères. — On chauffe le minéral avec trois fois son poids de bisulfate de potassium dans un creuset de platine ou de fer; on reprend la masse fondue par l’eau bouillante et par l’acide chlorhydrique étendu, pour dissoudre les sulfates ferreux et manganeux, puis on fait digérer le résidu avec du sulfure ammonique pour dissoudre les anhydrides stannique et tungstique. On laisse ainsi les acides niobique et tantalique accompagnés de silice et xle sulfure de fer ; on enlève ce dernier par l’acide chlorhydrique. Le résidu est enfin traité par l’acide (luorhydrique et la solution additionnée d’acide sulfurique est évaporée à sec pour volatiliser le silicium. On reprend par l’acide (luorhydrique, et à la solution bouillante on ajoute du fluorure acide

(1) Voici les analyses de quelques colombites (Blomstraud) et de tantalitcs (Ramraelsberg); 1, Groenland; 2, Massachussets; 3, Bodenmais ; 4, Finlande.

Ta?Ü“>

Nl)205

Tu03

Sn02

FeO

MnO

Zi'02

MgO

NIOBIUM MÉTALLIQUE.

le potassium (1 partie pour 4 parties d’oxydes de niobium et de antale), puis Tou concentre la solution jusqu’à ce qu’elle condenne 1 gramme d’oxyde par 7 centimètres cubes. Le fluotantalate ie potassium cristallise alors par le refroidissement en fines aiguilles qu’on lave à l’eau froide jusqu’à ce que les eaux de lavage ne se colorent plus en rouge orangé par la teinture de noix de galle. Les eaux mères, y compris les eaux de lavage, sont de nouveau concentrées et fournissent une nouvelle quantité d’aiguilles auxquelles se mélangent linalement des lamelles de üuoxyniobate iqu’on redissout dans un peu d’eau froide.

Pour obtenir l’anhydride niobique, on traite le üuoxyniobate de {potassium par l’acide sulfurique, on évapore à sec et on calcine le rrésidu. On opère de même pour obtenir l’acide tantalique.

1611. Niobium métallique. — M. Marignac a cherché à obttenir ce métal en faisant réagir le sodium sur le fluoniobate de ; sodium fondu sous une couche de sel marin. La réaction terminée, on reprend par l’eau froide et on obtient ainsi une poudre brune; mais celle-ci paraît être Ylnjdriire de niobium NblI résultant de Faction de l’eau sur le produit renfermant encore du sodium.

La réduction du fluoniobate par le magnésium a lieu avec explosion. En employant l’aluminium, M. Marignac a obtenu l’alliage NbAP.

On obtient le niobium, suivant M. Roscoe, en réduisant le pentaclilorure de niobium en vapeur par l’hydrogène parfaitement sec et exempt d’air, le mélange traversant un tube de porcelaine chauffé au rouge. Le métal se dépose en croûtes brillantes, dures et fragiles, d’un gris d’acier, qu’on chauffe ensuite plus fort dans l’hydrogène. Il retient des traces d’hydrogène (0,27 p. 100). Densité = 7,06 à 15°. Calcinéàl’air, il se transforme en oxyde bleu, puis en anhydride niobique. Il brûle dans le chlore à une douce chaleur. Insoluble dans l’acide chlorhydrique et dans l’eau régale, il se dissout facilement à chaud dans l’acide sulfurique concentré; la solution est incolore.

Poids atomique. — Le poids atomique du niobium déduit par M. Marignac de l’analyse du fluoxyniobate de sodium est 94.

Le niobium forme un triclilorure et un pentachlorure ainsi qu’un oxychlorure correspondant à ce chlorure.

NIOBIUM.

NIOBIUM ET ÉLÉMENTS HALOGÈNES.

