PROPRIÉTÉS
llacons où on le conserve. Ses vapeurs sont violettes lorsqu’elles sont diluées, d’un bleu foncé quand elles sont abondantes. Elles perdent beaucoup de leur coloration à une haute température et deviennent même incolores, d’après M. Salet, à 1300°. Elles fournissent un spectre d’absorption composé de bandes dégradées très caractéristiques. Le spectre de la vapeur d’iode dans un tube de Geissler est caractérisé par une série de lignes claires (Plücker et Hittorf) qui ne correspondent pas au spectre d’absorption décrit par M. Tlialén. En employant une source électrique de faible tension M. Salet a pu observer le spectre de bandes, dit spectre primaire , de l’iode correspondant au spectre d'absorption.
Les vapeurs d'iode sont très denses. La densité observée à 445° et rapportée à l'air est 8,72, soit 125,9 par rapport h l’hydrogène (Deville et Troost); elle correspond donc au poids atomique et est normale. Mais cette densité s’abaisse lorsqu'on l’observe à une température élevée et tend à devenir la moitié (§ 39), ce qui indique la dissociation à peu près totale des molécules d’iode.
L’odeur de l'iode rappelle celle du chlore et du brome, mais est beaucoup plus faible. Sa saveur est amère. Il colore la peau en jaune. Il est très peu soluble dans l’eau et exige 5542 parties d’eau à 10° pour se dissoudre. Sa solution est d’un brun clair et perd tout son iode par F ébullition. Il est par contre très soluble dans l'alcool, Féther, l’iodure de potassium et dans l’acide iodhydrique, avec une couleur brune; dans la benzine et le chloroforme, avec une couleur violette.
L’iode cristallise en pyramides, en octaèdres rhomboïdaux ou en tables rhomboïdales (Marignac). On obtient les plus beaux cristaux par la décomposition lente de l’acide iodhydrique concentré. Il est mauvais conducteur de l’électricité.
Chaleur spécifique = 0,05412 à l’état solide et 0,1082 à l’étal liquide (Régnault). Chaleur latente de fusion = lcal, 49. Chaleur de volatilisation de l’iode liquide = 3cal, 06 (Favre et Silbermann) pour I atome d’iode (en grandes calories).
Propriétés chimiques. — Ces propriétés sont analogues à celles du chlore et du brome. Mais l’iode présente à l’égard des éléments électropositifs, hydrogène et métaux, une affinité beaucoup plus faible. Aussi le chlore et le béome le déplacent-ils de ses combinaisons avec ces éléments. Par contre, il déplace le chlore et le brome de leurs combinaisons oxygénées pour donner les combi-
IODE
liaisons iodées correspondantes. Comme le chlore, il fonctionne à 1 égard des éléments électro -positifs comme monatomique. Mais il est des combinaisons bien définies où il joue le rôle d’élément tnatomique, par exemple dans le chlorure d’iode solide ICI3 et dans l’acétate d’iode de M. Schutzenberger (C2II302)3I.
L’iode 11e se combine à l’hydrogène libre que sous l’influence de la mousse de platine chauffée. Il se combine à la plupart des métaux; sa combinaison avec le potassium est violente. 11 s’unit au phosphore avec incandescence. C’est un agent oxydant faible en présence de l’eau et il ne possède qu’un pouvoir décolorant à peu près nul. Il décompose l’hydrogène sulfuré aqueux et les sulfures dissous avec dépôt de soufre. Il oxyde 1 acide sulfureux, leshyposulfites, l’acide arsénieux, etc. 11 se dissout dans la potasse en produisant de l’iodure et de l’iodate, peu soluble, ou de l’hypoiodite. Il agit sur l’ammoniaque en donnant de l’iodure d’azote.
Son action sur les matières organiques est beaucoup plus faible que celle de ses congénères, et produit des dérivés iodés.
