EAUX POTABLES
Les éléments que l’on rencontre en général dans les eaux potables sont, outre l’air et l’acicle carbonique, des sels calcaires, magnésiens et alcalins, de la silice et des matières organiques.
L'acide carbonique influe beaucoup sur les qualités de l’eau qu'il rend sapide et stimulante. Il permet en outre la dissolution de certains sels, surtout du carbonate de calcium.
Le carbonate de calcium , dissous sous forme de bicarbonate, est le principe le plus constant des eaux potables naturelles. Sa présence est regardée comme très utile à l’alimentation, car elle contribue à la nutrition du tissu osseux; mais sa teneur ne doit pas dépasser certaines limites, soit environ 08r,5 par litre. Lorsque cette limite est dépassée l’eau devient difficile à digérer et cesse d’être propre aux usages domestiques, car elle durcit les légumes et coagule le savon.
Lorsque l’on soumet à l’ébullition une eau tenant du bicarbonate de calcium en dissolution, ou qu’on l’abandonne à l’air libre, elle se trouble, perd de l’acide carbonique et laisse déposer le carbonate de calcium. Il est donc facile de remédier aux inconvénients que présente une eau trop calcaire.
Le phosphate de calcium se rencontre en très petite quantité dans quelques eaux potables, dissous également à la faveur de l’acide carbonique.
Le sulfate de calcium ou gypse se rencontre dans beaucoup d’eaux potables ; mais loin d’être utile, il présente pour la conservation de l’eau et pour l’alimentation, des inconvénients qui doivent faire rejeter de la consommation une eau en renfermant plus de 0sr,lo par litre. Lorsque cette proportion est dépassée, l’eau est dite séléniteuse. Si l’on veut faire disparaître les inconvénients résultant de sa présence, on traite l’eau par une petite quantité de carbonate de sodium, qui donne une quantité équivalente de sulfate de sodium et de carbonate calcique qui se dépose.
Le chlorure de calcium n’est jamais contenu qu’en très petite quantité dans les eaux potables. L'azotate ne se rencontre guère que dans les eaux des puits voisins de lieux habités. Il résulte de la décomposition des matières animales en putréfaction et indique une eau de très mauvaise qualité. La putréfaction de ces matières donne lieu à de l’ammoniaque qui se convertit en acide azotique au contact de l’air et du carbonate calcique.
Les sels magnésiens sont contenus dans la plupart des eaux
EAU
calcaires, mais presque toujours eu faible quantité. Une eau renfermant 0Rr, 15 à 0gr,20 de ce sel est classée parmi les eaux minérales, car cette dose suflit déjà pour exercer une action lliérapeutique. Ou a attribué, mais très probablement à tort, une action nuisible sur la santé à l’usage continu des eaux même très faiblement magnésiennes.
Les sels alcalins se rencontrent en petite quantité dans toutes les eaux; ceux de potassium proviennent de la désagrégation des roches feldspathiques ; le sodium qui prédomine toujours beaucoup sur le potassium est généralement dissous sous forme de chlorure. Le silice est aussi un principe à peu près constant de toutes les eaux ; elle est quelquefois envisagée comme libre ; d’autre fois à l’état de silicate alcalin ou de magnésium.
Enfin, on a signalé dans beaucoup d’eaux la présence de traces de bromures et d 'iodures (Cbatin).
Les eaux renferment presque toujours des matières organiques mais une bonne eau potable doit à peine en renfermer des traces. L’accumulation d’une trop grande quantité de ces matières est la principale cause d’insalubrité des eaux. Ces matières en se putréfiant communiquent aux eaux une odeur désagréable et permettent le développement de nombreux germes organisés, que le microscope permet de déceler. Les matières organiques agissent en outre comme réducteur; elles absorbent l’oxygène dissous dans l’eau et provoquent la transformation du sulfate calcique en sulfure.
Ce sont surtout les puits exposés aux infiltrations des eaux d’égouts, des fosses d’aisances, des fosses à purin, etc. qui sont sujets à ce grave inconvénient. Les eaux présentant ces caractères doivent être rigoureusement condamnées.
Essai des eaux potables. — Nous ne ferons ici qu’indiquer l’examen qualitatif des eaux portant sur les principes essentiels qui y sont contenus. Les procédés quantitatifs pour chaque substance seront traités en leur lieu et place. Nous ferons connaître néanmoins le procédé hydrotimétrique de Boulron et Boudet permettant d’établir la valeur d'une eau potable avec rapidité, et avec une approximation suffisante pour la pratique.
Gaz dissous. — Nous avons indiqué p. 202, le procédé employé pour isoler ces gaz et comment on peut directement doser V oxygène dissous dans l’eau (96:.