1612. Fluorure de niobium. — Le (luorure NbFP n’esl connu qu en solution, ([u’on obtient en traitant l’acide niobique précipité par l’acide lluorliydrique. La solution laisse par l’évaporation de l’acide niobique, une portion du niobium se volatilisant a l’état du fluorure. Au pentafluorure de niobium correspondent des fliioniohates^ combinaisons qu’on obtient en traitant par l’acide lluorliydrique en excès les fluoxyniohates, qui se produisent en ajoutant des fluorures à la solution fluorhydrique de l’acide niobique, ou en dissolvant les niobates dans l’acide fluorhydrique.

Le fluoniobate de potassium NbFPK^ cristallise en aiguilles orthorhombiques brillantes.

M. Santesson a décrit deux séries de fluoniobates acides cristallisés :

3NbF13.5HFl.oMFH-28H20 et 2NbFF.4HFl.3MFH-

Oxyfluorure de niobium NbOFF. — Il se produit en petits cristaux lorsqu’on chaulTe un mélange d’anbydridre niobique et de fluorure de calcium dans un courant de gaz chlorhydrique.

Fluoxyniobates. — M. Marignac a décrit cinq sels de potassium et autant de sels d’ammonium. Il envisage comme sels normaux ceux qui correspondent à la formule NbOFPK^ Ce sel se sépare enlamelles très minces renfermant IPO ; la solution concentrée se prend presque en gelée par le refroidissement. En présence d’un léger excès d’acide fluorhydrique, il cristallise en tables clinorhombiques. Avec un excès de fluorure de potassium on obtient les sels NbOFPK® ou NbOFP.SKFl en cristaux cuboïdes. En présence d’acide fluorhydrique libre, il se forme de fines aiguilles renfermant NbOFPKMIFl. Les eaux mères de ces sels fournissent par cristallisation les fluoxyniobates 3NbOFPK.2KFl -j- H’O el 3NbOFftK.KFl-|-2H^O, le premier en prismes clinorbombiques, le second en prismes enchevêtrés du type anorthique.

Les sels d’ammonium sont du même ordre, sauf qu’à la place du dernier sel de potassium on obtient le composé NbOFP(AzlF') en prismes rectangulaires. Le sel normal est en prismes ortborbombiques qui ne perdent pas de leurs poids à 180°.

Le sel de zinc NbOFPZn + OH^O cristallise en prismes aciculaires ou en dodécaèdres rbomboïdaux.

NIOBIUM ET ÉLÉMENTS HALOGÈNES.

Le sel de cuivre NbOFPCu 4fPO se dépose en octaèdres bleus ; brillants, très solubles et déliquescents.

1613. Triclilorure de niobium NbCP. — Il se dépose en i croûtes cristallines noires, ressemblant à l’iode, lorsqu’on dirige

les vapeurs de pentacblorure à travers un tube chauffé au rouge. 111 est fixe, indécomposable par l’eau et par l’ammoniaque. L’acide azotique le convertit en acide niobique. Chauffé au rouge dans un courant de gaz carbonique, il réduit celui-ci à l’état d’oxyde de car- Ibone et se transforme en oxychlorure de niobium (Roscoe).

1614. Pentacblorure de niobium NbCP. — On l’obtient par l’action du chlore parfaitement sec et privé d’air surunmélange intime d’anhydride niobique et de charbon de sucre. Il se sublime en aiguilles jaunes fusibles à 194° et distillant à 240°5, mais se sublimant déjà vers 125°. Sa densité de vapeur est égale à 138,6 ; la formule NbCP exige 135,5 (Deville et Troost). L’eau le décompose en acides niobique et chlorhydrique. L’acide chlorhydrique le dissout, mais la solution se gélatinise àla longue; étendue d’eau, elle abandonne tout l’acide niobique, qui n’est retenu par le filtre que si l’on porte le liquide à l’ébullition. Le zinc colore la solution chlorhydrique en bleu.

Oxychlorure de niobium NbOCP. — C’est le chlorure d’hyponiobium de IL Rose. Il se forme par l’union directe du chlore avec l’oxyde Nb^O^; par l’action du chlore sur un mélange d’anhydride niobique avec une quantité insuffisante de charbon; en faisant passer le chlorure niobique en vapeur sur l’anhydride niobique (Deville et Troost) :

-f 3NbC|s = SNbOCP.

