EAUX MINÉRALES
comme tempérées. La thermal ilé est très variable d’une source à line autre, mais à peu près constante pour chaque source, sauf des cas accidentels. L’échelle de Lhermalité va jusqu’à la température d’ébullition. En France, les eaux les plus chaudes sont celles de Chaudes-Aigues, marquant 81°, d’Ax et d’Olettc, 77 à 79°. Les eaux du grand Geysir en Islande indiquent une température notablement supérieure même à 100°.
Voici au point de vue chimique comment peuvent se classer les eaux minérales.
Les eaux acidulés , caractérisées par l’acide carbonique libre, accompagné de plus ou moins de carbonates.
Les eaux bicarbonatées alcalines et les bi-carbonatées alcalinoterreuses , se rattachant aux eaux acidulés, ainsi que les eaux bicarbonatées ferrugineuses.
Les eaux silicatées alcalines, renfermant un silicate alcalin.
Les eaux ferrugineuses, qui se subdivisent en eaux carbonatées, déjà citées, en eaux crénatées et en eaux sulfatées ferrugineuses.
Les eaux salines, renfermant certains sels neutres et se subdivisant en eaux chlorurées , bromo- chlorurées et ioclo-chlorurées, à base de soude ou de magnésie; et en eaux sulfatées (alcalines, magnésiennes, calciques, ferrugineuses).
Les eaux sulfureuses , caractérisées par la présence de l’hydrogène sulfuré ou d’un sulfure.
Il n’est pas toujours facile de ranger une eau dans une des classes ci-dessus, car elle peut appartenir à l’une et à l’autre et il serait utile d’admettre des classes mixtes, telles que les eaux carbonatées salines. Beaucoup d’eaux, surtout d’une faible minéralisation, renferment divers principes en quantités à peu près égales, ce qui rend leur classement très arbitraire.
Outre les éléments qui caractérisent les eaux par leur abondance relative, celles-ci renferment une foule d’autres principes en quantités souvent impondérables.
L 'arsenic existe en petite quantité dans un grand nombre d’eaux, généralement à l’état d’arséniate de fer ; quelquefois d’arséniate de sodium (Bourboule).
Le fluor a été signalé dans un grand nombre d’eaux. (Nicklès ; de Gouvenain).
L acide borique a été rencontré dans presque toutes les (caux
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sulfureuses des Pyrénées ; dans les eaux de Vichy, de Royat, etc. Il est extrêmement abondant dans les eauxdes lagoni de Toscane, d’où on le retire.
L 'acide azotique est aussi un élément appartenant à certaineseaux minérales. Il en est de même de Y ammoniaque .
Yi alumine, dont la présence a été signalée dans un grand nombre d eaux, ne paraît exister en quantité appréciable que danscertaines eaux sulfatées à caractère acide. Dans les autres cas, son signalement paraît dû à une erreur d’observation ou bien à la présence de matières en suspension.
La strontiane accompagne quelquefois la chaux ; la baryte beaucoup plus rarement.
Le lithium est un élément très fréquent dans les eaux et il est relativement abondant dans quelques-unes d’entre elles, principalement à Bourbonne-les-Bains, à Vichy, Royat, etc.
Le césium et le rubidium, découverts par M. Bunsen dans les eaux de Dürklieim. et de Kreuznach, se rencontrent plus rarement. M. Grandeau a signalé leur présence surtout dans les eaux de Bourbonne.
Parmi les métaux dont on a signalé la présence dans les eaux minérales, le cuivre est le plus fréquent ; le zinc, Y étain, le plomb, le nickel , Y antimoine, etc. ont aussi quelquefois été indiqués. Rappelons enfin que Malaguti et Sarzeau ont rencontré de Yargent dans les eaux de la mer.
Beaucoup d’eaux renferment des macères organiques dont la nature est variable et assez mal définie. Berzelius a désigné sous
les noms d 'acides crénique et apocrénique deux acides de nature ulmique, procédant de la cellulose et qu’il a retirés des eaux de Porla en Suède. Le premier de ces acides est jaune, soluble dans l’eau ainsi que ses sels alcalins et ferreux ; ces sels donnent avec les sels de plomb un précipité jaune, avec ceux de cuivre, un précipité vert et avec les sels ferriques un précipité rouge; tous ces précipités sont solubles dans l’ammoniaque. Mulder lui assigna la composition C6II603. Quant à l’acide apocrénique, C12HG013, il est brun, moins soluble dans l’eau et donne des sels bruns peu solubles. Berzelius regardait ces acides comme azotés. On admet leur présence à l’état de sels ferreux dans les eaux ferrugineuses de cet ordre. Les dépôts formés par ces eaux au contact de l’air renfermeraient les crénate et apocrénate ferriques.
