FEUX DIVERS EMPLOYÉS EN PYROTECHNIE
qualités par dessiccation ; au delà, elle est complètement altérée : le ! salpêtre s’effleurit à la surface des grains.
La poudre s’enflamme à 270°-320“ suivant la finesse du grain. Si l’on élève lentement sa température, le soufre entre en fusion, puis sa vapeur prend feu et détermine l’explosion ; celle-ci n’a pas lieu dans le vide parce que dans ce cas le soufre se volatilise avant la température d’inflammation de la poudre.
On peut déterminer l’inflammation de la poudre par une étincelle électrique ; difficilement par le choc, très facilement par une amorce fulminante.
L’état de division de la poudre influe beaucoup sur la manière dont s’effectue sa combustion. Celle-ci est plus ou moins rapide suivant que la masse offre plus ou moins d’intervalles libres à la circulation de la flamme. Une poudre simplement desséchée [pulvérin) brûle très rapidement. Dans la poudre comprimée, au contraire, la combustion ne se propage que lentement. Il en est de même dans la poudre comprimée puis réduite en poussière. On conçoit donc que suivant la grosseur des grains on puisse fournir à la poudre une vitesse de combustion déterminée. Cette vitesse doit être telle que la poudre brûle complètement dans l’espace de temps que met le projectile à parcourir l’âme de la pièce; le projectile reçoit ainsi successivement et non d’une manière instantanée toute sa force de projection.
775. Feux divers employés en pyrotechnie. — Associé à diverses matières combustibles, le salpêtre en détermine la combustion plus ou moins rapidement et avec plus ou moins d’éclat. Les bombes à feu, par exemple, destinées à éclairer les travaux de l’ennemi, sont un mélange de salpêtre avec le quart de son poids de soufre et le huitième d’antimoine pulvérisé, qui produit une lumière blanche très vive. Les feux pour fusées sont des mélanges analogues de salpêtre, de pulvérin, de soufre, et de charbon ; pour obtenir des gerbes lumineuses on y associe des limailles de fer, de zinc, etc. L’addition de certaines combinaisons métalliques à ces mélanges produit des feux diversement colorés suivant la nature de ces dernières. Pour ces usages, le salpêtre est souvent remplacé par le chlorate de potassium ou par les azotates de métaux fournissant des flammes colorées. Voici la composition de quelques feux colorés, dits de Bengale.
SELS OXYGÉNÉS DU POTASSIUM
l'eu jaune.
Azotate de sodium. . . 300
Soufre 100
Sulfure d’antimoine.. 20 Charbon ün G
fieu violet.
Chlorate de potassium. 4 2
Soufre 28
Azotate de strontium.. 18 Oxychlorure de cuivre. 4 Calomel 3
fieu vert.
Azotate de baryuui.. 340 Chlorate de potassium 200
Soufre 100
Sulfure d’antimoine., 20 Charbon 4
fieu bleu.
Chlorate de potassium. 20
Soufre 1
Oxychlorure de cuivre. 14
fieux rouges.
Azotate de strontium.
Azotate de strontium,.
Chlorate de potassium
Salpêtre
Soufre
Soufre
Sulfure d’antimoine,.
Antimoine
Charbon
Tous ces feux répandent d’épaisses fumées. On peut préparer des feux n’olfrant pas cet inconvénient en mélangeant aux divers azotates le cinquième de leur poids de gomme laque en poudre
Essai du salpêtre. — Voir t. I, 398.
HYPOPHOSPHITE DE POTASSIUM. — PQ2H2K et PHOSPHITE PQSHK*.
776. On obtient le premier en tables hexagonales déliquescentes en précipitant le sel de baryum par le sulfate de potassium, filtrant et concentrant.
Le second est sirupeux.