La réaction inverse se produit lorsqu’on chauffe au rouge la vapeur d’oxychlorure mélangée de gaz carbonique ou d’hydrogène.

C’est une masse cristalline blanche, àéclatsoyeux, infusible, mais volatile vers 400°. Sa densité de vapeur observée par MM. Deville et Troost est conforme à la formule NbOCP.

L’oxychlorure de niobium est décomposé par l’eau comme le pentachlorure.il est insoluble dans l’acide chlorhydrique bouillant; la solutionprésente le même caractère que celle du pentacblorure.

Bromure et oxybromure NbBr® et NbOBrh — On les obtient comme les composés chlorés. Le premier est rouge pourpre; le second est jaune.

IL — Chimie minérale.

NIOBIUM.

OXYDES DE NIOBIUM.

1615. Protoxyde NbO OU Nb^O^ —Il s’obLiont en petits cibstaux brillants du système régulier lorsqu’on fait passer les vapeurs d’oxychlorure de niobium sur des fils de magnésium. 11 se produit aussi lorsqu’on fond le fluoxyniobate de potassium avec du sodium. C’est alors une poudre noire qui s’oxyde avec une vive incandescence lorsqu’on la chauffe à l’air. Il brûle également dans le chlore, en donnant l’oxychlorure, et il se dissout dans l’acide chlorhydrique avec dégagement d’hydrogène.

Bioxyde de niobium NhO^ ou Nb^O\ — C’est une poudre dense, noire, à reflets bleuâtres, qui se produit lorsqu’on calcine fortement l’anhydride dans un courant d’hydrogène. Il s’oxyde de nouveau au rouge à l’air. Il est insoluble dans les acides et les alcalis bouillants.

1616. Anhydride nîobique Nb^O^ — On le prépare en décomposant les chlorures ou les fluorures doubles de niobium par l’acide sulfurique concentré, étendant d’eau et faisant bouillir. On l’obtient aussi, mais impur, en fondant les minéraux niobifères avec du bisulfate de potassium et reprenant la masse fondue par l’eau.

C’est une poudre blanche amorphe, infusible, de 4,53 de densité. Chauffé, l’anhydride niobique se colore passagèrement en jaune. Il devient cristallin à une température très élevée. Chauffé au four à porcelaine avec de l’anhydride borique, il cristallise en prismes, sans doute ortborbombiques (Ebelmen).

Acide niobique NbO'^H. — Il se sépare à l’état d’une masse blanche amorphe, devenant peu à peu cristalline, par l’action de l’eau sur le chlorure niobique ou l’oxychlorure. Il ne se dissout qu’en faible quantité dans l’acide chlorhydrique bouillant, mais le résidu se dissout alors dans l’eau pure. La solution aqueuse donne une coloration bleue par l’action du zinc, tandis que la solution acide fournit une coloration brune et un précipité brun lorsqu’on la sature par l’ammoniaque. Ce précipité renferme Nb^O^ (Marignac). L’acide niobique est soluble dans les alcalis, ainsi que l’anhydride lorsque celui-ci n’a pas été trop fortement calciné; dans ce cas il ne se dissout que dans les alcalis en fusion.

1617. Niobates. — Seuls une partie des niobates alcalins sont solubles. H. Rose a décrit un grand nombre de niobates, entre

SULFURE DE NIOBIUM.

I autres ceux de sodium, avec lesquels il a préparé les niobates j I métalliques insolubles, par double décomposition. Mais ces niobates étaient des mélanges de niobates et de tantalates. Les niobates de potassium purs ont été décrits par M. Marignac. M. Santesson a fait connaître ceux de sodium. Enfin on doit à M. Joly la • connaissance de quelques autres niobates.

Niobates de sodium. — Le métaniohate NbO'^Na-j- 3rPO s’obtient en faisant bouillir l’acide niobique avec de la soude, décantant la liqueur alcaline et dissolvant dans l’eau le résidu insoluble dans la soude. Le niobate se dépose lentement en petits cristaux.