EAUX ACIDULES ET ALCALINES
On reg arde comme des matières bitumineuses les matières organiques contenues dans les eaux d’origine volcanique.
Une des matières organiques les plus importantes des eaux minérales est celle qui se rencontre dans les eaux sulfureuses et que l’on a désignée sous les noms de barégine et de glairine. Ces matières, qui sont azotées, se séparent lentement de l’eau minérale après son émergence, en prenant une structure filamenteuse ou membraneuse : elles possèdent une consistance glaireuse, elles sont onctueuses au toucher et communiquent cette propriété à l’eau elle-même. En se séparant, elles occupent un volume considérable, qui se réduit fortement par la dessiccation, et emprisonnent du soufre libre qui constitue souvent plus de la moitié de leur poids. Elles renferment une très forte proportion de silice, du fer et des traces d'iode. Ces matières sont souvent blanches ; d’autres fois, grises, roses, vertes ou noires. Cette dernière coloration est due à du sulfure de fer.
La matière organique des eaux sulfureuses acquiert souvent une structure organisée, formant des filaments légers qui offrent sous le microscope l'aspect de tubes cylindriques. Fontan a désigné cette matière sous le nom de sulfuraire.
126. Eaux acidulés et alcalines. — Ce sont les eaux dont l’acide carbonique est l’élément caractéristique. Elles sont gazeuses , c’est-à-dire que, arrivées à l’air, elles abandonnent le gaz dissous, qui s’échappe en bulles plus ou moins abondantes; cette effervescence est généralement plus vive par l’agitation-. Leur saveur, primitivement acidulé, ne tarde pas à disparaître et à faire place le plus souvent à une saveur alcaline. Ces eaux renferment toujours des matières salines à coté du gaz acide carbonique. Aussi a-t-on l’habitude de ranger sous cette dénomination des eaux qui, outre 1 acide carbonique, renferment une proportion plus ou moins forte d autres principes, tels que les carbonates alcalins, les carbonates alcalino-terreux, le carbonate ferreux ; ces derniers carbonates ne sont dissous qu’à la faveur du gaz carbonique en
excès et se déposent plus ou moins complètement par l’exposition à l’air.
Les eaux gazeuses sont généralement froides. Parmi les eaux, assez rares, dont la minéralisation est due presque uniquement à 1 acide carbonique, nous citerons celle de Saint-Pardoux, près Bourbon-1 Archambault (Allier) qui, pour un résidu fixe de 0er, 1 57
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par litre, renferment 2gt,2;>4 d’acide carbonique, soit lm125 de gaz; le résidu fixe est formé pour moitié de carbonate alcalino-terreux et, pour le reste, de silice, de sulfates et de chlorures.
Nous envisagerons comme eaux acidulés proprement dites celles dans lesquelles les carbonates alcalino-terreux, de* calcium et de magnésium, l’emportent sur les carbonates alcalins, classant comme eaux acidules-alcalines celles dont la minéralisation fixe est surtout due aux carbonates alcalins.
A coté des eaux de celte nature s’en rangent d’autres qui, oulre les carbonates ci-dessus, renferment, en quantités à peu près égales ou supérieures, des sels neutres, surtout des chlorures. Ce sont les eaux bicarbonatées salines.
La plupart des eaux acidulés produisent à leur émergence un bouillonnement plus ou moins tumultueux produit par le dégagement d’une partie du gaz carbonique sous l’influence de la diminution de pression éprouvée par l’eau en arrivant à la surface. On utilise dans certains établissements thermaux le gaz ainsi dégagé, pour l’administrer en bains ou en douches dans des appareils spéciaux. A Vichy, le gaz carbonique abandonné par l’eau est employé pour la préparation du bicarbonate de sodium.
Nous donnons ci-dessous quelques exemples d’eaux minéralisées par l’acide carbonique et les bicarbonates. Le premier tableau renferme des eaux dans lesquelles dominent les bicarbonates alcalins
Le second tableau reproduit l’analyse de quelques eaux plus particulièrement calciques ; dans le troisième enfin sont consignées celles d’eaux bicarbonatées et salines ; ces dernières appartiennent surtout au massif de l’Auvergne.
bicarbonatées alcalines.
EAUX ACIDULES ET ALCALINES
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