‹ Traité de chimie minérale et organiqueChapitre 132 sur 408 · TEMPÉRATURE · texte numérisé non relu

TEMPÉRATURE

SULFURE DE SODIliU Na2S par litre

! Amélie-Jes-Bains ...

Grand Escaldadou.

Petit Escaldadou.

Manjolet.

Rossignol supérieur.

Viguerie.

1 Barèges

Tambour.

Caulerels

César (Pauze nouveau).

Eaux-Bonnes

Vieille.

j Eaux-Cbaudes

Le Rey.

Gazosl . .

Burgade. <

Labassère

Lucbon

Pré n° 1.

Bayen.

Reine.

Olelle

Cascade.

Sainl-Sauveur

Dames.

Verne t

Petil St-Sauveur n° 2.

Certains chimistes, entre antres Fontan, ont admis que le : principe sulfuré qui minéralisé les eaux des Pyrénées est le sulfhydratc de sodium NalIS; d’autres, que c’est le sulfure Na2S. I Cette dernière opinion, soutenue par Anglada et plus tard par Filhol, est généralement admise aujourd’hui. Une des réactions les plus concluantes est celle produite par le sulfate de manganèse; ce sel précipite, sous forme de sulfure de manganèse, tout le soufre contenu dans les eaux sulfureuses; si l’on avait affaire à un sulfhydratc, la moitié seulement du soufre serait précipitée :

2 Naît S + SO*Mn = MnS + SCPNa2 + H2S.

Nous ne croyons pas que cette réaction soit décisive. En effet, le sulfure est toujours accompagné d’un silicate ou d’un carbonate alcalin, et en présence de ces sels la réaction du sulfhydratc pourrait être :

2NaIIS + Si03Na2-t- 2SO'\Mu = 2MuS + 2SO'*Na2 + SiO2 + H20.

De l’étude thermique des sulfures alcalins, il résulte que le sulfure Na2S se dissocie par la dissolution en sulfhydratc et soude; il serait donc difficile d’admettre la présence de ce monosulfure dans l’eau. Lorsqu’on traite une eau sulfureuse par le

EAU

carbonate de plomb, il se forme du sulfure de plomb et du carbonate de sodium, sans acide carbonique libre, d’après Filhol, ce qui aurait lieu avec le sulfhydrate

NaSII H- PbCO3 = CCUNalI + PbS.

Le bicarbonate de sodium, ainsi formé, perdrait la moitié de 1 acide carbonique par l ébullition. Mais ici encore on néglige trop la présence du silicate de sodium ou des carbonates préexistants, sels à réaction alcaline.

Les phénomènes qui accompagnent l’ébullition d’une eau sulfureuse sont également insuffisants pour trancher la question, car le sulfure aussi bien que le sulfhydrate perdent ainsi de l’hydrogène sulfuré, ce que Filhol attribuait à la présence de la silice libre qui décompose le sulfure; cette explication est inutile, car ces composés se comportent de la même manière lorsqu’ils sont seuls. Quoi qu’il en soit, nous avons conservé dans le tableau suivant (p. 248) l'opinion généralement admise.

Les eaux sulfureuses présentent toutes une réaction alcaline, et celle-ci est due en partie au sulfure ou sulfhydrate, en partie à des silicates ou à des carbonates. Le départ entre ces deux facteurs est facile à établir par le dosage du sulfure. Outre ces silicates, il y a toujours un excès très notable de silice libre (si l’on admet les silicates neutres Si03Na2, Siü3Mg, etc.).

Le contact de l’air altère promptement les eaux sulfureuses, aussi leur conservation est-elle très difficile, et la richesse du principe sulfureux s’abaisse rapidement dans le trajet que parcourent les eaux, depuis leur émergence jusqu’au point d'utilisation, lorsque les conduits ne sont pas parfaitement remplis d’eau et qu'il y reste de l'air.

Lorsqu’on abandonne une eau sulfureuse à l'air, elle subit plusieurs genres d’altération; elle peut émettre de l'hydrogène sulfuré, par l’action de l’acide carbonique et de l'air. Souvent elle se trouble, devient opalescente avec une couleur bleuâtre ou verdâtre (Lucbon, Ax); c’est du soufre très divisé qui se sépare, accompagné ou non de matière organique. Dans d’autres cas, l’eau jaunit sans se troubler immédiatement (Barèges); c’est que le soufre résultant de l’oxydation se dissout dans le sulfure non décomposé pour donner un polysulfure. L'eau renferme dans tous les cas une certaine quantité d’hyposuhite, et

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