\J hexaniobate Nb®0”Na''-|-9H^0 est insoluble et se produit

■ lorsqu’on fond l’anhydride niobique avec son équivalent de soude. Niobates de potassium. — U hexaniohate octopotassique Nb^O^MC* -j-16IPO s’obtient en fondant l’anhydride niobique avec deux fois son poids de carbonate potassique, reprenant par l’eau et évaporant la solution dans le vide. Il cristallise en grands prismes clinorhombiques.

En ajoutant de la potasse à la solution, on obtient par l’évaporation lente des octaèdres orthorhombriques tronqués du sel Nb^O‘MC^-[- 13H^O (Marignac).

En faisant bouillir une solution de fluoxyniobate de potassium avec du carbonate de potassium, il se précipite un sel insoluble NbW®K^ + 5IPO.

M. Santesson a obtenu d’autres niobates insolubles, 2Nb^O^M^^ et Nb^OM{.^-j- llH’^0 par la fusion de l’anhydride niobique avec plus pu moins de carbonate de potassium.

Niobate de magnésium Nb^O'Mg. 2Mg^O. — Lames hexagonales transparentes obtenues en fondant l’anhydride niobique avec un excès de chlorure de magnésium (Joly). On obtient de même le pyroniobate de calcium Nb^O’^Ca^ en prismes orthorhombiques insolubles. Le métaniobatc de calcium (NbO^)^Ga est en aiguilles; il se produit par la fusion de l’acide niobique avec du fluorure de calcium et un grand excès de chlorure de potassium. M. Joly a préparé de même le sel de manganèse, en cristaux rhombiques roses; le sel ferreux, en prismes fibreux, et Vorthoniobate d’yttrium (NbO*)^(Y^), poudre cristalline pesante.

SULFURE DE NIOBIUM.

1618. En traitant l’anhydride niobique par la vapeur de sul-

TANTALE

fure de carbone au rouge blanc, on oblienL une poudre cristalline noire, bronzée par places, prenant l’éclat métallique sous le brunissoir. Le même produit, qui est l’oxysulfure NbOS, se forme aussi par l’action de l’hydrogène sulfuré sur l’oxyclilorurc de niobium au rouge.

AZOTÜRES DE NIOBIUM.

1619. L’anhydride niobiqne perd les 2/3 de son oxygène lorsqu’on le chauffe dans un courant de gaz ammoniac, et il se forme un azoture qui renferme sans doute NbOAz. L’oxychlorure de niobium traité par le gaz ammoniac fournit, après élimination par la chaleur du sel ammoniac formé, un produit noir. Ces composés brûlent à l’air à une température élevée ; ils sont insolubles dans l’eau régale et dégagent de l’ammoniaque par leur fusion avec la potasse.

M. Joly a observé la production de composés cristallins à la fois azotés et carbonés, par exemple, 3NbC. 2NbAz, dans la fusion de l’anhydride niobique avec du carbonate potassique, l’azote étant fourni par l’air traversant les parois du creuset.

RECHERCHE ET DOSAGE DU NIOBIUM

Nous nous occuperons des caractères des niobates comparativement avec ceux des tantalates. Quant à la séparation des acides niobique et tantalique, on en a déjà indiqué le principe (1601).

TANTALE. Ta=3l82.

L’histoire de cet élément et son état naturel, ainsi que le traitement des minerais tantalifères, ont été traités à l’occasion du niobium.

1620. Tantale métallique. — Berzelius l’a obtenu sous la forme d’une poudre noire, prenant l’éclat métallique sous le brunissoir, par l’action du sodium sur le fluotantalate de potassium. Sa densité est de 10,78. Il s’oxyde avec incandescence au rouge sombre. Il brûle aussi quand on le chauffe dans le chlore ou dans la vapeur de soufre. Il se dissout dans l’acide fluorhydrique avec dégagement d’hydrogène.

