EAUX MÉTÉORIQUES
sodium et le sulfate de calcium; de l’oxyde de fer et autres poussières minérales ou organiques, enfin, d’après M. Chatin, des traces d’iode. Lorsque la pluie s’est prolongée durant un certain temps dans une localité, celle qui tombe dans la suite est presque toujours exempte de ces divers matériaux, sauf les gaz de l'air, et peut être envisagée comme de l’eau distillée pure.
L’ammoniaque est un produit que l’on rencontre presque constamment dans l’eau de pluie, sous forme de carbonate ou d'azotate. Nous indiquerons en nous occupant de ce corps le procédé auquel on a recours pour le doser dans les eaux. Signalons seulement ici les principaux résultats auxquels on est arrivé. L’eau de pluie recueillie à la campagne renferme en moyenne 0mg,79 d’ammoniaque par litre ; l’eau de pluie recueillie à Paris en renferme beaucoup plus, jusqu’à 4 milligrammes par litre. L’eau de neige est moins ammoniacale que l’eau de pluie, tandis que la rosée et surtout l’eau de condensation des brouillards l’est beaucoup plus. La première en renferme de 1 à 6 milligrammes par litre; l’eau de brouillard peut en renfermer des quantités énormes et M. Boussingault, auquel on doit les observations ci-dessus, y en a rencontré jusqu’à 137 milligrammes.
L’acide azotique (azotate d’ammoniaque) est surtout abondant dans les pluies d’orages, et l’est plus en été qu’en hiver. M. Bineau, à Lyon, en a constaté 0mgr,3 par litre en hiver et 2mg,0 en été; en moyenne lmg,10. D’après Schœnbein, l’eau de pluie renferme de l’azotite d’ammoniaque. M. E. Scliœne y a constaté la présence de l’eau oxygénée.
Quant aux matériaux solides. Barrai a constaté dans l’eau de pluie 54 milligrammes de sels et de matière organique par litre. D’après une analyse complète due à M. F. Marchand, l’eau de neige et l’eau de pluie, recueillies en mars et avril 1852 à Fécamp, renfermaient par litre :
Eau de neige.
Eau de pluie.
Chlorure de sodium
Bicarbonate d’ammonium
Azotate d’ammonium
Sulfate de sodium
Sulfate de calcium
Matière organique
Ces quantités sont évidemment très variables.
122. Eaux telluriques. — Ces eaux présentent dans leur constitution chimique et dans leurs propriétés physiques des divergences considérables dues surtout à la nature des terrains qu’elles traversent ou dans lesquels elles séjournent. Les unes, 1res peu chargées de matières minérales, sont essentiellement propres aux usages économiques et à l’alimentation : ce sont les eaux douces ou eaux potables. D’autres, plus chargées de matières salines, surtout de matières calcaires, sont dites crues ou dures et ne peuvent servir à ces usages qu’après avoir été soumises à certains traitements. Une autre catégorie d’eaux, chargées de certains principes susceptibles d’exercer une action thérapeutique, est celle des eaux minérales , que l’on divise en plusieurs classes suivant leur température et suivant la nature des principes qui les minéralisent. L’eau de la mer doit être rangée parmi les eaux minérales.
123. Eaux potables. — Pour qu’une eau soit potable, c’est-àdire qu’elle convienne aux usages domestiques et à l’alimentation, elle doit remplir certaines conditions que l’on peut formuler ainsi :
Etre fraîche , limpide , sans odeur , d'une saveur faible mais agréable et qui ne soit ni fade , ni salée, ni douceâtre ; cuire les légumes en les ramollissant; dissoudre le savon. La plupart des eaux de sources, de rivières, de lacs, de puits sont dans ce cas.
Les eaux les plus pures ne sont pas nécessairement les meilleures au point de vue de l’alimentation. Ainsi l’eau distillée (eaux de condensation des machines à vapeur, par exemple), l’eau provenant de la fusion de la glace ne constituent pas de bonnes eaux potables. Celles-ci en effet doivent contenir les éléments atmosphériques, oxygène, azote et acide carbonique; l’usage habituel d’une eau non aérée exerce en effet une influence fâcheuse sur la santé. La présence en outre d’une petite quantité de matières minérales dans l’eau est des plus utiles au point de vue de la nutrition. 11 existe des villes ou des localités isolées où l’eau de pluie est la seule eau potable employée. Cette eau doit alors être recueillie dans des citernes en maçonnerie, cimentées par de la chaux hydraulique; un séjour de l’eau dans la citerne permet alors la dissolution, à la faveur de l’acide carbonique de l’air, d’une petite quantité de calcaire. Ces citernes doivent en outre être protégées contre l’introduction des matières organiques, qui par un séjour prolongé se putréfient et corrompent les eaux.