Par sa réaction sur l’empois d’amidon, l’iode est un des corps qu’on caractérise avec le plus de netteté. Si l’on ajoute de l'iode libre en solution aqueuse à de l’empois d’amidon étendu d’eau, on observe une coloration bleue intense. Cette coloration disparaît quand on chauffe vers 80° et reparaît par le refroidissement. Si 1 on fait bouillir, la décoloration est permanente. Ces phénomènes sont sans doute dus à la formation d une combinaison d'iode et d’amidon qui se dissocie sous l’influence de la chaleur. Ln faisant bouillir, 1 iode est volatilisé et, par suite, l’iodure d'amidon ne peut pas se reformer par le refroidissement.
La coloration bleue de l’iodure d’amidon ne caractérise que l’iode libre. Les iodures et les iodates ne la produisent que lorsqu’on met l'iode en liberté; dans le premier cas, par le chlore ou 1 acide azotique; dans le second cas, par l'acide sulfureux. Si à une solution d’iodure de potassium on ajoute un peu d’amidon en empois, on n’observe aucune coloration; si on verse alors une goutte d eau de chlore dans le mélange, la coloration bleue apparaît immédiatement. Il faut éviter l’emploi d’un excès de chlore qui, donnant du chlorure d’iode, détruit la combinaison bleue.
Il faut pareillement éviter un exCès d’acide sulfureux lorsqu'on met en liberté l’iode des iodates, cet excès donnant naissance à de l'acide iodhydrique.
ACIDE IODIIYDRIQUE.
Cette réactionpermet de reconnaître d’iode dans une solution.
Pour constater la présence de l’iode en vapeur on emploie une feuille de papier amidonnée humide.
199. Poids atomique de l’iode. — Le nombre 127, généralement usité, est un peu trop fort. D’après les déterminations précises de M. Marignac et de M. Stas, déduites de la composition de l’iodure d'argent, le nombre exact est 126,85 ou bien 126,53, si l’on admet le nombre 15,96 pour l’oxygène et 107,67 pour l’argent.
Usages. — L’iode libre est un agent thérapeutique précieux ; il est employé avec succès dans le traitement du goitre, des affections scrofuleuses, goutteuses, contre les maladies de la peau ; en général dans des cas très variés. On l’emploie dans ce cas en ; pommades ou en teinture (solution de 1 gr. d’iode dans 10 gr. i d’alcool). Il est aussi employé en inhalations contre les maladies i des voies respiratoires.
L’iode libre et les iodures sont d’un emploi continuel en photo- . graphie. L’iode est pour la préparation d’une foule de produits organiques un agent des plus précieux.
Citons encore l’application de l'iode libre à une foule d’opérations analytiques, dont la principale est la sulfhydrométrie.
ACIDE IODHYDRIQUE. — IH = 127,53.
Dens. (air) = 4,3727 ; (H) = 63,13. D. théor. = 63,765.
200. Formation et préparation. — L’iode et l’hydrogène ne s’unissent que sous l’influence de la mousse de platine au rouge (Corenwinder). M. Lemoine a constaté qu’il se produit de l’acide iodhydrique lorsqu’on chauffe dans des ballons de l’iode et de l’hydrogène en quantités équivalentes, à une température de 350 ou 440°. Seulement cette combinaison est limitée par l’action inverse, car la chaleur décompose l’acide iodhydrique ; l’équilibre est long à s’établir (page 11).
L’acide iodhydrique réduisant l’acide sulfurique, on ne peut le préparer par l’action de cet acide sur les iodures. On pourrait remplacer l’acide sulfurique par l’acide phosphorique concentré. Mais la méthode presque toujours suivie est celle qui sert à la préparation de l’acide bromhydrique et repose sur l’action de l’iode sur le phosphore en présence de l’eau. La réaction étant très vive avec le phosphore ordinaire, on fait usage du phosphore
IODE
amorphe (Personne). Les proportions de phosphore et d’iode à employer sont données par l’équation :