En cherchant à réduire le fluotantalate de potassium par l’aluminium, M. Marignac a obtenu une poudre cristalline grise de

FLUORURE DE TANTALE.

■7,02 de densité, représentant un alliage TaAP, inattaquable par Tacide chlorhydrique, ce qui permet de le séparer de l’aluminium en excès.

TANTALE ET ÉLÉMENTS HALOGÈNES

On ne connaît que les combinaisons dans lesquelles le tantale est pentatomique.

1621. Fluorure de tantale TaFP. — Il n’est connu qu’en dissolution; une partie se volatilise par l’évaporation et le reste est converti en acide tantalique, qui reste comme résidu.

Il se combine aux autres fluorures pour donner les fluotantalates. L’acide sulfurique concentré décompose ceux-ci, et si l’on évapore à sec et qu’on calcine le résidu à 400®, il reste de l’anhydride tantalique insoluble et le sulfate du métal du fluotantalate.

Fluotantalate de potassium. — On a vu dans quelles circonstances se produit ce sel (1601) et le parti qu’on en tire pour séparer le tantale du niobium. Il cristallise en fines aiguilles ortliorhombiques, facilement fusibles et indécomposables parla chaleur. Il est un peu soluble dans l’eau pure ; l’addition d’un peu d’acide fluorliydrique augmente sa solubilité; il exig-e 200 parties d’eau légèrement acide pour se dissoudre à 15®; il est beaucoup plus soluble à chaud. Sa solution dans l’eau pure se décompose à la longue, rapidement par l’ébullition, en fluorure acide de potassium qui reste dissous et fluoxytantalate Ta^O^FP^K^ soit Ta^O^ 2TaFF. 4KF1, qui forme un précipité pulvérulent insoluble.

Fluotantalates de sodium. — Le sel normal TaFFNa^-l-H^O cristallise en lames orthorhombiques octogonales. L’évaporation de sa solution abandonne d’abord des grains confus du sel basique TaFPNa^NaFl.

Le fluotantalate normal perd son eau avant 100®; il est beaucoup plus soluble que celui de potassium.

Le fliiotanialale d'ammonium TaFP(AzrF)^ se produit par l’addition d’ammoniaque à la solution fluorhydrique d’acide tantalique jusqu’à production d’un précipité. Il cristallise alors par l’évaporation en lamelles ou en aiguilles rectangulaires, solubles dans l’eau; la solution s’altère par l’ébullition.

En dissolvant l’acide tantalique dans une solution de fluorure acide d’ammonium, on obtient par évaporation des octaèdres réguliers du sel TaF^(AzI^)^AzIPFl (A. Joly).

TANTALE

Le fluotantalatc de zinc TaFPZii + 711-0 et celui de cuivre raFl’'Cii-l-411-O, tous deux très solubles, s’obtiennent en ajoutant les oxydes correspondants à la solution lluorliydrique d’acide tantalique avec excès d’acide lluorliydrique. Ce sont des masses cristallines déliquescentes.

1622. Chlorure de tantale TaCP. — On le prépare comme celui de niobium. 11 forme des aiguilles ou des prismes d’un jaune clair, fusibles à 211°, 3 et bouillant à 241°, G, mais se sublimant déjà à une température beaucoup plus basse. Sa densité de vapeur est conforme à la formule (Deville et Troost). Le chlorure de tantale fume à l’air. 11 est énergiquement décomposé par l’eau, qui en sépare l’acide tantalique. Traité par l’acide chlorhydrique, il donne une solution trouble qui se prend en gelée par le repos. Si l’on fait bouillir la solution acide et si on l’étend ensuite d’eau, elle devient opaline, n’est pas précipitée par l’ébullition, mais abondamment par l’acide sulfurique étendu. La solution de l’acide tantalique dans l’acide chlorhydrique se comporte de même.

Le BROMURE TaBr® rassemble au chlorure et s’obtient de même.

