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SULFATE DE CALCIUM

SULFATE DE CALCIUM. - SO Ca

851. État naturel. — Le sulfate anhydre se rencontre dans tes terrains de transition et accompagne fréquemment les gisements de sel gemme. C’est Yanhydrite ou karsténite des minéralogistes. Il est rarement bien cristallisé, mais son clivage conduit facilement à un prisme ortliorhombique. Densité = 2,964. Le sulfate hydraté ou gypse est très abondant et forme des couches d’une grande étendue dans les terrains tertiaires ; il constitue notamment le bassin de Paris. On en distingue plusieurs variétés. Le gypse cristallisé est en prismes clinorhombiques ; le plus souvent les cristaux sont maclés et présentent la forme de fers de lance (fig. 189). Ils sont très tendres, se laissent rayer par l’ongle et peuvent être clivés en lamelles minces et transparentes. Le gypse saccliaroïde est en masses compactes, à texture cristalline, d’un blanc jaunâtre, de 2,3 de densité. (élQsiYalhâtre gypseux, auquel il faut ajouter le gypse fibreux. Enfin la variété la plus répandue est \di pierre à plâtre.

Le sulfate de calcium se rencontre dans les eaux dites séléniteuses et forme la base de certaines eaux minérales.

852. Formation. Préparation. — Le sulfate de calcium hydraté SO^Ca-f2IPO se produit accessoirement dans un grand nombre de réactions chimiques. Quant au sulfate anhydre, il s’obtient par la déshydratation du sel hydraté. L’anhydrite cristallisée se produit lorsqu’on chauffe à 13 0° sous pression le sulfate hydraté avec une solution de chlorure de sodium (Hoppe-Seyler) ou en évaporant une solution de sulfate calciné dans l’acide sulfurique concentré.

La déshydratation du gypse s’effectue entre 110 et 115°; dans un courant d’air sec, elle a déjà lieu à 80°. Le produit obtenu à ces températures, le plâtre cuit, reprend très facilement son eau de cristallisation. Lorsque la température a atteint 150 à 160°, son hydratation en présence de l’eau ne se fait qu’avec une grande lenteur; cette propriété disparaît complètement si l’on a porté la température au rouge cerise. Il faut donc, si l’on ne veut pas

SELS OXYGÉNÉS DU CALCIUM

avoir du plâtre brûlé, opérer la déshydratation avec beaucoup de ménagement.

Fours à plâtre. — La cuisson du plâtre s’exécute sur une gi’ande échelle dans des fours d’une construction très simple (fig. 190). Dans un bâtiment en maçonnerie, recouvert d’une toiture légère, on construit une série de voûtes avec de gros morceaux de pierre a plâtre que l’ori charge ensuite d’autres morceaux, de moins en moins volumineux, les menus morceaux occupant la partie supérieure. On allume ensuite un feu de fagots ou de broussailles sous chaque voûte; la flamme circule dans toute la masse en échauf-

Fig. 190.

fant d’abord les morceaux les plus gros; le feu est conduit très lentement, et l’opération dure dix à douze heures, après quoi on bouche les issues et on laisse refroidir lentement. Ce procédé est le plus usité, quoique défectueux, puisqu’il est impossible d’arriver à une cuisson homogène ; les morceaux les plus près du foyer se trouvent en partie frittés ou brûlés, tandis que les portions les plus éloignées n’ont subi qu’une déshydratation partielle. Néanmoins l’ensemble de la masse est de bonne qualité, et les parties mal cuites ne font que retarder la prise du plâtre, jouant le rôle d’un corps inerte, ce qui n’a pas d’inconvénient en général.

Le four Duménil donne un produit beaucoup plus régulier. Le foyer est établi dans une voûte en maçonnerie au-dessus de aquelle se trouve la sole du four. Celui-ci, d’une trentaine de

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