‹ Traité de chimie minérale et organique (volume 2)Chapitre 69 sur 359 · FABRICATION DE LA POUDRE · texte numérisé non relu

FABRICATION DE LA POUDRE

qu’on a plusieurs fois cherché à substituer à la poudre ordinaire.

■ La substitution de celle-ci par les poudres brisantes pour les mines I n'offre pas les mêmes inconvénients et s’est faite presque corn- ,, plètement.

! 773. Fabrication de la poudre. — Cette fabrication exige du sal-

; pètre bien raffiné et du soufre en canons bien pulvérisé; la lleur

I de soufre aurait besoin d’un lavage préalable pour la priver de j l’acide sulfurique qu’elle renferme. Quant à la qualité du charbon, il elle est d’une importance considérable. Il doit avoir été obtenu par |i une calcination à basse température, ce qui le rend plus inflamji niable (t. I, 585) ; il renferme alors encore beaucoup d’hydrogène

II et d’oxygène, ce qui du reste ne nuit pas, ces éléments contrijl huant à augmenter la proportion des gaz de la poudre. On choisit ^ [ pour produire le charbon des bois légers tels que le bois de i - bourdaine, l’aune, le peuplier, le tilleul, le fusain ; en France c’est ! « au premier qu’on donne la préférence. La calcination du bois Ij' s’effectue aujourd’hui généralement en vase clos dans des appa-

: reils spéciaux permettant d’observer la marche de l’opération I d’après l’aspect de la flamme produite parles gaz dégagés. L’opé- |; ration terminée, on laisse refroidir pendant vingt-quatre heures, j ‘ On obtient, suivant les conditions de la carbonisation, du charbon ; ■ roux ou du charbon noir ; presque toujours un mélange des deux, i II faut donc opérer un triage; les charbons roux (produits à 300°) - servent pour la poudre de chasse, les charbons noirs (à partir ; de 340°) pour la poudre de guerre et la poudre de mine ; les pre- 3 ' miers sont inflammables vers 360°; les seconds à une température d’autant plus élevée qu’ils ont été plus fortement calcinés.

Violette a proposé un procédé donnant un charbon beaucoup plus homogène, reposant sur l’emploi de la vapeur d’eau surchauffée vers 300°.

La fabrication de la poudre comprend plusieurs opérations : 1° le broyage et le mélange intime des matières constituantes ; 2° la compression du mélange; 3° le grenage; 4° le séchage et enfin le lissage.

Le charbon et le soufre sont d’abord broyés dans des tonnes en bois, mobiles autour d’un axe horizontal et pourvues de saillies longitudinales à section demi-cylindrique. Ces tonnes reçoivent le charbon et le soufre simultanément, en même temps que des gobilles en bronze qui déterminent le broyage pendant la rotation

SELS OXYGÉNÉS DU POTASSIUM

de la tonne. Le charbon et le soufre pulvérisés sont blutés, puis mélangés avec la quantité voulue de salpêtre ; on arrose le mélange avec de l’eau (1 litre et demi pour 20 kilog.) et on le triture sous des meules associées par paires et tournant avec une vitesse de dix tours à la minute. Après quelques heures, le mélange est travaillé de manière à produire une galette. On réduit celle-ci en fragments, puis en grains à l’aide d’un grenoir mécanique nommé guillaume, sorte de crible percé de trous de 1 millimètre de diamètre ; un disque de bois dur circule sur le crible, auquel on imprime un mouvement de rotation, les morceaux de galette sont ainsi réduits en grains grossiers qui tombent sur un tamis ; celui-ci ne laisse passer que les grains de la grosseur voulue, ceux qui sont trop grossiers sont ramenés sur le crible. Un second tamis ou blutoir laisse passer la poussière, qu’on réduit de nouveau en galette. Le lissage s’effectue dans des tonnes en bois animées d’un mouvement rapide de rotation. Il a pour but d’empêcher les grains de se réduire en poussière par le transport ; quelquefois on fait intervenir le graphite dans cette opération. Le chauffage a lieu à l’air libre en été, par un courant d’air chaud en hiver. , |

Le procédé des meules est surtout employé pour la poudre de 1 chasse. Pour la poudre de guerre on emploie la méthode des l pilons. La trituration s’effectue dans des mortiers alignés par ! rangés de six et creusés dans une forte pièce de bois de chêne ; (

leur fond est formé par un morceau de bois de chêne placé en Si bois debout pour offrir plus de résistance, Les pilons se com- I posent d’une pièce de bois à tête de fonte ; ils sont animés d’un | mouvement vertical qui leur fait battre cinquante-cinq coups par | minute. Chaque mortier reçoit 10 kilogrammes de mélange bu- | mecté d’eau. Toutes les heures on transporte le mélange d’un I pilon dans un autre pour l’empêcher de trop se tasser ; on a soin i en outre de l’arroser d’eau de temps en temps. Le pilonnage dure onze heures et est suivi du grenage.

La densité apparente de la poudre est un peu inférieure à celle de l’eau. Un litre de poudre pèse 900 à 940 grammes; mais sa densité absolue est environ 2.

774. Propriétés de la poudre. — La poudre est inaltérable à l’air et peu hygrométrique. L’eau en petite quantité l’altère; lorsqu’elle a pris 5 p. 100 d’eau elle ne reprend pas complètement ses

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