OXYDES DE TANTALE

Berzelius admettait l’existence d’un oxyde TaO- obtenu par la calcination intense de l’anhydride tantalique tassé dans un petit creuset de charbon.

1623. Anhydride tantalique Ta^O^ — On l’obtient pur en décomposant le fluotantalate de potassium par l’acide sulfurique concentré, évaporant à sec, calcinant le résidu à 400° et le lavant à l’eau. On l’obtient moins pur en fondant la tantalite avec G à 8 parties de bisulfate de potassium; pulvérisant la masse fondue et la faisant digérer avec du sulfure ammonique pour dissoudre les oxydes d’étain et de tungstène et pour transformer l’oxyde ferrique en sulfure, qu’on dissout alors dans l’acide chlorhydrique.

L’anhydride tantalique est une poudre blanche, jaune à chaud, amorphe et infusible. Sa densité varie, avec le mode de préparation et avec la température à laquelle il a été porté, de 7,33 à 8,01. Fondu avec de l’anhydride borique au four à porcelaine, il cristallise en prismes orthorhombiques.

Acide tantalique TaO'II et tantalates. — La décomposition brusque du chlorure de tantale par l’eau donne un acide tanta-

TANTALATES.

: liqiie amorphe; il est au contraire cristallin lorsque, le chlorure 's’est décomposé lentement par l’humidité de l’air; séché à l’air, il ta alors pour composition TaO^H. Il se convertit avec incandescence en anhydride par la calcination. L’hydrate obtenu en faisant digérer avec de l’eau le produit de la fusion de l’anhydride niobique avec le bisulfate de potassium ne produit pas ce phénomène.

L’acide tantalique se dissout dans l’oxalate acide de potassium et dans l’acide fluorhydrique. Celui qu’on obtient par l’addition d’acide chlorhydrique à la solution d’un tantalate se redissout (dans un excès d’acide en donnant une solution opalescente.

L’acide tantalique forme des combinaisons instables avec quel- I ques acides. Il est soluble dans les alcalis en donnant des tantalates. Tous les tantalates normaux sont insolubles dans l’eau, même ceux des métaux alcalins; les seuls qui soient solubles sont les polytantalates Ta®0^“K® et Ta®0^°Nah

On hexatantalate octopotassiqiie Ta‘^O^Mv® + lOtPO, en

cristaux clinorhombiques brillants, lorsqu’on évapore dans le vide la solution obtenue en reprenant par l’eau le produit de la fusion de l’anhydride tantalique avec 2 à 3 fois son poids de potasse. Ces cristaux sont solubles sans décomposition dans l’eau tiède; mais si on fait bouillir la solution ou si on l’abandonne à l’air, elle laisse déposer un sel insoluble Ta^0^4^h qu’on obtient aussi par l’action d’un courant d’acide carbonique. Lorsqu’on calcine riiexatantalate et qu’on reprend le produit par l’eau, celle-ci dissout de la potasse et laisse le sel neutre TaO^K. Si la calcination a été elTectuée avec du sel ammoniac, le résidu est soluble et renferme Ta'O^^Kh

Hexatantalate ocïosodiqüe Ta®0^'’Na®-h25IP0. — On l’obtient comme le sel de potassium; il est peu soluble dans l’eau et insoluble en présence d’un excès de soude. Il cristallise en petites tables hexag'onales solubles dans 493 parties d’eau froide et dans 162 parties d’eau bouillante. L’ébullition ne le décompose pas, mais l’action de l’acide carbonique produit des sels insolubles. Si l’on ajoute de l’alcool à la solution aqueuse, on précipite le sel neutre TaO^Na-hlFO, qu’on obtient aussi en calcinant l’hexatantalate et lavant le produit à l’eau.

Lorsqu’on ajoute du sel ammoniac à la solution de l’hexatanlalate de potassium, on obtient un précipité caillebotté blanc un

TANTALE

peu soluble après lavage complet; c’est l’iiexatantalate diamrnoiiique Ta''‘0'^(AzIP)-2-h5IF0.

Page 1